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     Le 8 mai 1863 – Le combat de San Lorenzo dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-de-san-lorenzo-150x150

     

    Le combat de San Lorenzo

    D’après « Histoire de la guerre du Mexique, 1861 à 1866 » – Émile de La Bédollière – 1866

    Les Mexicains s’étaient retranchés sur le mamelon de San Lorenzo, d’où le général en chef confia au général Bazaine le soin de les déloger, et ce hardi coup de main, exécuté avec autant de coup d’œil que d’entrain, sera une des pages les plus glorieuses de l’histoire de notre expédition.

    Six bataillons, une batterie d’artillerie de la garde et trois escadrons de cavalerie, choisis dans les divers régiments, bivouaquèrent le 7 au soir en groupe à un kilomètre derrière le camp, et se mirent en marche le 8, à deux heures du matin, pour opérer de nuit le mouvement tournant qui devait cerner et prendre l’ennemi au point du jour.

    Il n’y eut pas un instant de retard, pas une faute. Au moment désigné, les troupes étaient aux places indiquées : au premier rayon du jour, on mit le feu aux pièces. Ce fut pendant une heure une lutte formidable d’artillerie ; mais à travers les boulets et les obus, l’infanterie, divisée en trois colonnes, marchait toujours vers le sommet de San Lorenzo.

    A 150 mètres environ, le général Bazaine donne le signal de l’assaut, et les Turcos et le 3e zouaves tombent au milieu des lignes ennemies avec ces cris stridents qui accompagnent partout leur victoire.

    Pas de coups de fusil ; c’est un combat à la baïonnette qui fait des Mexicains un effroyable carnage ; plus de 800 restèrent morts sur le terrain. A sept heures, tout était terminé. Nous occupons toute la position, ayant en notre pouvoir 32 voitures de farine et maïs, 2 voitures de poudre, 8 canons rayés et 3 drapeaux.

    Cette victoire avait assez d’importance pour que la nouvelle en fût immédiatement transmise en France par le général Forey. Sa dépêche, qu’un courrier remit au colonel commandant supérieur de la Vera-Cruz, était adressée au maréchal ministre de la guerre.

    Monsieur Le Maréchal,
    Depuis plusieurs jours, Comonfort avait pris de fortes positions à trois lieues d’ici, dans la direction de Tlascala, cherchant à faire entrer un convoi dans Puebla.
    Je résolus de le tourner par sa droite, et je chargeai le général Bazaine de cette opération, dont j’attendais un succès complet.
    En effet, cette nuit à deux heures, le général Bazaine, avec quatre bataillons d’infanterie, quatre escadrons de cavalerie et huit pièces d’artillerie, partit du camp pour essayer de surprendre l’armée de Comonfort aux environs de San Lorenzo. Ainsi que je l’avais prévu, le succès a couronné cette opération. L’ennemi a été complètement battu. Nous avons pris huit canons rayés avec leurs attelages et leurs caissons, trois drapeaux, sept fanions ; les pertes de l’ennemi sont estimées à 2500 hommes tués, blessés ou prisonniers ; parmi ces derniers, on compte 25 officiers de tous grades, en outre, 20 voitures, dont 3 d’artillerie, et 200 mulets environ sont restés entre nos mains.
    Je ne connais pas encore le chiffre de nos pertes ; le général Bazaine, par un premier aperçu, les estime à 40 tués et 40 blessés.
    Je suis avec respect, etc…
    Le général commandant en chef, Foret.

     

    Le rapport officiel, dont les lignes précédentes ne sont que le sommaire, était ainsi conçu :

    Le général commandant en chef l’armée du Mexique
    à S. Exe. le ministre de la guerre.

    Cerro San Juan, le 18 mai 1863.

    Monsieur Le Maréchal,

    J’ai l’honneur de rendre compte à Votre Excellence du combat qui a eu lieu le 8 de ce mois à San Lorenzo.

    Depuis longtemps je suivais les mouvements de Comonfort, espérant trouver une occasion favorable de l’aborder vigoureusement. Les troupes du général mexicain étant restées, jusqu’aux premiers jours de ce mois, dispersées sur plusieurs points entre Puebla et San Martin d’un côté, entre Puebla et Tlascala d’un autre côté, il ne pouvait résulter aucun succès définitif d’une attaque partielle sur un de ces points, qui n’eût abouti qu’à donner l’éveil sur les autres.

