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    Le 30 mai 1796 – Le combat de Borghetto dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-passage-du-mincio-150x150

     

    Le passage du Mincio et le combat de Borghetto

    D’après « La campagne de 1796 en Italie » – Carl von Clausewitz – 1899

     

     

    Beaulieu avait continué sa retraite sans interruption par Rivalta sur Roverbella, derrière le Mincio. Il jeta 20 de ses meilleurs bataillons dans Mantoue, pour en renforcer la garnison, qui se trouva portée à 13000 hommes. Cela fait, il voulut essayer de défendre la ligne du Mincio.

    Son armée avait reçu quelques renforts, et, en y comprenant la garnison de Mantoue, comptait 42 bataillons avec 31 escadrons, soit 31000 hommes.

    De ce nombre, quelques milliers d’hommes se trouvaient au nord du lac de Garde, vers Riva, et même près des sources de l’Adige, dans le Münsterthal, à Taufers, d’où le général Laudon exerçait sur les Grisons une surveillance bien inutile.

    A la fin de mai, la répartition des troupes en arrière du Mincio était la suivante :

    - Le général Liptay avec 4500 hommes formait l’aile droite, tenait Peschiera, dont il s’était emparé en chassant la garnison vénitienne, et avait ses avant-postes sur la Chiese.
    - Mélas à Oliosi, avec 4500 hommes (était considéré comme formant réserve générale).
    - Sebottendorf à Valeggio, avec 6000 hommes (formait le centre).
    - Colli, avec la garnison de Mantoue et quelques cavaliers, formait l’aile gauche à Goïto, avec 5000 hommes.

    Total : 20000 hommes.

    Il y avait encore 8000 à 9000 hommes à Mantoue, dont 4000 à 5000 détachés du côté de la Chiese et du Pô. Sebottendorf et Colli avaient aussi des avant-postes sur la rive droite du Mincio.

    Le quartier général de Beaulieu était à San-Giorgio, sur le Mincio, près de Borghetto et un peu en aval.

     

    Il y avait sur le Mincio, 4 ponts, ceux de Peschiera, Borghetto, Goïto et Rivalta, dont aucun n’était détruit. Celui de Peschiera était à l’intérieur de cette place, celui de Rivalta était trop près de Mantoue pour être utilisé par les Français.

    Il n’y a pas de gués permanents dans le Mincio, mais des îles nombreuses y facilitent le passage. Du reste, dans cette saison de sécheresse, l’eau était peu profonde, au point qu’en aval de Borghetto, il y avait un endroit où l’on pouvait passer à gué, et que le détachement autrichien de Borghetto avait fait tenir par 2 compagnies.

    Le cours du Mincio n’est abordable qu’entre Rivalta et Peschiera, sur un développement de 4 milles, non compris les méandres, qui n’ont d’intérêt que pour la défense rapprochée d’une partie du front. On était à la fin de mai, de sorte que les nuits étaient courtes. Les Français n’ayant pas de matériel de pont, on aurait encore pu défendre le Mincio avec succès, en prenant des dispositions passables.

     

    Nous admettrons en effet que les 8000 à 9000 hommes nécessaires à Mantoue pouvaient surveiller le pays jusqu’à la Chiese, et plus tard, si l’ennemi s’avançait dans cette région, défendre le Mincio en aval de Mantoue. Il restait donc une vingtaine de mille hommes, effectif respectable pour défendre un front de 4 milles.

    Eût-on prélevé 2000 hommes pour Peschiera, et autant pour surveiller le cours de la rivière, il restait 16000 hommes avec lesquels Beaulieu pouvait, à condition de les tenir réunis, se porter en 5 ou 6 heures sur tout point où les Français se montreraient.

     

    Par malheur, il y avait un détail qui infirmait sérieusement cette conclusion, et affaiblissait à ce point la défense du Mincio, qu’on ne pouvait en attendre un bon résultat, et qu’il fallait la considérer comme un simple engagement d’arrière-garde. Cette circonstance était la situation précaire de la ligne de retraite.

