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     Le 3 juin 1859 – Le combat de Robecchetto dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-passage-du-tassin-a-turbigo-150x150la-prise-de-robecchetto-par-les-turcos-150x150 dans EPHEMERIDE MILITAIRE

     

    Le combat de Robecchetto

    D’après « Campagne de l’Empereur Napoléon III en Italie » – Jacques-Louis-César-Alexandre Pully Randon – 1865

     

    • Premier moment vers trois heures – Prise de Robecchetto par les Tirailleurs Algériens

     

    Vers deux heures, la 1ère division du 2e corps (La Motterouge), venant de Novare, par Pernate et Galliate, arrivait aux ponts de Turbigo. La 2e (Espinasse), qui avait été envoyée la veille à San Martino, devait remonter le Tessin jusqu’à Galliate, pour rallier à Turbigo la 1ère division.

    La 1ère division, à la tête de laquelle était le commandant du corps (Mac-Mahon), marchait, la droite en tête, ainsi qu’il suit : Le génie divisionnaire et de réserve, suivi de la 1ère brigade (Lefèvre), puis des deux batteries de la 1ère division. La 2e brigade (de Polhès) venait ensuite avec l’artillerie de réserve (Auger), la cavalerie de réserve (Gaudin de Villaine), et enfin le convoi, qui fermait la marche.

    Dans la 2e division, les dispositions adoptées pour la marche étaient analogues.

    Le Tessin est franchi sans difficulté, et, vers deux heures et demie, le général de Mac-Mahon, qui vient de traverser Turbigo, se porte en avant, de sa personne, pour exécuter une reconnaissance. Il est accompagné du général Camou, dont la division a été momentanément placée sous ses ordres. Du haut du clocher de Robecchetto, d’où il jette un coup d’œil sur l’ensemble du terrain, le commandant du 2e corps ne tarde pas à apercevoir des troupes autrichiennes qui pressent le pas et ne sont déjà plus qu’à quelques centaines de mètres de distance.

    Comprenant toute l’importance de la possession de ce village, en arrière duquel il avait projeté d’établir ses bivouacs, il se hâte de regagner Turbigo, où il donne des ordres pour faire avancer rapidement ses premières troupes, qui viennent de déboucher du pont.

    Robecchetto, situé à deux kilomètres à l’est de Turbigo, est assis, à la sortie du défilé, sur un vaste plateau qui domine de 15 à 20 mètres la vallée du Tessin. Son occupation était indispensable, tant pour couvrir les bivouacs que pour assurer l’exécution du mouvement ultérieur du 2e corps sur Buffalora et Magenta.

    De son côté, le général Clam-Gallas avait également pensé qu’en se rendant maître de ce point il empêcherait les Français de déboucher, garderait ses communications avec Urban et garantirait le flanc droit de la deuxième armée. Aussi, à peine eut-il connu par ses éclaireurs la présence des alliés à Turbigo , qu’il mit autant d’empressement à accélérer la marche de ses colonnes que le général de MacMahon en avait mis a hâter le mouvement des siennes, et il prescrivit au général Cordon de se porter rapidement en avant avec une brigade pour devancer l’ennemi à Robecchetto.

    Les Tirailleurs Algériens venaient d’entrer dans le village de Turbigo. Sur l’ordre du général de Mac-Mahon, le régiment prend vivement la direction de Robecchetto. Il doit y devancer l’ennemi ou l’en déloger au besoin.

    En ce moment, l’Empereur, qui venait de visiter le grand pont de San Martino, arrivait à Turbigo, accompagné du général Camou. Il se dirige sur une des maisons qui couronnent le plateau au nord de la route, et après un rapide examen du terrain, il donne au général Camou l’ordre de porter immédiatement les troupes de la garde sur les débouchés du canal au sud de Turbigo, pour appuyer et soutenir le général de Mac-Mahon.

    Pendant ce temps, le régiment de tirailleurs avait continué sa marche sur Robecchetto. Lorsqu’il est arrivé en face et à 600 mètres du village, le général de La Motterouge le forme en colonne par division avec double intervalle de déploiement : le 1er bataillon à droite, le 2e au centre, et le 3e à gauche. Les bataillons des ailes ont pour mission de tourner la position, pendant que celui du centre attaquera de front.

    A peine ces dispositions sont-elles prises, que l’on aperçoit les Autrichiens à l’entrée de Robecchetto. Ils avaient devancé les tirailleurs et occupaient déjà le village.

