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  • 20 avril 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 20 avril 1809 – La bataille d’Abensberg dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-dabensberg-150x150

     

    La bataille d’Abensberg

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – Charles-Nicolas Beauvais – 1820

     

    Pendant que des événements se déroulaient aux environs de Tann et sur l’Abens, l’Empereur Napoléon était accouru d’Ingolstadt à Abensberg, accompagné du major-général, prince de Neuchâtel, du maréchal Lannes, et d’une partie du grand état-major général.

    Jugeant, d’après les différents rapports qu’il reçut dans la soirée, la position de l’armée ennemie, il pensa qu’il ne lui serait pas difficile de traverser le centre de sa ligne.

    En effet, cette armée, si formidable par le nombre, se trouvait divisée en deux parties presque isolées. Car l’aile droite, ou les corps des généraux Hohenzollern, Rosemberg et Jean de Lichstenstein, sous la direction spéciale de l’archiduc Charles ; et l’aile gauche, ou les corps de l’archiduc Louis (cinquième) et du général Hiller (sixième), ne communiquaient entre elles que par le faible corps détaché sous les ordres du général Thierry, que les Bavarois venaient de battre.

    L’intervalle entre ces deux ailes s’accrut encore, dans la nuit du 19 au 20, par un mouvement rétrograde que l’archiduc fit faire aux troupes qui avaient donné dans la journée. Elles abandonnèrent par ce mouvement, les hauteurs d’Hausen et tout le pays près de l’Abens.

    Opposer, sur la droite et sur la gauche, des forces suffisantes pour attirer l’attention des ailes ennemies, et porter entre elles deux, une masse principale, pour les pousser en suite dans des directions divergentes, afin d’empêcher leur réunion, et de les accabler, l’une après l’autre, par la supériorité du nombre et par l’effet moral que produit en semblable cas l’isolement où se trouve le corps attaqué : tel fut le plan qu’arrêta Napoléon, et l’exécution en fut aussi rapide que la pensée.

    La route de Roor à Landshut était la ligne intermédiaire qui séparait les deux ailes de l’armée autrichienne, et c’est sur les différentes positions que pourrait offrir cette ligne, que Napoléon dirigea son opération principale.

    Le maréchal Davoust eut ordre de garder les positions qu’il occupait vers Hausen, avec les deux divisions Saint-Hilaire et Friant, et celle de cavalerie légère du général Montbrun, pour tenir en échec les corps autrichiens d’Hohenzollem, Rosemberg et Jean de Lichstenstein.

    La masse que Napoléon allait mettre en mouvement se composait donc :

    • 1° – des deux divisions Morand et Gudin, mises provisoirement sous les ordres du maréchal Lannes, et formant la gauche ;
    • 2° – du corps wurtembergeois, formant le centre, à la tête duquel l’Empereur voulut marcher lui-même ;
    • 3°- des deux divisions bavaroises aux ordres du prince royal et du général Deroi : elles formaient la droite, sous la direction du maréchal Lefebvre.

    La division du général de Wrede, restant en observation devant le corps de l’archiduc Louis, posté à Siegenburg, ne devait se mettre en mouvement que selon les circonstances.

    Le 20, cette armée, forte de cinquante mille combattants, s’ébranla dès la pointe du jour.

    L’Empereur parcourut le front des troupes wurtembergeoises et bavaroises, et, réunissant en cercle autour de lui leurs principaux officiers, il les harangua avec cette éloquence mâle et vigoureuse dont il connaissait si bien tous les ressorts sur le champ de bataille. Il leur rappela tous les souvenirs de gloire qui pouvaient exalter l’orgueil national des deux peuples, et finit par leur dire que, ne mettant aucune différence entre eux et les Français, il se confiait à leur courage, et voulait combattre à leur tête dans cette journée.

    Le prince royal de Bavière traduisait en allemand les paroles de l’Empereur, pour que les différents chefs pussent les répéter à leurs corps. La certitude de combattre sous les yeux du premier guerrier de l’Europe excita les transports du plus vif enthousiasme dans le cœur de tous les officiers, et ils surent communiquer à leurs soldats l’impression qu’ils venaient de recevoir.

