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     Le 5 août 1689 – Le massacre de Lachine dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-massacre-de-lachine-150x150

     

    Le massacre de Lachine

    D’après « Notre Epopée coloniale » – Pierre Legendre – 1901

     

    La mort de Colbert, en 1683, marque comme le point de départ d’une période nouvelle dans l’histoire du Canada.

    A partir de cette époque, les agissements de l’Angleterre prennent en Amérique, une tournure plus inquiétante. Dongan, gouverneur de la Nouvelle-York, malgré les représentations hypocrites du cabinet anglais, travaille activement nos vieux ennemis les Iroquois, leur fournit des armes et de l’eau-de-vie, et les jette sur nos alliés les Illinois établis autour du fort Crèvecoeur. Ce premier retour offensif des « barbares » n’est que mollement réprimé par le gouverneur, M. de la Barre, qui signe même avec eux une paix honteuse.

    Encouragé par cette faiblesse, Dongan assemble à Albany, les chefs indiens et, au mépris du droit des gens, arrête avec eux le plan d’une nouvelle campagne contre notre colonie.

    Le P. Lamberville, que parcourt les tribus Annontagués, est avisé de ce projet ; il en informe aussitôt M. de Denonville qui, espérant faire avorter le complot en le décapitant, convoque plusieurs chefs Iroquois, Annontagués, Tsonnontouans pour une conférence à Montréal. Ceux-ci arrivent sans méfiance, sont arrêtés et emmenés prisonniers en France.

    A cette félonie, les Indiens répondirent par une dédaigneuse générosité : au lieu de garder comme prisonnier, ou même de faire périr le P. Lamberville, auteur involontaire de cette trahison, ils le renvoyèrent à Montréal, chargé de dire au gouverneur que la guerre serait sans merci.

    M. de Denonville réunit 2700 hommes et va porter l’incendie dans les villages Tsonnontouans. Puis, croyant tout terminé par ce ravage, il rentre à Montréal.

    Les Iroquois, auxquels se joignent de nombreuses tribus de Hurons dont l’une commandée par un « sauvage » d’une merveilleuse habileté, le Rat, préparent mystérieusement leur vengeance, grâce au concours chaque jour plus actif de Dongan… avec lequel toutefois ils refusent de signer un traité d’alliance.

    En août 1689, une insurrection générale suivie des massacres de Montréal et de Lachine vient sortir de sa torpeur M. de Denonville.

    Rien n’annonçait un événement aussi extraordinaire, quand, dans la nuit du 4 au 5 août, 1400 Iroquois traversent le lac Saint-Louis, à la faveur d’une affreuse tempête de grêle et de pluie, et débarquent en silence dans la partie supérieure de l’île de Montréal.

    Avant le jour, ils se sont placés par pelotons à proximité de toutes les habitations sur une longueur de plus d’une lieue. Au signal donné, leur cri de guerre retentit. Les portes des maisons sont brisées, le massacre commence partout en même temps.

    Les « sauvages » égorgent d’abord les hommes, puis ils mettent le feu aux maisons qui résistent, et, lorsque la flamme en fait sortir les habitants, ils épuisent sur eux tout ce que la fureur et la férocité peuvent inventer. Ils ouvrent le ventre des femmes, contraignent les mères à rôtir vifs leurs enfants, font monter sur des bûchers plus de deux cents personnes. Un grand nombre de prisonniers sont emmenés dans les cantons pour y subir les mêmes supplices. L’île est inondée de sang et ravagée jusqu’aux portes de la ville de Montréal. De là, les Iroquois passent sur la rive opposée du fleuve. La paroisse de la Chenaie est incendiée, ses habitants égorgés. Rien ne vint arrêter le torrent dévastateur qui fut maître de son cours pendant plusieurs semaines.

    A la nouvelle de l’invasion, Denonville avait perdu la tête. Il disperse ses troupes de tous côtés à la recherche d’un ennemi insaisissable, et par son impéritie, occasionne une nouvelle catastrophe.

    Quatre-vingts hommes, Français et Indiens, avaient été envoyés sous la conduite du lieutenant la Robeyre pour porter secours au fort de Lachine où commandait le chevalier de Vaudreuil. Ce faible détachement est surpris en route et taillé en pièces. La Robeyre, emmené dans un village, est attaché à un pieu, écorché vif et brûlé, après que les « sauvages » lui ont couvert le corps de sel.

    Pendant deux mois, les Iroquois tinrent la campagne et ne rentrèrent dans leurs cantons que fatigués de tuer et d’incendier.

    Cette année 1689 porte dans l’histoire du Canada, le nom d’année du massacre.

    En octobre, M. de Frontenac rentrait en qualité de gouverneur au Canada. Il y apportait la nouvelle que la guerre était déclarée entre la France et l’Angleterre.

     

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