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  • 25 juillet 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 25 juillet 1814 – La bataille de Lundy’s Lane dans EPHEMERIDE MILITAIRE carte-de-la-bataille-du-lundys-lane-150x150la-bataille-de-lundys-lane-150x150 dans EPHEMERIDE MILITAIRE

     

    La bataille de Lundy’s Lane

    D’après « Histoire du Canada » – François-Xavier Garneau – 1859

     

    La défaite que les Américains avaient subie à Châteauguay (26 octobre 1813), ne leur avait pas enlevé tout espoir de s’établir dans le Bas-Canada. Ils firent une nouvelle tentative vers la fin de l’hiver.

    Le général Macomb, avec une division, partit de Plattsburgh, traversa le lac Champlain sur la glace, et s’avança jusqu’à Saint-Armand, où il attendit les troupes du général Wilkinson pour attaquer Odeltown et le moulin de Lacolle. Les deux corps réunis entrèrent dans Odeltown sans coup férir. Le 30 mars, ils marchèrent contre le moulin de Lacolle, défendu par les voltigeurs, les fencibles et d’autres troupes. Mais au bout de deux heures et demie de canonnade, épuisés de froid et de fatigue, ils prirent le parti de retourner à Plattsburg.

    Après ce nouvel échec, l’ennemi modifia son plan d’opérations. Il abandonna l’attaque du Bas-Canada pour réunir tous ses efforts contre le Haut, dont l’invasion était plus facile. Mais ce plan, qui avait moins de dangers, offrait aussi moins de résultats. Les entreprises des Américains n’avaient encore abouti qu’à des défaites ou à des succès éphémères, qui avaient coûté quelquefois beaucoup de sang, entraîné beaucoup de ravages, sans rapprocher le but de la guerre.

    Ayant retiré leurs principales forces de la frontière du lac Champlain, ils les portèrent sur le lac Ontario, pour les mettre en mouvement aussitôt que la flotte de Sacketts-Harbor pourrait opérer avec elles. Les magasins de cette flotte étaient à Oswégo.

    Le général Drummond, qui commandait dans le Haut-Canada, résolut de s’en emparer pour retarder le départ des vaisseaux. Il s’embarqua à Kingston avec des troupes de toutes les armes. Le 5 mai, il arriva devant Oswégo, et, le lendemain, après un combat, il incendia le fort et les magasins. Mais l’ennemi avait eu la précaution de transporter d’avance la plus grande partie des objets de marine à quelques milles plus haut sur la rivière, de sorte que le but de l’expédition ne fut pas tout à fait atteint.

    Drummond, après cette course, alla prendre le commandement des soldats qui défendaient la tête du lac. En les disposant, il commit la faute de les disperser de manière qu’il fallait quelques heures pour en rassembler sur un point un nombre capable de faire une résistance sérieuse.

    Au mois de juillet, les généraux américains Scott et Ripley, placés sur la rive opposée, voulurent en profiter. Ils passèrent le fleuve avec 3000 hommes, et surprirent le fort Érié. Le lendemain, ils s’avancèrent contre le camp fortifié du général Riall à Chippawa, un peu au-dessus de la chute de Niagara. Les Anglais, quoique plus faibles en nombre, sortirent de leurs lignes pour livrer bataille en rase campagne. La lutte fut opiniâtre ; n’ayant pu rompre l’ennemi, Riall fut ramené avec de grandes pertes et céda le terrain. Il se retira d’abord dans ses retranchements, puis il rétrograda vers les hauteurs de Burlington.

    Les Américains le suivirent jusqu’à Queenston, et reprirent ensuite le chemin de Chippawa. Riall voulut aussi retourner sur ses pas. Mais les ennemis, le voyant revenir, s’arrêtèrent à Lundys-Lane, près du dernier champ de bataille, pour lui offrir de nouveau le combat. Il se préparait à retraiter pour la seconde fois, lorsqu’il fut rejoint par le général Drummond, à la tête de 800 hommes de renfort.

    Drummond prit le commandement et contremanda la retraite, mais il fut attaqué à l’improviste avant qu’il pût faire toutes ses dispositions. Sa gauche fut forcée de plier ; elle recula en bon ordre et alla se former en potence le long du chemin, en s’appuyant sur le centre, placé sur une éminence.

    Le centre cependant tenait bon contre les ennemis, qui déployaient les plus grands efforts pour s’emparer des batteries qui couronnaient cette hauteur. Les artilleurs anglais se faisaient tuer sur leurs pièces plutôt que de céder. Les Américains firent avancer leurs canons jusqu’à quelques pas seulement des canons anglais.

    L’obscurité de la nuit, qui était alors venue, occasionna plusieurs méprises. Ainsi les deux partis échangèrent quelques pièces d’artillerie au milieu de la confusion, dans les charges qu’ils exécutaient alternativement l’un contre l’autre. A neuf heures le feu cessa un instant.

    Le reste des forces américaines entra en ligne dans le même temps qu’un surcroît de 1200 hommes arrivait à marche forcée au secours de l’année anglaise. Les deux troupes ainsi renforcées, recommencèrent leur combat nocturne avec plus d’acharnement que jamais.

    A minuit, les Américains, désespérant d’emporter la hauteur, abandonnèrent enfin le champ de bataille pour se retirer dans leur camp, au delà de la rivière Chippawa.

    L’action avait duré près de six heures. Dans l’obscurité, le général Riall, qui avait été grièvement blessé, tomba au milieu de la cavalerie ennemie, en voulant gagner le derrière du champ de bataille, et fut fait prisonnier.

    Le lendemain, les Américains jetèrent dans la chute la plus grande partie de leurs bagages et de leurs vivres, mirent le feu à Street-Mills, détruisirent le fort Chippawa et rétrogradèrent vers le fort Érié.

    Les pertes des deux armées étaient considérables. Le général Drummond avait reçu une grave blessure au cou, mais il l’avait cachée à ses troupes, et était demeuré sur le champ d’honneur jusqu’à la fin du combat.

    Le nombre des morts et des blessés s’éleva à 7 ou 800 hommes, de chaque côté. Les Américains laissèrent en outre entre les mains du vainqueur plusieurs centaines de prisonniers.

    Les Anglais, après avoir reçu tous leurs renforts, n’excédaient pas 2800 hommes, tandis que les ennemis étaient au nombre de 5000. La milice du Haut-Canada avait montré la plus grande bravoure.

    « Rien, dit un écrivain, ne pouvait être plus terrible ni plus solennel que ce combat de minuit. Les charges désespérées des troupes étaient suivies d’un silence funèbre, que troublaient seuls les gémissements des mourants et le bruit monotone de la cataracte de Niagara. C’est à peine si l’on pouvait discerner au clair de la lune les lignes des soldats aux reflets de leurs armes. Ces instants d’anxiété étaient interrompus par les éclats de la fusillade et par de nouvelles charges, que les troupes britanniques, réguliers et miliciens, essuyaient avec une inébranlable fermeté ».

    Les généraux Brown et Scott ayant été blessés, le commandement de l’armée américaine échut au général Ripley, qui se retrancha au fort Érié.

     

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