    Ce détachement comprenait le 14e bataillon de chasseurs, colonel commandant baron Pessler, et les trois bataillons mobiles du régiment hongrois Archiduc Joseph (n° 37), colonel Klapka. Le 14° bataillon de chasseurs appartenait à la brigade Comte Hoditz, et le régiment n° 37 à la brigade Reznitcheck, toutes deux de la division du feld-maréchal-lieutenant baron Cordon. L’action s’engage aussitôt : il était environ trois heures.

    Les trois bataillons du régiment de Tirailleurs Algériens se précipitent sur Robecchetto sans brûler une amorce. Leur attaque, faite au pas de course, est des plus impétueuses ; l’ardeur qui les anime est extrême ; il est très difficile de les maintenir en ordre.

    Accueillis par une vive fusillade, ils se ruent sur le village à la baïonnette, y pénètrent, et c’est alors seulement qu’ils commencent à faire usage de leur feu à la vue des masses ennemies, qui cherchent à se rallier devant eux après avoir abandonné précipitamment les maisons et les fermes.

    Le général de Mac-Mahon a réglé l’attaque des tirailleurs. Ne connaissant pas la force de l’ennemi qu’il a devant lui, il est revenu à Turbigo pour presser la marche des autres troupes de sa 1ère division. Le premier régiment qu’il rencontre est le 45e ; il le porte rapidement en avant au soutien des tirailleurs algériens.

    Les têtes de colonne du 65e, de la 2e brigade (de Polhès), qui traversent en ce moment le pont du canal, reçoivent ordre également, dès qu’elles auront débouché sur le plateau, de se former à gauche de la 1ère brigade, pour couvrir le flanc des colonnes d’attaque.

    La 1ère brigade (Gault) de la 2e division (Espinasse), composée du 11e bataillon de chasseurs, des 71e et 72e, est sortie de Galliate et s’approche du défilé qui conduit au pont. La 2e brigade de cette même division (Castagny) n’est pas encore signalée ; elle a ordre de ne quitter Trecate que lorsqu’elle aura été relevée dans ses positions par les grenadiers de la garde.

    Du côté des Autrichiens, le reste des troupes du général Cordon s’avance pour repousser l’attaque française, en même temps qu’un bataillon du régiment Archiduc Joseph s’approche du canal, se dirigeant sur Paragnana, et veut essayer de surprendre le pont du canal.

    Deux escadrons du régiment de hussards Comte Haller (n° 12), détachés au 1er corps, s’avancent sur la route de Malvaglio à Robecchetto pour appuyer l’attaque du général Cordon.

     

    • Deuxième moment vers quatre heures – Contre-attaque et défaite des Autrichiens

     

    Pendant que le combat s’engageait dans Robecchetto, deux escadrons de hussards de Haller, qui servaient d’éclaireurs à la colonne mobile du général Urban, arrivaient en reconnaissance sur Turbigo. Ils débouchaient de Castano, marchant sur le flanc gauche des colonnes françaises.

    En ce moment, la tête de la 2e brigade de la division de La Motterouge, formée par le 65° de ligne, achevait de gravir les berges du plateau pour aller s’établir à gauche de la brigade Lefèvre.

    Aussitôt que cette cavalerie fut aperçue, le général de Mac-Mahon établit en batterie deux pièces enfilant la route de Castano et les fit soutenir par le 1er bataillon du 65e. Aux premiers coups de canon, les cavaliers autrichiens, se voyant découverts, firent demi-tour et disparurent. Ils rentrèrent en toute hâte à Gallarate, où était le quartier général d’Urban. Dès le 2 juin, le comte Gyulai, connaissant le mouvement des alliés sur le Tessin, avait rappelé ce général vers le centre de l’armée, et de Varèse, où il avait abandonné Garibaldi, il était arrivé à Gallarate, à 15 kilomètres des ponts de Turbigo.

    Après un combat qui n’avait pas duré plus d’un quart d’heure, le 14e bataillon de chasseurs et le bataillon du régiment Archiduc Joseph (n° 37) avaient été repoussés en désordre de Robecchetto, et s’étaient enfuis dans la direction de Malvaglio. Les tirailleurs les suivent au pas de course, les atteignent à ce dernier village, et Malvaglio a son tour est enlevé a la baïonnette, malgré le feu très vif des troupes de réserve qui l’occupent.

    L’ardeur de nos soldats les avait portés très loin en avant à la poursuite de la droite du général Cordon. Pendant ce temps, le bataillon du régiment Archiduc Joseph, qui formait le centre et reliait les deux attaques de Robecchetto et de Paragnana, avait pris dans les vignes une position menaçante, secondé qu’il était par quatre pièces de la 10e batterie (cavalerie) du 1er régiment.