    Le maréchal Lannes s’avançant, avec ses deux divisions, sur la route de Roor par Darling, Buendorf et Ober-Schambach, culbuta, détruisit ou fit prisonniers les faibles détachements de la division Thierry, que l’archiduc Louis avait renforcés, la veille, de quelques escadrons, et qui se présentèrent successivement. Il entra dans Roor avec une partie des fuyards.

    Le général Vandamme, à la tête des Wurtembergeois, et le duc de Dantzig, avec les deux divisions du prince royal et de Deroi, marchèrent dans la même direction, battant et poussant également devant eux les détachements du général Thierry, d’abord à Offenstetten, et ensuite auprès de Roor, de concert avec la colonne du maréchal Lannes.

    Un troisième engagement eut encore lieu près de Rottenburg, et décida la dispersion de cette partie de troupes, qui formait la communication entre l’archiduc Charles et l’archiduc Louis.

    Celui-ci, informé dès le matin, du mouvement qu’opérait l’Empereur Napoléon, avait porté sur sa droite les brigades des généraux Bianchi et de Reuss. Mais, bientôt attaqué lui-même à Siegenburg par le général de Wrede, apprenant d’ailleurs les succès obtenus par les Français et leurs alliés sur cette même droile, le prince crut devoir, après une longue et honorable résistance, faire sa retraite en assez bon ordre, par le défilé de Birwang, sur Pfaffenhoffen. Il se réunit auprès de cette petite ville avec les troupes du sixième corps de l’armée autrichienne.

    Le général Hiller, commandant le corps dont nous parlons, suivant les premières instructions que lui avait données l’archiduc Charles, s’était avancé lentement de Mosburg, pour se rapprocher du corps de l’archiduc Louis. Il s’était arrêté, dans la soirée du 19, au village de Au, pour observer l’arrivée sur Pfaffenhoffen du corps du maréchal Oudinot, dont l’avant-garde avait été engagée avec le détachement du général Scheibler. Il reçut, dans cette position, l’ordre de l’archiduc Charles de hâter sa marche sur Pfaffenhoffen, afin de se réunir au cinquième corps et au deuxième de réserve, dont il devait prendre le commandement en chef.

    Arrivé, le 20, à huit heures du matin, au village d’Hornbach, près de Pfaffenhoffen , au lieu de continuer à faire avancer ses troupes , il les avait arrêtées en cet endroit, et s’était rendu, de sa personne, auprès de l’archiduc Louis à Siegenburg. Dans la position critique où il avait trouvé le prince, il s’était empressé d’envoyer au général Vincent, à Hornbach, l’ordre de se porter sur-le-champ sur Rottenburg, avec deux brigades, pour tâcher d’arrêter la marche des colonnes françaises qui s’avançaient de ce côté, et soutenir les troupes en retraite.

    Cette mesure était tardive : déjà le troisième engagement, dont nous avons parlé plus haut, avait eu lieu. La division Thierry et les détachements du cinquième corps qui avaient marché pour la soutenir étaient en pleine déroute ; les chemins étaient couverts de fuyards, d’artillerie, de voitures de bagages et de munitions, dans le plus grand désordre.

    Toutefois, le général Vincent ayant pris position avec ses troupes sur la hauteur de Rottenburg, les colonnes victorieuses s’arrêtèrent sur les bords de la rivière de Laber.

    La nuit mit fin à cette suite de combats partiels, auxquels les relations du temps ont donné le nom de bataille d’Abensberg.

    Les Autrichiens y perdirent environ sept mille hommes, tués, blessés ou faits prisonniers, huit drapeaux et douze pièces d’artillerie.

    La promptitude du mouvement de Napoléon ne saurait excuser l’hésitation de l’archiduc Louis.

    Du moment où ce prince avait appris, le 19, la défaite, par les Bavarois, du petit corps détaché sous les ordres du général Thierry, il aurait dû envoyer dépêches sur dépêches au général Hiller, pour l’engager à accélérer sa marche et à se rapprocher de lui. Ceci, afin d’avoir la facilité de se prolonger sur le point entamé, d’appuyer le mouvement de l’archiduc son frère, et, en cas de revers, de pouvoir faire plus sûrement une retraite commune (lui, archiduc Louis et le général Hiller) sur Landshut, base des opérations générales , et point sur lequel se trouvaient les ambulances , les ponts et les gros bagages de l’armée.

     

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