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     Le 18 mai 1794 – La bataille de Tourcoing dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-tourcoing-150x150

     

    La bataille de Tourcoing

    D’après « Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu’en 1815 » – Louis-Eugène d’Albenas – 1820

     

    Au mois d’avril 1794, les alliés s’étant aperçus des projets de Pichegru sur la Flandre, résolurent de les faire échouer en coupant les communications sur Lille aux cinquante mille hommes que commandaient les généraux Souham et Moreau, et qui occupaient Menin et Courtrai.

    Les forces réunies des Autrichiens et des Anglais, sur ce point, s’élevaient à près de quatre-vingt dix mille hommes.

    L’empereur François, que le refus du duc d’York de servir sous le prince de Cobourg avait appelé à l’armée coalisée, était arrivé à Tournai. Ce fut alors que le conseil des généraux alliés prit la résolution de marcher à l’armée française.

    Le général Clairfait, déjà battu par les Français, occupait la position de Thielt. Il reçut l’ordre de se porter en avant par Warwick, et de couper la route de Lille à Courtrai. Le duc d’York partit des environs de Tournay, et marcha sur Lannoi et Tourcoing dans un semblable dessein.

    Le prince Charles, alors sous les ordres du prince de Cobourg, partant également de Tournay, fit un détour, et par Pont-à-Marque et Bouvinne, se porta sur la division du général Bonneau, qui occupait le camp de Sainghin, afin de la rejeter sur Lille, et de l’empêcher de maintenir les communications avec Courtrai. Une autre colonne, débouchant par Espierre, devait attaquer les Français dans leurs positions de Moëscroen déjà célèbre par un combat qui s’y était livré le 29 avril dernier.

    Attaqués ainsi de tous côtés par des forces imposantes, les Français ne pouvaient, selon l’opinion des ennemis, résister au choc, et ce qu’ils appelaient leur plan de destruction leur paraissait d’une exécution immanquable.

    Un autre motif augmentait encore la confiance qu’ils avaient en ce plan. Pichegru, commandant l’armée française, avait quitté son aile gauche pour aller sur la Sambre diriger les opérations de l’aile droite, dont les attaques n’avaient pas été heureuses.

    Son absence leur parut d’un favorable augure.

    Ils apprirent, à leurs dépens, que plus d’un général français avaient les talents d’un général en chef. Les généraux Souham et Moreau, instruits des mouvements de l’armée ennemie, quittèrent leurs positions, et se portèrent sur Tourcoing, pour conserver leur communication avec Lille.

    Le 17 mai, les troupes alliées qui se por- tèrent sur Moëscroen furent reçues à la baïonnette, et repoussées au loin. Le général Clairfait, au lieu d’arriver le 17 sur la route de Courtrai à Lille, n’arriva à Lincelles que le 18, ayant éprouvé une vive résistance au pont de Warwick sur la Lys, et par cela même ne put faire sa jonction le 17 avec le duc d’York, qui était arrivé à Tourcoing ce jour-là.

    Le général Souham profita de la faute de Clairfait, afin de faire parvenir ses instructions au général Bonneau ; et trouvant libre la route de Menin à Lille, il se porta sur Tourcoing.

    Le 18 au matin, le général Moreau resta sur la route de Menin à Lille, afin d’y tenir Clairfait en échec. Le général Souham marcha sur Tourcoing, et le général Bonneau, après avoir laissé quelques troupes devant le prince Charles, se porta vers Lannoi, derrière et sur le flanc droit du duc d’York.

    Le général Moreau attaqua, dès le matin, le général Clairfait dans sa position de Lincelles. Les Autrichiens, plus nombreux, repoussèrent d’abord les Français. Mais ceux-ci ayant pris une nouvelle position, s’y maintinrent toute la journée avec opiniâtreté.

    Le général Souham emporta Tourcoing de vive force, et prolongeant sa gauche, il menaça le flanc droit des Anglais. Ceux-ci, pris à dos en même temps par le général Bonneau, se battirent avec un grand courage, et résistèrent longtemps à l’effort de nos troupes.

    Mais enfin enfoncés de toutes parts, et craignant pour leur retraite, ils furent mis dans une épouvantable déroute. Le duc d’York lui-même manqua être pris, et ne dut son salut qu’à la vitesse de son cheval et au courage d’une compagnie hessoise, qui, seule encore, soutenait la retraite.

    Le général Clairfait, apprenant que les Français s’étaient emparés de Tourcoing, se retira précipitamment dans sa position de Thielt, et le prince Charles, craignant d’être compromis à Sainghin, rétrograda sur Tournay, où déjà le corps du duc d’York avait porté l’alarme et causé le départ de l’empereur pour Bruxelles.

    Dans cette journée, qui couvrit de gloire le général Souham et commença à faire distinguer le général Moreau, les alliés perdirent une grande quantité de bagages, soixante pièces de canon, deux drapeaux et quinze cents prisonniers.

    L’impossibilité où s’était trouvé Clairfait d’arriver vers le 17 à Lincelles, ou son imprévoyance, la faute que fit le prince Charles de ne point suivre Bonneau en culbutant le faible corps que ce général avait laissé près de Sainghin, les habiles dispositions du général Souham, et la bravoure française, furent les causes qui firent perdre la bataille aux alliés.

     

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