•  

     Le 10 mai 1796 – La bataille du pont de Lodi dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-du-pont-de-lodi-150x150

     

    La bataille du pont de Lodi

    D’après « Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu’en 1815 » – Louis-Eugène d’Albenas – 1818

     

    Les combats de Fombio et de Casal avaient prouvé à Beaulieu qu’il ne pouvait prendre trop de précautions pour résister à l’armée française.

    Aussi, découvrant Milan et Pavie, il s’était hâté de passer l’Adda à Lodi, et de mettre ce fleuve entre lui et ses terribles ennemis. Il fit garder cette ville par un bataillon, plaça à la tête du pont, sur la rive gauche, le général Sebottendorf, avec dix mille hommes, et envoya une colonne sur Pizzighitone pour surveiller ce point, tandis que le général Colli gardait le passage de l’Adda à Cassano.

    Mais il était dans la destinée du général autrichien de ne prendre que des précautions inutiles, et d’être trompé par Bonaparte dans toutes les circonstances.

    Beaulieu eût mieux fait de couper le pont de Lodi ; mais il ne désespérait pas de tenir sur l’Adda. Il attendait de jour en jour des renforts qui lui étaient annoncés, et il ne voulait pas se priver d’un passage commode sur ce fleuve, au cas où il reprit l’offensive. Il allait se repentir bientôt de son trop de confiance.

    Le général français avait déçu son ennemi en faisant mine de passer le Pô, là où cet ennemi s’était retranché avec toute ses forces, et en exécutant le passage sur un point indéfendu. A Lodi, il le déçut encore en passant l’Adda sur le point le plus redoutable ; et ce fleuve, qui, trois ans après, nous fut si funeste sous Moreau, à Cassano, allait être témoin d’un des plus beaux faits d’armes qui aient illustré l’armée française.

    Bonaparte pouvait entrer à Milan sans obstacle depuis la retraite de Beaulieu. Mais il savait alors se défier de ces triomphes de la vanité, plus brillants que solides, et il retarda son entrée dans cette capitale de la Lombardie jusqu’après une nouvelle bataille à laquelle il voulait engager l’armée ennemie, lui qui, plus tard, devait sacrifier son armée à la puérile satisfaction de dater quelques décrets d’une capitale nouvelle.

    Par des mouvements habilement combinés, il menace toute la rive de l’Adda devant l’armée autrichienne, et, tout-à-coup, par une marche de nuit, il se porte sur Lodi, où il arrive à neuf heures du matin. Le bataillon commis à la garde de la ville est bientôt repoussé, et les Français arrivent au pont sur le fleuve.

    Les Autrichiens étaient en bataille sur la rive opposée. Trente pièces de canon de position, serrées les unes contre les autres, enfilaient et croisaient leurs feux sur ce pont, de cent toises de longueur. Une véritable grêle de mitraille et de mousqueterie écrasait toute la rive droite.

    Deux pièces de canon, seulement, étaient avec notre avant-garde. Mais Bonaparte ne voulant pas perdre de temps, les fit placer lui-même en face du pont, et tirer sur l’ennemi jusqu’à ce que les divisions Massena et Augereau fussent entièrement arrivées.

    Il fait alors former des bataillons de tous les grenadiers, les met en colonne serrée, le 2e bataillon de carabiniers en tête ; en donne le commandement à Massena. Tous les tambours battent la charge, et la formidable colonne s’élance sur le pont, au cri victorieux de vive la république ! La mitraille jonche bientôt de cadavres toute la largeur du pont.

    Malgré l’audace des Français, leur mouvement se ralentit. Un moment d’hésitation eût tout perdu : les généraux Massena, Berthier, Cervoni, Dallemagne, le chef de brigade Lasnes, et le chef de bataillon Dupas le sentent. Ils se précipitent à la tête de la colonne, décident le sort encore en balance, et le pont est franchi.

    Tout ce qui s’oppose à la terrible colonne est culbuté, l’artillerie des Autrichiens est enlevée, tournée contre eux-mêmes. Epouvantés d’une telle audace, ils fuient de tout côté pour éviter la mort, abandonnant leurs bagages et toute leur artillerie. Les généraux Augereau, Rusca, et Beyrand, arrivent et achèvent de décider la victoire. C’en était fait de ce corps de dix mille hommes, si la cavalerie, qui avait été obligée de faire un grand détour pour passer à gué, eût pu arriver à temps et poursuivre les fuyards.

    « Si j’étais tenu de nommer tous les militaires qui se sont distingués dans cette journée extraordinaire, dit Bonaparte dans son rapport au directoire, je serais obligé de nommer tous les carabiniers et grenadiers de l’avant-garde, et presque tous les officiers d’état-major. Mais je ne dois pas oublier l’intrépide Berthier, qui a été dans cette journée canonnier, cavalier et grenadier ; les aides-de-camp Marmont et Lemarois, le général Sugny, commandant l’artillerie, l’adjudant-général Monnier, l’aide-de-camp du général Massena, Reille, et l’adjudant-major du 3e bataillon de grenadiers, Thoiret, se sont particulièrement distingués ».

    Notre infanterie, accablée de fatigue d’une marche de dix lieues et d’un combat aussi meurtrier, prit position en avant de Lodi, et notre cavalerie, pendant la nuit, suivit jusqu’à Crema l’ennemi qui se retirait sur Mantoue.

    Beaulieu n’espérant plus l’offensive, défendit faiblement le passage de l’Oglio, et réunit son armée derrière le Mincio, sous les fortifications de cette place, afin d’y attendre les renforts qui lui étaient annoncés.

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso