• 21 juillet 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    La bataille de Kagoul (en Bessarabie)

    D’après « Nouveau dictionnaire historique des sìeges et batailles mémorables » – 1809

     

    Dès l’instant où les Russes, sortant de leurs déserts glacés, voulurent pénétrer dans le midi de l’Europe, acquérir de l’influence politique, et faire redouter leurs armes, la Turquie devenait leur ennemi naturel. Ils envisageaient avec envie les bords fertiles de la Mer Noire, les rivages riants du Bosphore et les riches contrées de la Grèce.

    Leur marine militaire ne pouvait d’ailleurs acquérir de la considération en Europe, en demeurant renfermée dans les bruines et les frimas de la Baltique. En s’établissant sur le Pont-Euxin, elle pouvait protéger leur commerce et augmenter leurs richesses.

    Les Russes avaient profité des leçons de tous les peuples de l’Europe. Il s’était formé chez eux d’excellents officiers capables de guider la valeur indomptée des Cosaques, et de conduire les bataillons réguliers habitués aux manœuvres et à la discipline des nations les plus renommées par leur tactique.

    On distingua, parmi leurs généraux, dans la guerre de 1770, le maréchal de Romanzow, vainqueur des Turcs sur le Pruth.

    Il remontait paisiblement vers l’embouchure de cette rivière, croyant n’avoir plus devant lui que quelques hordes errantes après une grande défaite. Tout-à-coup, il est en présence de cent cinquante mille Turcs commandés par le khan des Tartares de Crimée. Dix-huit mille Russes seulement étaient alors sous ses drapeaux.

    L’occasion paraît favorable au khan de prendre sa revanche. Il s’étend sur la gauche de l’armée russe, et l’enveloppe de manière à lui couper la retraite. Les Turcs, peu confiants encore dans leur supériorité, entourent, pendant la nuit, leur camp d’un triple retranchement.

    Le grand vizir donne à Kagoul, le 18 juillet, le signal du combat ; les Russes étaient environnés de tous côtés. Un de leurs bataillons carrés est entièrement haché. Quatre autres carrés, formant le reste de cette armée, auraient été totalement détruits par le canon et la mousqueterie des Ottomans, si le maréchal de Romanzow n’eût ordonné, dans ce pressant danger, de marcher la baïonnette en avant, et de foncer sur les Turcs.

    Les Ottomans plient, se retirent dans leurs retranchements, s’y défendent longtemps avec courage, mais le nombre cède à la discipline et à l’intelligence. La défaite des Ottomans est complète ; ils entraînent le vizir dans leur fuite, laissant presque cinquante mille hommes sur le champ de bataille. La plus grande partie de leurs bagages et de leurs munitions, avec cent quarante-trois canons de bronze et sept mille chariots de provisions, demeurent au pouvoir des Russes.

    Catherine II fît construire, à Czarco-Zelo, un obélisque en marbre, pour perpétuer le souvenir de cette victoire.

     

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