    En continuant sa retraite, Beaulieu ne devait pas se diriger sur le Frioul, mais sur le Tyrol, c’est-à-dire suivre la vallée de l’Adige, qui était la voie la plus directe. Du Mincio à l’Etschthal, le chemin le plus court est celui de Castelnovo. C’était donc celui dont Beaulieu ne devait se laisser couper à aucun prix. Or il ne se trouve pas en arrière du front du Mincio et perpendiculairement à lui, mais il s’étend au contraire du côté de l’aile droite et presque dans son prolongement.

    C’est ce qui obligea le général Beaulieu à se tenir avec son gros entre Valeggio et Peschiera. Peut-être jugeait-il que le cours du Mincio au-dessous de Valeggio était d’une importance secondaire, et, dans le cas où les Français l’auraient franchi de ce côté, il trouvait peut-être avantageux de se porter contre eux de manière à les faire combattre le dos à Mantoue. Mais un tel projet le conduisait à ne pas se servir des 4000 ou 5000 hommes laissés à Goïto et détachés de Mantoue ; ou plutôt à agir sans aucune liaison avec eux, ce qui ne donne jamais de bons résultats.

    Du reste, si concentré qu’eût été Beaulieu, il ne se serait pas trouvé en état d’opposer aux Français, au moment de leur passage, plus de 10000 à 12000 hommes, et il ne pouvait guère espérer, si l’ennemi passait à Valeggio ou plus haut, que le corps de Goïto prît part utilement au combat décisif.

    Il n’en était pas moins naturel que Beaulieu tentât de défendre le Mincio. Il pouvait encore arriver qu’il y livrât un combat heureux, et puis on ne sait jamais avec quel degré d’appréhension l’ennemi abordera un cours d’eau dont il voit la défense préparée, et s’il ne croira pas y trouver plus d’obstacles qu’il n’y en a réellement. On n’avait à remplir qu’une condition essentielle : ne pas risquer de trop grosses pertes en cas d’échec, et elle coïncidait avec la condition primordiale de toute bonne défense, tenir ses forces bien concentrées.

     

    Sur de grands cours d’eau, on peut espérer atteindre l’assaillant avant qu’il ait achevé d’établir un pont ou fait passer des forces assez considérables ; on peut se fier à la barrière que forment les eaux, et se tenir sur le bord, mais ce n’est déjà plus le cas sur une rivière comme le Mincio.

    La défense était obligée de prendre position à une ou plusieurs lieues en arrière, sur les hauteurs, et s’attendre à trouver le pont achevé quand elle arriverait au point de passage. Il lui restait l’avantage d’attaquer l’ennemi adossé à la rivière, ne disposant pas encore de tous ses moyens, et n’ayant de retraite possible que par un seul point. C’est le principal résultat qu’on puisse se proposer dans la défense des petites rivières.

    Il ne consiste plus tant à interdire le passage au gros de l’ennemi, qu’à profiter de ce qu’il est très à l’étroit dans le moment qui suit son passage. La quantité de routes dont il dispose pour sa retraite donne au défenseur une réelle supériorité, tandis que l’assaillant ne peut que rentrer dans l’œuf d’où il est sorti. Malheureusement, Beaulieu, nous l’avons vu, ne pouvait précisément pas jouir de cet avantage (En revanche, la place de Peschiera était une sérieuse garantie pour son aile droite et pour sa ligne de retraite).

    Le fractionnement et la dispersion des forces sont moins excusables encore dans la défense des rivières moyennes, comme le Mincio, que dans celle des grands fleuves. Ici surtout, ayant à défendre un front si peu étendu, ils étaient absolument à éviter. L’armée, sauf la garnison de Peschiera et une chaîne de petits postes, devait être rassemblée en un point unique, et ce point aurait été judicieusement choisi vers Oliosi, où Mélas se trouvait avec la réserve.

     

    A notre avis, il convenait de prendre les dispositions suivantes pour la défense du Mincio :
    1° – Retirer tous les avant-postes de la rive droite ;
    2° – Couper tous les ponts ;
    3° – Donner à Peschiera une garnison d’environ 2000 hommes ;
    4° – Avoir sur le Mincio une chaîne de postes comptant 2000 hommes environ ;
    5° – Détacher à Goïto 4000 à 5000 hommes de la garnison de Mantoue ;
    6° – Choisir pour le gros, soit 10000 à 12000 hommes, un emplacement voisin d’Oliosi.