    Mais, le 5 mai, un mouvement de concentration du corps mexicain se prononça, et sa cavalerie s’avança jusqu’à San Pablo del Monte pour tâter le terrain. L’intention de Comonfort était évidemment de chercher à percer notre ligne d’investissement pour faire arriver un convoi à la garnison, qui, de son côté, fit ce jour-là une sortie pour lui tendre la main.

    Cette tentative ayant échoué, le général mexicain restant toujours sur la route de Tlascala, vis-à-vis de San Pablo, étendit sa droite sur le plateau de San Lorenzo, dont il fit un point d’appui, où il amena du canon et se fortifia, espérant sans doute s’emparer des hauteurs du Cerro de la Cruz, battre de ce point notre ligne d’investissement en même temps qu’il eût fait un effort sur San Pablo del Monte, et réussir à jeter son convoi dans la place.

    En effet, le 6, il parut vouloir mettre ce projet à exécution. Des masses d’infanterie se blottirent dans les harrancas qui séparaient les deux armées, attendant sans doute l’effet de l’artillerie de San Lorenzo pour assaillir le Cerro de la Cruz. Mais ces hauteurs furent fortement occupées par le général Marquez, renforcé par quelques-unes de nos troupes. L’artillerie ennemie fut contre-battue avec succès par la nôtre, qui débusqua l’infanterie mexicaine des harrancas où elle était massée, et ce fut encore, de la part de l’ennemi, une tentative avortée.

    La journée du 7 se passa, de son côté, à mieux combiner ses projets, à se retrancher fortement sur le plateau de San Lorenzo, méditant sans doute un coup décisif prochain. De mon côté, je jugeai le moment favorable au dessein que j’avais formé d’assaillir le corps de Comonfort dès qu’il serait assez concentré pour espérer obtenir un succès important en le détruisant, et j’arrêtai les dispositions pour attaquer l’ennemi le 8 au matin, en le tournant par sa droite établie solidement à San Lorenzo.

    Dans la soirée du 7, quatre bataillons, quatre escadrons, huit pièces de canon et une section du génie furent réunis au pont de Mexico, l’infanterie sous les ordres du général Neigre, la cavalerie sous les ordres du général de Mirandol, l’artillerie sons la direction du commandant de la Jaille. J’avais confié le commandement de cette colonne au général Bazaine.

    Celui-ci avail l’ordre de quitter son campement à une heure du matin, de suivre la route de Mexico dans le plus grand silence jusqu’à hauteur de San Lorenzo, et là, de tourner à droite pour arriver au point du jour en vue de la position à enlever.

    Tout réussit à souhait et sans autre incident que la rencontre de quelques vedettes et d’un avant-poste qui fut enlevé par la cavalerie du colonel de la Pena. A cinq heures du matin, les troupes, en échelons par bataillon en colonne à distance entière, précédées de la batterie de la garde et flanquées à gauche par la cavalerie, se dirigeaient, l’aile gauche en avant, sur les retranchements construits autour de l’église de San Lorenzo.

    Les Mexicains, quoique surpris par cette attaque, avaient cependant eu le temps de courir aux armes et avaient ouvert un feu violent d’artillerie à 1200 mètres. La nôtre y répondit bientôt avec succès, et toute la ligne, au pas de charge, se précipita avec un élan irrésistible et aux cris enthousiastes de Vive l’Empereur ! sur la position, qui fut enlevée, malgré une résistance désespérée des soldats mexicains, dont une grande quantité fut tuée à coups de baïonnette.

    Les autres se débandèrent et cherchèrent à se sauver par le gué de Pensacola en se précipitant dans la barranca de l’Atoyac. Mais, mitraillés par notre artillerie, poursuivis par la cavalerie du général de Mirandol d’un côté et celle du général Marquez, qui était descendu du Cerro de la Cruz, ces malheureux Mexicains jonchèrent la campagne de morts et de blessés jusqu’à Santa Inez, où le général Marquez, voyant l’ennemi dans une déroute complète et fuyant de toutes parys dans un affreux désordre, cessa la poursuite.

