• 27 juillet 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 26 juillet 1757 – La bataille d’Hastenbeck dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-dhastenbeck-150x150

     

    La bataille d’Hastenbeck

    D’après « Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II » – Antoine Henri baron de Jomini – 1842

     

    Conformément au traité de Versailles et à la convention conclue, le 1er mai 1756, avec la cour de Vienne, la France ne devait envoyer en Allemagne qu’un corps auxiliaire de 24000 hommes. Mais, comme elle voulait conquérir les États du roi d’Angleterre, 100000 hommes s’assemblèrent au commencement d’avril 1757, entre la Meuse et le bas Rhin.

    La première division, forte de 30000 hommes, commandée par le prince de Soubise, fut jointe par 3000 Autrichiens qui se trouvaient dans le Brabant, passa le Rhin à Dusseldorf. Et, après s’être emparée, au nom de l’impératrice-reine, des États que le roi de Prusse possédait dans cette partie de l’Allemagne, et qu’il avait fait évacuer, marcha vers la Saxe, tandis que le maréchal d’Estrées, à la tête de 112 bataillons, 119 escadrons et 300 bouches à feu, traversa la Westphalie pour entrer en Hanovre.

    Les alliés se rassemblèrent vers le milieu d’avril, entre Nienburg et Hameln, au nombre de 48000 Hanovriens, Brunswickois ou Hessois, sous les ordres du duc de Cumberland, qui établit son quartier général à Hanovre. Pour empêcher les Français de pénétrer plus avant, ce prince porta vers la fin d’avril son armée dans le camp de Bielfeld, qu’il fit retrancher. Mais il le quitta le 3 juin, pour ne pas être tourné, repassa le Weser, et vint camper, le 22, à Hastenbeck ; la droite sur les hauteurs d’Ohsen près du Weser, la gauche en arrière de Besthuysen, appuyée à des ravins et des bois presque impraticables.

    L’armée française ayant passé le Weser, entre Beverungen et Hœxter, se dirigea par Holzmunden, Halle et Heven, d’où elle partit le 24 juillet, sur 6 colonnes pour soutenir un détachement destiné à attaquer le corps qui couvrait la droite des alliés.

    Lorsque le duc de Cumberland fut informé de l’approche de l’ennemi, il retira son aile droite derrière des marais impraticables qui s’étendent depuis le village d’Hastenbeck jusqu’au Weser. L’extrémité de l’aile gauche, resta dans la première assiette. On établit seulement sur la hauteur deux batteries de 12, qui furent protégées par les chasseurs et par deux bataillons de grenadiers placés dans les bois. Le front était couvert par des chemins creux ; le village de Hastenbeck, en avant du centre de la ligne, fut brûlé.

    Comme le terrain interdisait l’emploi de la cavalerie, on la forma en potence, face aux hauteurs où se trouvait l’aile gauche. Quelques escadrons furent postés à l’aile droite. Les passages et les défilés furent gardés par de forts détachements de grenadiers. Le champ de bataille fort resserré, n’était accessible que sur un front de 300 toises.

    Le maréchal d’Estrées voulant le reconnaître, fit donner l’alarme aux deux ailes, pendant qu’il se portait au centre, et le duc de Broglie, qu’il avait laissé sur la rive gauche du Weser, eut ordre de le passer sur la droite de l’ennemi, dès que l’attaque serait commencée. Le duc de Randan, venant d’Eimbeck avec 2 brigades d’infanterie, et 18 escadrons, devait pousser jusqu’au delà de Bisperode, et tourner la gauche des alliés, tandis que le lieutenant général Chevert les attaquerait par les hauteurs.

    Le 25, à cinq heures du matin, la division de Chevert délogea l’ennemi du village d’Afferde et du bois. Il dut surtout ce succès à son artillerie qui fit taire les deux batteries établies sur ce point. Le duc de Cumberland, sentant l’importance du poste dans le bois, fit soutenir les troupes délogées par deux colonnes d’infanterie, dont l’une fit mine de vouloir tourner les Français. Le maréchal lui ordonna alors de se maintenir dans le village, et d’occuper les défilés par lesquels il avait débouché, pour faciliter ainsi les attaques du lendemain.

    Un temps nébuleux avait contrarié la reconnaissance du maréchal, de sorte qu’il était plus de huit heures, quand il donna ordre à l’armée de décamper. Les colonnes n’arrivèrent aux pieds des hauteurs qu’à cinq heures du soir, à cause des défilés étroits qu’elles eurent à passer.

    S’étant aperçu qu’il ne pourrait jamais combattre, tant qu’il ne serait point maître des hauteurs où l’aile gauche ennemie s’appuyait, il ordonna à Chevert de s’en emparer. Ce général partit à minuit avec les brigades de Picardie, de Navarre, de la Marine et d’Eu, et franchit les hauteurs pour se porter en avant d’Afferde, tandis que le général d’Armentières se mettait à la tête de 5 autres brigades, soutenues par la brigade suisse de Reding et 4 régiments de dragons à pied, pour repousser les postes détachés de l’ennemi. Le reste de l’armée bivouaqua sur plusieurs lignes, la cavalerie derrière l’infanterie de l’aile gauche.