    Nous verrons quelles mesures toutes différentes prit Beaulieu, quels en furent les résultats, et ceux qu’auraient donnés les dispositions que nous venons d’indiquer.

     

    A la fin de mai, comme nous l’avons dit, Bonaparte s’était porté par Brescia sur le Mincio avec les trois divisions Masséna, Augereau et Sérurier, et la réserve de cavalerie de Kilmaine.

    Le 29 mai, Kilmaine était à Castiglione, Augereau à Dezenzano, Masséna à Montechiaro, Sérurier à Monza.

    Bonaparte envoya un petit détachement vers Salo, comme pour menacer d’un mouvement vers Riva et le Tyrol, et de manière à attirer les forces autrichiennes de ce côté, mais ce fut sans grand effet. Ses troupes se mirent en marche le 30 mai à 2 heures du matin vers le Mincio, Kilmaine, Sérurier et Masséna sur Borghetto, Augereau sur Monzambano et Peschiera. Les premiers devaient forcer le passage à Borghetto, et Augereau chercherait à intervenir plus en amont, soit pour couper réellement la retraite sur Castelnovo, soit pour menacer seulement de le faire.

    Le général autrichien Beaulieu se trouvait alors au quartier général de San-Giorgio, sérieusement indisposé. Il semble qu’il en soit résulté un grand défaut d’unité, une sorte de désarroi dans la conduite de son armée. Il s’ensuivit, d’après la relation autrichienne, qu’à la nouvelle de l’arrivée des Français, on passa du fractionnement déjà excessif, dont nous venons de parler, à une défense uniforme de tout le cours du Mincio, pour laquelle on égrena aussi bien la réserve de Mélas que le centre de Sebottendorf.

     

    Le 29 au soir, ils étaient dispersés de la façon suivante :
    1° A Salione. 2 bataillons 2/3
    2° En face de Monzambano. 3 bataillons
    3° A Oliosi. 1 bataillon
    4° Casa Borosina. 1 bataillon
    5° Valeggio 1bataillon 10 escadrons, qui fournirent les avant-postes.
    6° Borghetto. 1bataillon
    7° Campagnola (en aval de Borghetto). 2 bataillons 7 escadrons
    8° Pozzolo. 1 bataillon
    Total : 12 bataillons 17 escadrons.

     

    Il semble, en outre, que pour tenir tout le cours de la rivière, on ait subdivisé chacun de ces détachements par compagnies et par pelotons, tandis que l’artillerie fut égrenée pièce par pièce tout le long de la rivière. On prépara aux ponts de Borghetto et Goïto des dispositifs de mine, mais on ne les fit pas sauter, car on avait laissé tous les avant-postes sur l’autre rive.

    Rien d’étonnant dès lors à ce que le point essentiel, c’est-à-dire le pont de Borghetto, où les Français ne manquèrent pas de se présenter, ne fut tenu que par 1 bataillon et 1 pièce.

    Encore ce bataillon avait-il détaché une compagnie dans la partie du village située sur la rive droite, pour recueillir les avant-postes. De plus, il avait envoyé une, puis deux compagnies à l’endroit où le Mincio était guéable.

     

    Le 30, vers 7 heures du matin, le général Kilmaine rejeta en désordre sur Borghetto les 3 escadrons autrichiens qui se trouvaient aux avant-postes devant ce village, et au secours desquels on avait encore envoyé de la rive gauche quelques pelotons ; il prit plusieurs canons. Les Autrichiens eurent à peine le temps, pour empêcher l’ennemi de passer, de jeter à l’eau les madriers du pont.

