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    La défense de Na-Cham (Tonkin)

    D’après « Les Hauts faits de l’armée coloniale » – F. Bertout de Solières – 1912

    Les Chinois avaient décidé d’enlever le poste de Na-Cham, important gîte d’étapes, dont le commandant, le sous-lieutenant Joseph, était alité par suite d’accès violents de fièvre.

    Le 20 mai 1886, ils se réunissent à trois kilomètres du poste et, sûrs de leur victoire, ils font des sacrifices à Bouddha. Pendant la cérémonie, très absorbés et quelque peu enivrés, par le schum-schum (eau-de-vie de riz) dont ils avaient largement usé, les rebelles ne virent pas dans les brousses, se dirigeant sur Na-Cham, un convoi venant de Lang-Son, sous la direction du sous-lieutenant Cabasse.

    Dès qu’il fut entré dans le poste, le lieutenant Cabasse prit le commandement. Toute la nuit, la petite garnison fait des travaux de défense, le mur d’enceinte est renforcé, des tonneaux, des caisses, des sacs de farine sont empilés. Tout ce qu’on trouva fut utilisé pour augmenter les moyens de résistance.

    Vers trois heures du matin, les Chinois arrivent sans bruit.

    A 100 mètres du fossé, ils s’élancent en hurlant, persuadés qu’ils vont d’un bond franchir la palissade et surprendre les défenseurs endormis. Aucune sentinelle ne les avait signalés, leur confiance était extrême.

    Ils avaient à peine parcouru quelques mètres que des feux de salves successifs partent du fortin, en jettent une centaine à terre et arrêtent complètement l’élan des autres consternés de cette riposte inattendue.

    Rapidement, ils retournent en arrière et vont se masser sur une élévation dominant la place, d’où ils font pleuvoir sur les défenseurs une grêle de projectiles. Cabasse se multiplie, il anime ses hommes, les encourage.

    Tout-à-coup, il reçoit une balle au poignet qui va se loger ensuite dans le gras du bras. Après un pansement sommaire, il revient au rempart et active la défense, mais il a trop compté sur ses forces. Il s’évanouit un instant par suite de la perte du sang qui continue à couler de sa blessure.

    Pendant ce temps, ses soldats repoussent un deuxième assaut. Le lieutenant Cabasse revenu à lui, se fait asseoir sur un tonnelet au centre du poste et tranquille, allume sa pipe qu’il fume consciencieusement, narguant les Chinois qui le prennent comme cible.

    Heureusement, voyant l’inutilité de leurs efforts, le nombre considérable de leurs morts et de leurs blessés, les Chinois se retirent bientôt sur Dong-Lam, poursuivis par les feux nourris de la vaillante garnison.

    Nous n’avions que 4 hommes tués et 18 blessés. Le lieutenant Cabasse fut fait chevalier de la Légion d’Honneur à la suite de ce brillant fait d’armes.

     

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