    Dans ce brillant combat, l’ennemi a laissé entre nos mains huit canons, dont six rayés, trois drapeaux, onze fanions, un millier de prisonniers, parmi lesquels plusieurs colonels et officiers supérieurs, la plus grande partie du convoi destiné au ravitaillement de la place de Puebla, et consistant en voitures et mulets chargés de vivres et d’effets de toute nature, ainsi qu’en troupeaux. Des munitions d’artillerie, 3500 kilogrammes de poudre sont, en outre, tombés en notre pouvoir. Huit ou neuf cents hommes tués ou blessés et l’armée entière de Comonfort totalement dispersée, tel est le résultat de cette victoire, qui ne nous a coûté que 11 tués et 89 blessés.

    Avant de payer le tribut d’éloges qui revient à tous dans celle belle journée, je veux donner un témoignage particulier de ma haute satisfaction au général Bazaine pour la manière dont il a exécuté mes instructions ; grâce à son intelligence de la guerre, à la confiance qu’inspirent aux troupes son coup d’œil, son sang-froid et sa bravoure entraînante, elles ont été couronnées d’un plein succès.

    Le général Marquez, qui a su saisir à propos le moment favorable pour compléter la déroute de l’ennemi, mérite aussi une mention spéciale. Je suis heureux de saisir cette occasion de rendre la justice qui est due à nos alliés, dont le zèle seconde si bien les opérations du corps expéditionnaire.

    Dans cette brillante affaire, tou ont fait noblement leur devoir. Il en est cependant qui se sont plus particulièrement distingués et dont les noms m’ont été cités, ce sont :

    En première ligne, le général Neigre, qui a puissamment contribué au succès par son activité, son intelligence et sa bravoure qui ne s’est arrêtée devant aucun obstaele, aucun danger.

    État-major.

    - Boyer, chef d’escadron, qui, par suite de la maladie du lieutenant-colonel Lacroix, remplissait près du général Bazaine les fonctions de chef d’état-major, et qui, dans cette journée, a rendu les meilleurs services à son général.
    - Villette, capitaine, aide de camp du général Bazaine. Il a pris une part active au combat, quoiqu’il fût très souffrant.
    - Chabrol, capitaine, aide de camp du général Neigre, qui a montré un brillant courage.
    - Garcin, capitaine de l’état-major général, qui a été renversé de son cheval par une balle en donnant l’exemple d’une grande bravoure.
    - Béguin, capitaine de l’état-major général, tué roide en se portant en avant arec intrépidité.
    - Jaballe, capitaine, aide de camp du général de Mirandol.
    - Gary, officier d’ordonnance du général Neigre.
    - De Pérussis (sous-lieutenant au 81e), officier d’ordonnance du général Neigre.
    - Du Bouchage, capitaine aux carabiniers, mon officier d’ordonnance, qui a cherché toutes les occasions de marcher à l’ennemi, et s’y est bravement comporté.
    - De Tournières, lieutenant de vaisseau, mon officier d’ordonnance, qui, dans cette journée, a été très brillant et plein d’humanité en sauvant la vie à des prisonniers.
    - Baron de Stein, lieutenant-colonel au service du roi de Prusse, qui, dans ce combat, comme toujours, a montré un zèle infatigable en allant au devant du danger.

    Artillerie de la garde.

    - De La Jaille, chef d’escadron, qui dirigé le feu de l’artillerie avec un succès complet et fait preuve de bravoure et de calme, là comme en toutes circonstances.
    - De Vaudrey, capitaine, commandant la batterie de la garde dont le feu a promptement fait faire la batterie ennemi huit pièces, qui est tombée entre nos mains.
    - Berge, capitaine.
    - Gaertner, lieutenant.
    - Cèbe, maréchal des logis.
    - Cahusac, maréchal des logis.
    - Mouzin, canonnier conducteur.
    - Barier, canonnier.

    Artillerie de marine.

    - De Paris, enseigne de vaisseau, commandant la batterie de montagne, qui a montré une bravoure et un zèle remarquables.
    - Couprie, canonnier.
    - Chouffot, conducteur.

    Génie.

    - Daubiez, sergent-major.

    Services administratifs.

    - L’intendant général Wolf, par les soins et le zèle de qui l’ambulance a pu donner immédiatement des soins aux nombreux blessés français et mexicains, et qui, à la suite du combat, a dirigé avec son activité et son intelligence ordinaires une opération administrative de la dernière importance.
    - Lipacher, brigadier au 3e escadron du train des équipages.

    51e de ligne.

