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     Le 6 juin 1897 – Le combat de Dori dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-lieutenant-bellevue--150x150

     

    Le combat de Dori (Soudan)

    D’après « Les hauts faits de l’armée coloniale » – F. Bertout de Solières – 1912

     

    Un marabout peulh, Modibo  de Diagourou, qui pillait et rançonnait les caravanes, vint prêcher la guerre sainte jusqu’aux portes de Dori, petit poste français dans le Liptako, commandé par le capitaine Menvielle.

    Une reconnaissance comprenant 5 européens, une pièce de 80,120 tirailleurs et 25 spahis commandés par le lieutenant Bellevue, fut envoyée contre les Touaregs qui avaient été entraînés par Modibo.

    Le 6 juin 1897, la petite colonne parvenait à une dizaine de kilomètres du village de Diagourou.

    Un témoin oculaire raconte ainsi l’affaire :

    On avait déjà entendu dans le lointain le son sinistre du « tebal » (tambour de guerre) touareg, qui appelait les guerriers au combat. A l’aube, on vit distinctement se profiler sur les hauteurs voisines les boubous blancs des cavaliers ennemis qui observaient. Enfin, vers 7 heures du matin, la petite colonne, formée en carré, débouchait dans la plaine de Diagourou.

    On pouvait voir alors, dissimulée le long d’un thalweg et abritée par quelques bouquets d’arbres, une masse d’environ 200 cavaliers et de plus d’un millier de fantassins, déployée sur une longue ligne demi-circulaire, en bon ordre et prête au combat.

    C’était contre cette foule que la petite poignée d’hommes allait avoir à lutter. Elle s’avança courageusement et s’arrêta à 400 mètres de l’ennemi ; puis le feu commença.

    L’artillerie et les tirailleurs font pleuvoir les obus et les balles, tandis que le lieutenant Bellevue se portait sur une hauteur, observant les mouvements des ennemis. Ces derniers ne se laissent point intimider et s’avancent lentement, mais sans arrêt, s’aplatissant sur le sol au signal de leurs chefs, lors du feu de salve, et se relevant dans l’intervalle.

    Fanatisés par le marabout qui leur avait promis l’immunité contre nos balles et leur avait assuré la victoire, ils marchent intrépides sous le feu terrible : ils sont à peine à 60 mètres de nos lignes. Pendant ce temps, les cavaliers esquissent un mouvement enveloppant, se massent sur nos derrières et s’apprêtent à fondre sur nous.

    L’instant était solennel et décisif. La petite troupe allait, peut-être, être submergée sous le nombre et le carré brisé et anéanti. Le lieutenant Bellevue voit le danger.

    Il demande aussitôt l’autorisation de charger au capitaine commandant la colonne. Elle lui est accordée. Les spahis s’ébranlent au galop de charge, Bellevue à leur tête. Emporté par son courage, il fonce sur les Touaregs, suivi à peine de quelques-uns de ses hommes.

    On le vit alors se débattre pendant quelques instants, entouré de toutes parts, contre la multitude des lances qui l’assaillent. Un coup de feu l’atteint à la fesse, une lance lui laboure les côtes. Il l’arrache de sa propre main et la rejette. Enfin, le fils du chef M’Diougui lui lance à son tour son javelot dans le ventre en s’écriant d’une voix rauque : « Que le salut soit sur toi, fils de Nazareth ! ».

    Le lieutenant Bellevue parvient néanmois à se dégager et, malgré ses affreuses blessures, on le voit revenir la tête haute, sans casque sous le soleil brûlant, au port du sabre et au galop. On le descend de cheval et il s’affaisse aussitôt sur le sol, entre les bras du médecin de la colonne, qui s’empresse de lui prodiguer les premiers soins.

    Grâce à son heureuse diversion, le plan des ennemis échoue. Le clairon sonne la charge. Les tirailleurs, entraînés, s’élancent à la baïonnette. L’artillerie culbute un nouveau groupe de cavaliers qui se reformait sur la droite. Les ennemis, enfin déconcertés, disparaissent dans la brousse et abandonnent les lieux en laissant 150 cadavres.

    L’honneur du drapeau français était sauvé. Mais le lieutenant Bellevue succombait quelques heures après, sur le champ de bataille même, entre les bras de ses camarades désolés et impuissants, tandis que l’on voyait flamber au loin, dans la nuit, le village ennemi, que les tirailleurs avaient livré aux flammes.

    Le lieutenant Bellevue était sorti de Saint-Cyr et avait servi au 1er Dragons ; il appartenait au 2e escadron des Spahis.

     

     

    D’après « Notre Épopée coloniale » – Pierre Legendre – 1901

     

    Le soir du 6 juin, le drapeau français victorieux enveloppait dans ses plis le cadavre de l’héroïque lieutenant Bellevue qu’on ramenait à Dori.

    Tandis que la garnison sous les armes lui rendait les derniers honneurs, un chef noir s’avançait près de la fosse ouverte et disait à nos tirailleurs : « Celui qui meurt devant l’ennemi ne meurt pas ; son nom appartient à la postérité ».

     

  • One Response à “Le 6 juin 1897 – Le combat de Dori”

    • ALI Issa on 6 janvier 2018

      Bonjour,

      Ce combat du 6 juin 1897 de Diagourou mérite d’être connu d’avantage.

      Merci à ceux qui l’ont mis sur google.

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