    Cela ne paraît pas s’être fait sans quelque désordre, car une partie de la cavalerie dut chercher à passer par le gué à la défense duquel on avait affecté une compagnie. Celle-ci attira naturellement l’attention des Français, et, comme ils ne pouvaient se servir du pont, le colonel Gardanne se jeta dans la rivière avec une partie des grenadiers. Ils passèrent en tenant leurs fusils au-dessus de leurs têtes, et ayant de l’eau jusqu’aux aisselles.

    Les Autrichiens avaient aussitôt envoyé une seconde compagnie, mais ni l’une ni l’autre ne paraissent avoir fait une grande résistance.

    Naturellement l’unique pièce qui se trouvait près du pont fut bientôt réduite au silence. Il n’est pas surprenant que la localité même de Borghetto ait été évacuée, et qu’on n’ait pas empêché longtemps les Français de rétablir le pont.

    Les Autrichiens se replièrent sur le Monte Bianco et de là sur Valeggio. La pointe de l’avant-garde française en vint aux mains dans ce village même avec les Autrichiens en retraite.

    La cavalerie autrichienne parvint cependant à se donner un peu d’air par quelques belles charges.

    Bonaparte ne poursuivit pas bien vivement au début. D’abord il n’avait que peu de troupes avec lui, et s’occupait de faire rétablir le pont. Peut-être aussi ne lui déplaisait-il pas que le centre autrichien s’attardât un peu de ce côté, parce qu’Augereau, plus en amont, pouvait gagner le temps de pousser de l’avant et d’arriver à la route de Castelnovo (*).

     

    Pendant que les postes autrichiens de Borghetto, Valeggio et Oliosi se rassemblaient et tenaient tête aux Français sous la direction du général comte Hohenzollern. Mélas avait, par ordre de Beaulieu, replié les postes qu’il avait à Salionze et en face de Monzambano ; puis il avait commencé sa retraite sur Castelnovo, envoyant de là, à Hohenzollern, l’ordre de le rejoindre.

    Liptay avait reçu de Beaulieu, dès le matin, l’ordre de se retirer, et il s’y préparait, quand, dans l’après-midi il fut attaqué par Augereau. Le général Liptay se jeta avec quelques cavaliers sur la pointe de la colonne française, la repoussa, arrêta ainsi Augereau et gagna le temps de se retirer sur Castelnovo ; il y entra à la nuit tombante en même temps que le comte Hohenzollern. Tous deux continuèrent leur retraite dans la nuit, suivirent Mélas, passèrent l’Adige à Dolce sur un pont de bateaux et arrivèrent à Bussolengo.

     

    Dans l’attaque de Borghetto, Beaulieu tomba presque aux mains des Français dans ce même San-Giorgio, où, quelques heures après, par une coïncidence curieuse, le général français, également indisposé, courut le même danger.

    Bonaparte, avec la division Sérurier, avait suivi son avant-garde, commandée par Kilmaine, sur la route de Castelnovo. Remarquant que les Autrichiens ne tenaient plus nulle part, il rejoignit la division Masséna vers San-Giorgio, près de Borghetto, où il essaya de se délivrer par un bain de pieds d’un affreux mal de tête.

    L’aile gauche autrichienne, sous Sebottendorf et Colli, était restée sans nouvelles jusqu’à midi. Voyant le feu cesser du côté de Borghetto, Sebottendorf partit alors en reconnaissance sur San-Giorgio avec un escadron, et il y surprit si bien Bonaparte, que la garde eut à peine le temps de fermer la porte cochère, et que Bonaparte s’échappa par une porte de derrière, un pied chaussé et l’autre nu (C’est à partir de ce moment que Bonaparte forma la compagnie des guides, destinée à sa protection personnelle, et commandée par Bessières).

    Sebottendorf rassembla au plus vite ses 3 bataillons et ses 7 escadrons, et crut devoir d’abord tenter une attaque sur Valeggio. Il avait l’intention de venir en aide à Beaulieu, mais il se rendit compte bien vite qu’il n’y avait plus à y penser, et le soir il fit sa retraite sur Villafranca. Il la continua dans la nuit par Sonna sur Bussolengo, où son infanterie passa l’Adige en bateau, la cavalerie ayant été dirigée de son côté sur Castelnovo.

    Naturellement, Colli fut au courant de la situation plus tard encore, que Sebottendorf. Lui aussi essaya d’abord de marcher avec tout son monde sur Valeggio. Mais dès qu’il eut constaté la retraite de Beaulieu, il renvoya son infanterie à Mantoue. Quant à lui, il se porta avec sa cavalerie sur Castelnovo par Villafranca. Il arriva à la nuit et se réunit à Hohenzollern et Liptay.

     

    Les pertes des Autrichiens sont évaluées dans leur relation à 600 hommes et 4 pièces de canon.

     

    Les causes de leur insuccès sont trop évidentes pour qu’il y ait lieu de les détailler. Ce n’est que dans des circonstances particulièrement favorables, et en des points déterminés, qu’on peut tenter de défendre directement la berge d’une rivière ; ce n’est jamais sur toute l’étendue d’une ligne de défense.

    Sur le Mincio, qui n’est guère, au point de vue de la largeur, qu’une rivière de troisième ordre, c’est une chose inexcusable. Quand on en arrive au point de n’avoir plus à l’endroit le plus important, comme ici à Borghetto, qu’un bataillon et une pièce isolée, il est permis de dire au sens le plus strict du mot qu’on a oublié l’ABC de la guerre. Il est, en effet, élémentaire au possible de savoir qu’une pièce de canon employée seule contre une colonne ennemie, sera écrasée par la supériorité du feu, et comptera pour rien. D’ailleurs, il est douteux que l’indisposition de Beaulieu ait été pour quelque chose dans la conception de ces ordres, car ils étaient bien dans l’esprit de ce qui avait été fait jusque-là.

    Au contraire, on pourrait être tenté de croire que c’est l’indisposition du général français qui l’a empêché de mieux profiter de cette rupture de la ligne autrichienne pour couper l’aile gauche. On aurait pu s’attendre, du moins, à ce qu’il en dît quelque chose dans ses mémoires.

    Quoi qu’il en soit, il est certain que nous ne trouvons pas ce jour-là cette ardeur à tirer parti des avantages obtenus, dont l’invention, pour ainsi dire, appartient à Bonaparte.

    Il fit avancer le 3 juin la division Masséna sur Vérone. Il se porta devant Mantoue avec les divisions Sérurier et Augereau, s’empara le 4 du fort Saint-George et bloqua la place sur ses cinq avenues.

    Masséna poursuivit le général Beaulieu dans la vallée de l’Adige jusqu’à Rivoli. Puis le général autrichien se retira jusqu’à Caliano, entre Trente et Roveredo.

    Cette fois encore, les Autrichiens ne renoncèrent pas à se disperser en une multitude de détachements, allant à droite jusqu’aux Grisons, à gauche jusqu’à la vallée de la Brenta.

     

    (*) Le 30, Augereau devait se porter dans la direction de Peschiera. Pour attirer l’ennemi de ce côté, il devait s’avancer jusqu’à un petit lac situé à 3 kilomètres de cette ville. Arrivé là, il tournerait brusquement à droite vers Castellaro, et se porterait sur la rive gauche du Mincio à la suite de Kilmaine. Cet ordre fut ponctuellement exécuté.

    Le 31, Augereau fut chargé de remonter de Valeggio sur Peschiera, et de prendre cette ville. Kilmaine devait poursuivre l’ennemi sur la route de Castelnovo, et Masséna se portait plus à l’est. Il était recommandé à Kilmaine de protéger Augereau contre un retour offensif de Beaulieu. Augereau était en arrière, et non en avant de Kilmaine.

    En résumé, Bonaparte voulait non pas couper Beaulieu du Tyrol, mais l’y refouler. Désireux de se porter par Innsbrück à la rencontre de Moreau, il ne voulait pas laisser d’ennemis en Vénétie. La mollesse de la poursuite du 30 s’explique tout naturellement parce que les Français avaient fait une grande marche de nuit avant le combat, et ne pouvaient recommencer à faire cinq ou six lieues dans la journée. Clausewitz ne réfléchit pas que, le 29 au soir, Augereau et Masséna étaient sur la Chiese.

     

     

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