    Le général de La Motterouge jugea alors qu’il était temps d’arrêter la tête de colonne des Tirailleurs Algériens, et il prescrivit au général Lefèvre de les ramener dans la direction de Robecchetto par un mouvement circulaire de gauche à droite.

    C’est alors, et sous la protection de ce bataillon du régiment Archiduc Joseph, placé sur notre flanc droit, que le général autrichien tente de reprendre l’offensive. Le bataillon de son aile gauche, qui avait essayé de surprendre le pont de Paragnana, avait été arrêté par la fusillade des Voltigeurs du 2e régiment, que dirigeait le colonel Douay, et avait remonté rapidement les pentes.

    Il le rappelle à lui, ramène sous le village de Malvaglio ce qu’il peut rallier de sa droite dispersée, la couvre par ses deux escadrons de hussards Haller, et reforme ainsi, entre Malvaglio et Robecchetto, une ligne de bataille, le front tourné vers Castano et parallèlement au canal.

    Au moment où le général Lefèvre achève son mouvement circulaire, cette nouvelle ligne prononce son attaque. Quelques coups à mitraille et un feu très nourri de mousqueterie prennent d’écharpe les Tirailleurs Algériens et leur font essuyer quelques pertes. Ils s’arrêtent immédiatement et s’apprêtent à se reporter en avant ; mais le 45e, qui les suit comme réserve, entre vivement en ligne.

    En même temps, le général Auger, commandant l’artillerie du 2e corps, met six pièces en batterie. Puis, prenant en avant quatre positions successives, il ne tarde pas à dominer le feu de l’ennemi par la supériorité du sien.

    Le général Cordon acquit alors la certitude qu’il avait devant lui des forces beaucoup plus considérables que les siennes, et qu’il était désormais impossible d’empêcher le passage du Tessin. Il se décida, en conséquence, à ordonner la retraite, qui commença à s’opérer en bon ordre sur Cuggiono, sous la protection d’un bataillon de réserve.

    Mais dans son mouvement en arrière, assailli de revers par les Tirailleurs, attaqué de face par le 45e, le bataillon de réserve lui-même fut bientôt mis en pleine déroute, et ne dut son salut qu’au terrain, extrêmement couvert et coupé, qui protégea sa retraite. Dans la poursuite, le général Auger aperçut une pièce de canon engagée au milieu des blés et l’enleva à l’ennemi.

    Les deux escadrons de hussards Haller qui accompagnaient la colonne du général Cordon, dans le but de diminuer la vivacité de la poursuite, se jettent alors hardiment sur les Tirailleurs en avant de Malvaglio. Ceux-ci resserrent leur cercle autour des cavaliers, les enveloppant detoutes parts et menacent de les enlever. Les hussards se dégagent brillamment et se retirent au galop.

    La 2e brigade (Gault) de la 2e division arrive en ce moment au Tessin. En descendant la route en lacets qui conduit au pont, les troupes hàtent le pas, car elles entendent le canon du général de La Motterouge sur la rive gauche du fleuve. La tête de colonne, formée par les escadrons du 7e de chasseurs, s’engage dans le défilé derrière la cavalerie de réserve du général Gaudin de Villaine. Elle est suivie par le 11e bataillon de chasseurs, le 71e et le 72e.

    Les troupes du 2e corps ont heureusement franchi le Tessin. Elles prennent alors leur bivouac à cheval sur le débouché de Turbigo, dessinant une grande tête de pont.

    Le centre est formé par la brigade de Polhès (65e, 70e), qui s’établit perpendiculairement à la route et face au nord-est. La brigade Lefèvre (Tirailleurs, 45e) forme le flanc droit. Son front est tourné vers Malvaglio, pendant que la brigade Gault (11e bataillon, 71e, 72e) s’établit sur le flanc gauche, regardant Gallarate.

    La brigade de Castagny (2e Zouaves, 1er et 2e Étranger) n’arrivera que plus tard dans la soirée et prendra ses bivouacs derrière la brigade du général Gault.

    Plus en arrière, et fermant sur la droite le cercle formé par les brigades du 2e corps, les troupes de la division Camou occupent le pont de Paragnana, le village de Turbigo, la tête de pont du Tessin et les hauteurs de la rive droite, entre les points extrêmes de Ponte di Lupiate sur la droite, et Ponte del Uvo sur la gauche.

     

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