    Les batteries des alliés commencèrent à tirer le 26, à cinq heures du matin. Mais, comme il était convenu que Chevert n’entrerait en action qu’à neuf, et que son premier coup de canon servirait de signal à l’aile gauche, l’artillerie française ne répondit que mollement, jusqu’à ce que l’armée fût mise en mouvement. Alors son feu prit une supériorité décidée sur celui des alliés, et l’attaque de la hauteur commença. Elle fut vive : le duc de Cumberland avait successivement porté sur ce point plus de 10000 hommes et tous les grenadiers ; leur résistance n’arrêta point Chevert, qui les força à quitter leur position.

    Le lieutenant général de Contades dirigeait l’attaque de la gauche contre le village de Hastenbeck. Protégé par la supériorité de l’artillerie, il forma son infanterie sur plusieurs lignes, avec autant de front que le terrain le permettait.

    Pour arriver aux alliés, il fallait que cette aile passât un défilé formé, d’un côté, par l’étang et le ruisseau marécageux qui s’étendait jusqu’au Weser ; et de l’autre, par les hauteurs à droite d’Hastenbeck. Attendu que ce passage n’avait qu’environ 300 toises de front, qu’il se rétrécissait encore à mesure que l’on avançait, et que l’ennemi avait fait mettre le feu au village, il fut difficile de déboucher.

    Les alliés se défendaient avec acharnement, le combat devint meurtrier. Alors le maréchal d’Estrées fit former sa gauche sur quatre colonnes, les deux premières à gauche de 18 bataillons ; les autres plus à droite, ensemble de 8 bataillons. Dans cet ordre, l’attaque renouvelée avec vigueur, obligea l’ennemi à plier.

    Sur ces entrefaites, d’Armentières descendit de la hauteur avec ses quatre brigades, suivies des dragons à pied, tandis que les brigades de Champagne et de Reding longèrent la lisière du bois vers le centre, et s’emparèrent d’une redoute où l’on prit 9 grosses pièces et 2 obusiers.

    Dans ce moment décisif, les grenadiers de France débouchèrent le long des haies du village de Hastenbeck, suivis de la cavalerie sur plusieurs colonnes. Tout présageait une victoire décisive, lorsqu’un événement fortuit sauva l’armée alliée.

    Le prince héréditaire de Brunswick, à la tête d’un bataillon de ses gardes, soutenu d’un autre corps hanovrien, gravit les hauteurs à la gauche de Chevert, et vint, par des détours, s’emparer d’une batterie que les Français y avaient établie. La brigade d’Eu, qui la gardait, se défendit assez vivement tant qu’elle n’eut affaire qu’à l’ennemi seul.

    Toutefois comme cet événement eut lieu dans un terrain très couvert, où l’on ne pouvait se reconnaître, plusieurs bataillons français tirèrent sur cette brigade, et lui tuèrent beaucoup de monde, ce qui la força de se retirer avec précipitation, et d’abandonner même son artillerie, que le prince fit aussitôt diriger contre l’aile droite ennemie.

    A la vérité, les Français reprirent leurs pièces un instant après. Mais ce fâcheux contre-temps leur fit croire qu’un corps supérieur s’était emparé des hauteurs et voulait les prendre en flanc. On se le persuada d’autant plus aisément, que le maréchal eut avis qu’un gros corps ennemi se montrait aux environs du camp qu’il venait de quitter, et menaçait de le couper de son extrême droite. Cette erreur l’empêcha de poursuivre l’ennemi, qui en profita pour opérer sa retraite.

    Les alliés eurent plus de 3500 tués ou blessés ; les Français perdirent environ 2000 hommes.

    Je ne ferai pas de longues observations sur cette bataille, livrée en ordre parallèle renforcé sur la droite. Le maréchal d’Estrées fit d’aussi bonnes dispositions que le défaut de connaissance du terrain le lui permit. Les 40 bataillons de Chevert et Armentières, auraient dû être soutenus par de la cavalerie. Sans doute cette arme n’aurait pu donner dans le bois ; mais, en débouchant, lorsqu’on se fut emparé des hauteurs, elle aurait eu un vaste champ.

    Il importait que cette attaque, renforcée par la droite, fût faite avec plus d’ensemble et de vigueur pour accabler la gauche de l’ennemi, qui n’était pas de force à sa maintenir contre une aussi grande supériorité. L’attaque de la redoute du centre, par les brigades de Champagne et de Reding, aurait dû être soutenue par la réserve pour être mieux liée avec celle de l’aile droite, et produire un effort simultané, qui eût rompu toute communication entre les ailes des alliés : leur gauche eût été ainsi hors d’état de se retirer sur Hameln.

    On pouvait aussi, si on le préférait, porter moins de forces à la droite, et diriger une attaque en masse sur Hastenbeck, pour culbuter le centre. Cette manœuvre eût également assuré la perte de la gauche des alliés, et ne présentait aucun risque, puisque l’artillerie française avait fait taire le feu de l’ennemi. Dans tous les cas, la grande supériorité du maréchal d’Estrées devait produire un résultat plus décisif.

    On s’étonnera que 1200 hommes, prenant une batterie au milieu de 40 bataillons, aient pu y porter de l’irrésolution et suspendre l’attaque de ces derniers.

    Deux jours après la bataille, la forteresse de Hameln se rendit aux Français.

    Les alliés se retirèrent vers Hambourg et Stade. L’armée victorieuse les suivit de près, et manœuvra pour les couper de leurs communications. Elle allait recueillir le fruit de sa victoire, lorsqu’une intrigue de cour donna au maréchal, le duc de Richelieu pour successeur.

     

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