• 21 avril 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 21 avril 1796 – La bataille de Mondovi dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-mondovi-la-prise-de-la-ville-150x150la-bataille-de-mondovi-150x150 dans NAPOLEON BONAPARTE - CAMPAGNES ET ANECDOTES

     

    La bataille de Mondovi

    D’après « Histoire des armées françaises de terre et de mer » – Abel Hugo – 1838

     

    Colli, pour couvrir Mondovi, s’arrêta sur la gauche de la Cursaglia près du confluent de cette rivière avec le Tanuro. La droite piémontaise, aux ordres du général Bellegarde, s’appuyait à Notre-Dame-de-Vico ; la gauche, sous Vitalis, s’étendait vers Lesegno. Le centre, commandé par Dichat, était posté à Saint-Michel. Une réserve occupait la Bicoque.

    La gauche de cette position, couverte par deux torrents, n’était pas abordable ; le pont de Pra, vis-à-vis Lesegno avait été rompu. Deux autres ponts existaient encore, celui de la Torre à la droite et celui de SaintMichel au centre, mais leurs débouchés étaient hérissés de batteries rasantes. Serrurier eut ordre de faire attaquer La Torre et Saint-Michel par le général Guyeux et la brigade Fiorella, pendant qu’Augereau traverserait le Tanaro pour tourner la gauche.

    Joubert, d’après les ordres d’Augereau, chercha à reconnaître cette rivière tortueuse, et à la traverser. Mais il ne trouva pas de gué, et ne parvint à l’autre bord qu’après des peines inouïes ; ses soldats ne purent le suivre.

    Guyeux eut plus de bonheur à la gauche. Ayant trouvé un passage au-dessus de la Torre, il attaqua Bellegarde et le contraignit à la retraite.

    Serrurier et Fiorella franchirent le pont Saint-Michel malgré le feu violent des batteries ennemies, et après trois heures d’un combat opiniâtre se logèrent dans le bourg. Dichat, quoique assailli de front et même débordé, opposait cependant une insurmontable résistance, qui donna au général en chef, le temps de venir a son secours avec des renforts. La réserve fut en même temps dirigée sur le flanc des Français groupés autour de Saint-Michel.

    Le courage des Piémontais sembla redoubler à la vue de ces nouvelles troupes. Ils se ruèrent avec impétuosité sur les Républicains qui furent contraints de repasser le pont en désordre, laissant sur le champ de bataille 5 à 600 hommes hors de combat.

    Tout le terrain qu’avait gagné Serrurier fut perdu par cet échec. Il dut revenir à Ceva, et les deux partis se retrouvèrent dans la même position que la veille.

    Bonaparte sentait l’urgence de frapper un coup décisif. Déjà Beaulieu, honteux de son inaction, s’était arrêté dans sa retraite et avisait avec le commissaire sarde, baron de La tour, aux moyens de secourir efficacement Colli.

    Le quartier général fut transporté à Lesegno où Masséna eut ordre de se diriger, après avoir passé le Tanaro par le pont de Ceva.

    Le général en chef, par ses manœuvres du 19, avait eu le dessein de percer par Mondovi, pour forcer les Piémontais à un changement de front qui leur fit perdre l’avantage de l’excellente position qu’ils occupaient.

    La première attaque n’ayant pas eu de succès, une seconde fut résolue, quelles que fussent la fatigue et le découragement des troupes.

    Masséna fut renforcé de Joubert pour attaquer la gauche de Colli au confluent du Tanaro et a Lesegno. Augereau descendit la vallée du Tanaro, et marcha sur Alba pour menacer les communications de l’ennemi, enlever ses dépôts, et jeter l’alarme jusque dans Turin.

    La droite des Piémontais devait être assaillie par Serrurier, qui était maître du pont de la Torre. Enfin on organisa provisoirement sous les ordres du général Meynier, et pour se porter sur le centre par Saint-Michel, un nouveau corps composé des brigades Miolis et Pelletier auxquelles devait se réunir une des divisions de cavalerie qui reçut en conséquence l’ordre de hâter sa marche pour rejoindre l’armée.