    - De Longueville, chef de bataillon, blessé, a enlevé son bataillon avec une énergie extrême.
    - De Musset, capitaine adjudant-major, a eu son cheval tué d’un coup de baïonnette.
    - Trinité, capitaine.
    - Gobillard, lieutenant (nommé capitaine depuis), a été amputé d’un bras.
    - Simonnot, lieutenant.
    - Lanthelme, médecin major, a fait preuve d’un grand courage en pansant les blessés sous le feu de l’ennemi.
    - Chanteur, sergent.
    - Vicensini, sergent-fourrier.
    - Pépin-Malherbe, sergent-major.
    - Louviot, sergent-fourrier.
    - Gonnord, fusilier, a enlevé un fanion à l’ennemi.
    - Maingon, caporal, a enlevé un fanion à l’ennemi.
    - Dupuis, sergent, a lutté corps à corps avec l’ennemi.
    - Canard, fusilier, a sauvé son lieutenant, qui allait se noyer dans l’Aloyac.

    3e de zouaves.

    - Arnaudeau, lieutenant-colonel, a puissamment contribué au succès par son énergie et son intelligence.
    - De Briche, chef de bataillon.
    - Parquez, capitaine, très brillant au feu, a eu un cheval tué sous lui.
    - Rigault, capilaine, très brillant au feu, a eu un cheval tué sous lui.
    - Mariani, capitaine, a enlevé avec sa compagnie la batterie et le réduit de l’Église.
    Malignon, capitaine.
    - Légué, lieutenant.
    - Lemaître, lieutenant, blessé grièvement et mort depuis.
    - Henry, sous-lieutenant, a pris un drapeau.
    - Cotton, sous-lieutenant, a dégagé un capitaine qui allait succomber sous le nombre.
    - Trieson, officier au service du roi de Suède, blessé grièvement, qui s’est conduit avec une grande bravoure.
    - Bordes, sergent, blessé grièvement.
    - Boyer, sergent, blessé grièvement.
    - Loué, sergent, amputé.
    - Gonai, caporal, blessé.
    - Raimbaux, zouave.
    - Luc, zouave.
    - Vickmans, sapeur.
    - Stum, zouave, quoique blessé, a lullé avec un porte-drapeau et lui a enlevé son drapeau.

    Tirailleurs algériens.

    - Cottret, chef de bataillon, blessé.
    - Arzon, capitaine adjudant-major.
    - Bézard, capitaine, grièvement blessé en abordant San Lorenzo à la tête de sa compagnie.
    - Estelle, capilaine, d’une rare bravoure, a entraîné tout le bataillon par l’excmple de sa compagnie.
    - Loppès, sous-lieutenant, blessé grièvement, mort depuis.
    - Mohamed-Bonnep, lieutenant.
    - Bouguès, lieutenant.
    - Beak, médecin aide-major.
    - Ahmed-ben-Mijoub, tirailleur, a pris un drapeau.
    - Khenli-ben-Ali, tirailleur, a pris un drapeau.
    - Ali-ben-Djilali, clairon, a entraîné sa compagnie en sonnant la charge sous un feu violent.
    - Boudjema-hen-Aounein, caporal, a pris un fanion.
    - Mohamed-ben-Hassein, tirailleur, a pris un fanion.
    - Salem-ben-Guibi, tirailleur, a pris un fanion.
    - Barka-ben-Mohad, tirailleur, a pris un fanion.
    - Ducreux, sergent-major.
    - Mohamed-ben-Choumy, a fait mettre bas les armes à cinq Mexicains.

    Cavalerie.

    - Le général de Mirandol, qui, quoique souffrant, a oublié, comme toujours, ses souffrances et conduit sa cavalerie à l’ennemi avec une extrême énergie.

    2e régiment de marche.

    - Le colonel Du Barail, type de l’homme de guerre, véritable entraîneur de cavalerie.
    - Le lieutenant-colonel Margueritte, dont on ne sait plus en quels termes faire l’éloge.
    - Carrelet, chef d’escadron.
    - De Yallon, capitaine.
    - Castagnié, capitaine adjudant-major.
    - Rœderer, lieutenant.
    - Ténot, maréchal des logis.
    - Nicolas, brigadier.
    - Clavel, chasseur.
    - Lallier, chasseur.

    Je suis avec respect, etc.

    Le général de division commandant en chef, Forey.

     

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