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    Le combat de Reichenbach

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – Charles-Nicolas Beauvais – 1820

    Le lendemain du combat de Wurschen, le 22 mai, à quatre heures du matin, l’armée française se mit en mouvement pour suivre l’ennemi sur les deux routes par lesquelles Allemagne il avait effectué sa retraite.

    Le douzième corps seul resta dans les environs de Nieder-Kayna pour observer les mouvements du corps de Bulow, qui, après avoir abandonné le blocus de Magdeburg, s’était retiré sur Berlin avec le corps russe de Woronzow, pour couvrir cette capitale.

    L’aile droite de l’armée combinée se porta par la route de Weissenberg à Reichenbach. Elle suivit le chemin de Menzelsdorff, Kœnigshayn, Ebersbatch et Ludwigsdorf, où elle passa la Neisse et prit position. L’aile gauche vint de Lobau à Reichenbach, passa la Neisse à Gorlitz, où elle prit également position.

    Miloradowitch, formant l’arrière-garde de l’armée russe, ayant déployé ses troupes sur les hauteurs entre Reichenbach et Markersdorf, l’Empereur Napoléon envoya contre lui le septième corps, qui n’avait pas donné la veille, et il le fit soutenir par la cavalerie du général Latour-Maubourg. Le combat s’engagea d’abord très vivement sur tout le front du septième corps.

    L’ennemi ayant ensuite fait avancer quelque cavalerie dans la plaine de Reichenbach, l’Empereur la fit charger par les lanciers polonais et par les lanciers rouges de la garde. La cavalerie russe fut forcée de plier, mais Miloradowitch la fit soutenir par les divisions qui lui restaient.

    L’Empereur, de son côté, fit avancer le corps de Latour-Maubourg. Après plusieurs charges brillantes exécutées par les cuirassiers français et par la cavalerie saxonne, l’arrière-garde russe fut décidément enfoncée et forcée de quitter le champ de bataille.

    Le général Reynier suivit l’ennemi jusqu’au village de Heltendorf. Dans cette affaire, le général Bruyères, officier de cavalerie de la plus haute distinction, eut les deux jambes emportées d’un coup de canon.

    A la fin de l’action, un boulet ennemi vint frapper sur une hauteur en arrière du septième corps, le grand-maréchal du palais, Duroc, et le général de génie Kirgener. Ce dernier fut tué sur le coup, le maréchal Duroc survécut encore douze heures. L’Empereur Napoléon perdit en lui un sujet dévoué et un ami fidèle

    Un écrivain allemand, qui, sous les dehors de l’impartialité, laisse souvent percer des dispositions peu favorables à Napoléon, rapporte le fait suivant, sous la date du 10 août, au moment de la rupture de l’armistice, et deux mois et demi après la mort du grand maréchal :

    « Pendant la marche de Reichenbach à Gorlitz, Napoléon s’arrêta à Markersdorff, et montra au roi de Naples l’endroit où Duroc était tombé. Il manda la propriétaire de la petite ferme où le grand-maréchal était mort, et lui assigna la somme de vingt mille francs, dont quatre mille francs pour un monument en l’honneur du défuut, et seize mille francs pour le propriétaire de la maison, mari et femme. La donation fut accomplie dans la même soirée en présence du curé et du juge de Markersdorf. L’argent fut compté devant eux, et ils furent chargés de faire ériger le monument ». (Campagne de Saxe, en 1813, par le baron d’Odeleben, témoin oculaire).

    Cette affaire accessoire fut accélérée avec tout l’empressement et toute l’exactitude possibles, par un adjudant et par quelques individus de la maison de Bonaparte, au milieu de l’embarras et des mouvements du quartier-général.

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