    Colli, épouvanté de ces dispositions audacieuses et de l’approche de tant de colonnes, n’osa pas, avec une ligne aussi étendue que la sienne, livrer un combat d’où le sort du Piémont allait dépendre.

    Renonçant à tous les avantages de sa position de Saint-Michel, il résolut de gagner celle du Briquet, sous la protection de Mondovi. Et dans ce but, il se mit en pleine retraite, à deux heures après minuit, précédé, dans le plus grand ordre, de son artillerie et de ses bagages. Il ne voulait que gagner du temps et attendre l’arrivée de Beaulieu que le baron de Latour lui annonçait incessamment.

    Mais sa retraite se fit avec trop de lenteur, et l’infatigable activité de son jeune adversaire le surprit dans des dispositions qui durent lui faire regretter d’avoir abandonné Saint-Michel.

    En effet, Bonaparte, informé de son mouvement rétrograde, et l’attribuant au découragement, fit aussitôt poursuivre l’armée sarde par la division Serrurier qui se trouvait la plus à portée de descendre les montagnes et qui fut suivie par toute l’artillerie et la cavalerie disponible.

    Un pont fut jeté en hâte sur le Tanaro, et l’infanterie ne tarda pas non plus à se mettre en marche. Masséna resta seul à Saint-Michel pour lier le gros de l’armée avec la division Laharpe. Serrurier atteignit le premier l’arrière-garde de Colli, sur les hauteurs en avant de Vieo. Bientôt arrivèrent Guyeux qui se jeta sur la droite des Piémontais, et Meynier qui déborda leur gauche, ce qui contraignit Colli à gagner en désordre Mondovi.

    Serrurier, avec les brigades Fiorella et Dommartin, marcha droit sur le centre de l’ennemi établi dans la position de Briquet. Dichat défendit ce point avec résolution, et soutenu par la réserve que lui amenait Colli, arrêta d’abord les Républicains. Mais Guyeux qui menaçait de gagner Mondovi par la droite ayant obligé Colli à se diriger de ce côté ; et Dichat ayant été tué, le centre des Piémontais fut enfoncé et s’enfuit en désordre. Colli donna alors l’ordre de là retraite.

    La cavalerie française s’étant mise avec ardeur à la poursuite de l’ennemi, le général Stengel qui la commandait fut ramené à son tour par les escadrons sardes, numériquement bien supérieurs aux escadrons républicains.

    Stengel, dans une charge, fut mortellement blessé et tomba entre les mains des Piémontais, avec une partie de son détachement. Un aide de camp de Bonaparte, Murat, se distingua particulièrement dans cette occasion.

    Les clefs de Mondovi furent apportées au vainqueur par les magistrats de la ville. L’ennemi perdit dans cette affaire 1800 hommes (dont 1300 prisonniers), vingt et un drapeaux et huit canons.

    Colli se retira entre Coni et Cherasco, derrière la Stura, tandis que Beaulieu, quoique seulement observé par Laharpe, restait paisiblement autour d’Acqui, sa gauche sur l’Orba, sans paraître songer à tenter aucune diversion en faveur de ses alliés.

    La situation du général piémontais poursuivi par une armée aussi audacieuse qu’infatigable était extrêmement critique. Les derniers succès de Bonaparte avaient jeté l’épouvante dans Turin.

    La situation des Français, malgré leurs triomphes, n’en était pas moins difficile. La rapidité de leur marche et le défaut d’administration les exposaient à manquer de tout au sein de l’abondance. La maraude était devenue l’unique ressource des soldats.

    Bonaparte ne possédait pas d’établissement solide en Piémont, dont l’ennemi occupait toutes les places fortes, et Colli pouvait encore, par la rive gauche du Pô, se joindre à Beaulieu, renforcé des Napolitains.

    L’armée coalisée aurait pu de nouveau présenter ainsi en ligne une masse de forces capable d’inquiéter l’armée française, et peut-être de mettre un terme à ses victoires.

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso