• 13 juillet 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 11 juillet 1900 – Le combat de la gare de Tien Tsin dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-de-la-gare-de-tien-tsin-150x150

     

    Le combat de la gare de Tien Tsin

    D’après « Campagne de Chine (mai à septembre 1900) : journal d’un officier » – Lieutenant Marcel Saillens- 1905

     

    Les Chinois, que l’immobilité forcée des alliés enhardissait, comptaient beaucoup, il faut croire, sur l’effet matériel et surtout moral produit par le bombardement et les alertes incessantes. A l’attaque de l’arsenal de l’Ouest, ils répondirent par un redoublement de fusillade et de canonnade.

    Escomptant un succès qui leur eût permis d’atteindre le but tant caressé – celui d’acculer les alliés dans les concessions après les avoir chassés de la rive gauche du Peï-Ho – ils essayèrent d’enlever la gare le 11 juillet.

    Ce jour-là, ce poste avait son effectif de défenseurs habituel : 250 Japonais, 100 Français, 100 sikhs.

    L’attaque des Chinois commença vers 3 heures du matin, le 11 juillet. L’ennemi employait toujours, pour exécuter sa marche d’approche, les mêmes chemins perpendiculaires à l’axe du chemin de fer.

    A la faveur de la nuit, les tirailleurs chinois se glissèrent à travers la plaine des Tombeaux et les villages de Anlu-Sao et Ta-Wang-Soang. Ils étaient à 500 mètres de la gare quand ils ouvrirent le feu.

    Le canon des forts reprit le bombardement des concessions. Pendant une demi-heure environ, on remarqua que le feu des forts était concentré sur le camp russe et les abords de la gare bien repérés. Cette canonnade fut une précieuse indication pour les commandants des troupes alliées, qui s’empressèrent de donner l’alerte et de renforcer les troupes de la gare.

    Il faisait jour, vers 4 heures du matin, lorsque les deux compagnies du bataillon Brenot, rassemblées à la hâte, se portèrent au secours de la compagnie Genty, déjà éprouvée par la canonnade et la fusillade intense des Chinois, qui s’étaient avancés à moins de 200 mètres des tranchées de la gare et menaçaient de donner l’assaut.

    Le capitaine Genty avait avisé le commandant des troupes françaises que le poste de la gare était serré de très près par l’ennemi en nombre considérable, et que, les Anglais commençant à se retirer, la droite de la ligne de défense allait être découverte et qu’il serait difficile de tenir si des renforts n’étaient pas envoyés d’urgence.

    Les deux compagnies françaises de renforts, commandées par le chef de bataillon, franchirent le Peï-Ho en aval de la gare sur un pont de bateau construit par les Japonais. Elles remontèrent le long de la rive gauche, à l’abri des tas de sel et des ruines du faubourg de la Gare.

    Ce mouvement se fit très rapidement. A 4h15, ce renfort était sur les lieux. Un arrêt de quelques minutes fut fait au sud de la gare derrière le mur qui sépare l’avenue des bâtiments principaux. Les hommes étaient venus au pas de course.

    Les renforts français arrivèrent à la gare en même temps que les deux compagnies japonaises accourues à la hâte par le pont de la gare.

    Conduits par le capitaine Laurand, une compagnie, puis un peloton, furent portés sur la ligne française et doublèrent le détachement du capitaine Genty. Ce détachement était fort endommagé ; il disputait le terrain aux Chinois qui, voyant la reculade des Sikhs, étaient venus jusqu’au pied du bâtiment des machines. Il était 5 heures du matin. Les Japonais avaient aussi renforcé leur ligne de défenseurs.

    Sous cette poussée des renforts, les Chinois, voyant briller les baïonnettes des alliés, se firent un devoir de reculer, abandonnant la partie sans avoir pu donner l’assaut, auquel ils semblaient résolus cependant.

    C’est à ce moment que sur la gauche de la ligne de défense, un canon fut traîné par les Chinois. Le feu de cette pièce, placée à environ 600 mètres de la gare, fit de nombreuses victimes dans les rangs des Japonais et des Français. Les Anglais avaient repris leur poste avec l’arrivée des renforts. Cette fois, ils s’étaient enfermés dans le bâtiment des machines. Ils ne furent pas atteints par le canon.

    Cinq ou six ballots de coton de la ligne française ayant pris feu, le canon des forts en profita pour tirer à nouveau sur la gare, jusqu’à ce que la pièce de flanc que les Japonais ne purent enlever fût emmenée par les Chinois, qui battirent en retraite d’un seul bond jusqu’au delà du coude de la voie ferrée.

    Il était 8 heures environ quand les Chinois regagnèrent leur camp au delà de la boucle du Peï-Ho, laissant leur ligne d’avant-postes sur le coude de la voie ferrée.

    Vers 8h30, le commandant des troupes de renfort rassembla les deux compagnies françaises et les reconduisit au cantonnement de la rive droite. Un peloton de renfort fut laissé à la gare.

    Le capitaine commandant le détachement français avait eu ce jour-là, un rôle bien ingrat par suite de la reculade des Siks. Il conduisit cependant l’action avec courage et sang-froid. Sa compagnie avait été fortement éprouvée. Le docteur Pauco donna pendant cette action un bel exemple de dévouement et de sang-froid en soignant les blessés sur place ou pendant la marche sous une grêle de balles. Les Français eurent 13 tués et 36 blessés.

    Il serait facile de signaler certains actes de courage et de bravoure accomplis par des hommes d’infanterie de marine qui eurent cette journée l’honneur de disputer le terrain à un ennemi nombreux et acharné. Ces exemples sont enregistrés dans l’historique du 16e régiment d’infanterie de marine.

     

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