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     Le 14 mai 1810 – La prise de Lérida dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-prise-de-lerida-150x150

     

    La prise de Lérida

    D’après « Trophées des armées françaises depuis 1792 jusqu’en 1815…. Guerres d’Espagne et de Russie » – Pierre-François Tissot – 1819

    Après avoir battu l’ennemi dans les champs de Vich, Suchet se porta sous les murs de Lérida, qu’il investit, et dont il forma le siège.

    Il y fut attaqué le 23 avril par quinze mille hommes aux ordres du général O’Donell, et le feu commença vers deux heures après-midi. Le colonel Burthe, du 4e régiment de hussards, culbuta l’avant-garde espagnole, et força plusieurs des corps qui la composaient à mettre bas les armes. Le général Robert était chargé d’observer les mouvements de la garnison. Il la vit s’ébranler pour prendre part au combat mais il la contint, et elle n’en fut que spectatrice.

    Voulant venger la défaite de son avant-garde, l’ennemi déploya toutes ses forces, et tenta de frapper un grand coup. Il fut chargé de front par le général Musnier, et pris à dos par le général Broussard. Parfaitement exécutée, cette double attaque fut le signal de la victoire. En un instant, toute l’infanterie espagnole se vit en pleine déroute, et la cavalerie, qui essaya de la protéger, partagea son sort.

    Suchet se loue particulièrement du 4e régiment d’hussards et du 13e de cuirassiers.

    L’ennemi laissa le champ de bataille couvert de ses meilleures troupes. Il perdit indépendamment six mille hommes, qui furent à l’instant même dirigés sur la France. On distingua parmi eux, le major Dupaty, huit colonels et deux cent soixante-et-onze officiers.

    Cette victoire mit le général Suchet à même de presser plus vivement le siège de la place. Ce siège fut entrepris et suivi dans toutes les règles, malgré la résistance des assiégés et les outrages de l’intempérie.

    Le colonel Haxo ouvrit la tranchée, et le 7 mai, cinq batteries canonnèrent sans interruption la ville et le fort. Le 12 au soir, un magasin d’obus du château nous ouvrit, en sautant, deux brèches praticables, dont nous profitâmes à l’instant même. Le général Vergès se porta contre le plateau de Garden, et le général Buzet contre le grand ouvrage à corne qui couvrait ce plateau. Cette double opération n’eut qu’un même résultat, la prise de tous les ouvrages attaqués.

    Le lendemain 13, tous les efforts des assiégeants se tournèrent contre la ville. Nos batteries recommencèrent leur feu roulant, et bientôt deux larges brèches servirent de champ de victoire au général Habert. Il s’y précipita, et l’armée le suivit.

    Un combat épouvantable s’engagea sur le sommet des murs ; l’ennemi lâcha pied ; la porte de la Madelaine fut brisée à coups de canon, et nous entrâmes dans la ville. Elle nous était toujours vivement disputée. Mais le général Harispe attaquant, avec le 116e régiment, la tête de pont située sur la rive gauche de la Sègre, nous rendit maîtres du pont, du quai et des quartiers environnants.

    Malgré le feu du château, qui semblait devoir anéantir la ville, Suchet ne donna pas de relâche aux habitants. Et, pour éviter la guerre de maisons, ordinairement si funeste à tous les partis, il les rejeta jusque dans le château même. Leur présence embarrassa l’ennemi, qui les reçut. Les rues, les places, les cours en furent encombrées, et nos projectiles, éclatant au sein de cette multitude de vieillards, de femmes et d’enfants, y portèrent l’épouvante, le désordre et la mort.

    Cet affreux état ne pouvait durer. Le château se rendit dans la journée du 14. La garnison posa les armes, et cinq cents pièces de canon furent le prix des travaux du vainqueur.

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