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    Le combat de Pont-Saint-Esprit

    D’après « Dictionnaire historique des batailles, sièges, et combats de terre et de mer » – 1818

     

    L’armée royale, sous les ordres du duc d’Angoulême, forcée de repasser la Drôme, après avoir abandonné Valence et Montélimart, occupait la ville du Pont-Saint-Esprit. Le général Gilly, d’après les instructions du ministre de la guerre, partit de Nismes le 7 avril, ayant sous ses ordres un détachement des gardes nationales du Gard, le 63e régiment et la gendarmerie en résidence dans cette ville, dans l’intention de se porter sur les derrières des insurgés du Midi.

    Le 8, à six heures du matin, le baron de Saint-Laurent, colonel du 10e de Chasseurs, placé en avant-garde du général Gilly, aperçut la ville du Pont-Saint-Esprit gardée par près de mille hommes. Les insurgés sortirent au-devant de lui avec quelques pièces d’artillerie. Mais, attaqués avec la plus grande vivacité, ils se rejetèrent dans la ville, poursuivis par les Chasseurs qui se précipitèrent sur eux, en firent un grand nombre prisonniers, traversèrent immédiatement le pont et s’emparèrent de la redoute qui en formait la tête, et qui devint inutile à l’ennemi par sa retraite précipitée.

    Par ce mouvement et par l’attention qu’avait eue le général Gilly d’envoyer des détachements sur différents points afin de couper la retraite aux insurgés, le duc d’Angoulême se trouva renfermé entre la Drôme, qu’il avait été forcé de repasser, le Rhône à sa gauche, et la Durance devant lui. Repoussé du Pont-Saint-Esprit, il se dirigea sur la Pallu, à deux lieues de cette ville, et y prit sa position.

    Tandis que les insurgés étaient engagés et battus au Pont-Saint-Esprit, un autre détachement , composé de neuf cents volontaires royaux, sous les ordres du comte de Loverdo , et sous le commandement d’un chef de bataillon du 58e, attaqua un poste établi à la Saulce, à trois lieues de Gap, sur la Durance. Ce poste, gardé par la garnison de Gap, renforcé par des gardes nationales et deux pièces d’artillerie, sous les ordres du général Lasalcette, qui la veille avait été attaqué par près de deux mille hommes qui furent repoussés avec perte, repoussa de nouveau les insurgés, qui laissèrent sur le champ de bataille leur drapeau et douze hommes tués. Parmi les blessés, se trouva le général Loverdo ; le chef de bataillon fut fait prisonnier.

    Pendant cette affaire, le duc d’Angoulême, se voyant renfermé de tous côtés, envoya le comte de Damas au général Gilly pour lui proposer une capitulation. Le général Gilly y consentit, à condition qu’il licencierait son armée, dissoudrait toutes les compagnies de volontaires royaux, et s’embarquerait à Cette. Mais le général Grouchy qui s’était porté au Pont-Saint-Esprit, ne crut pas devoir ratifier cette capitulation à laquelle s’opposaient les gardes nationales, et retint le duc d’Angoulême prisonnier, jusqu’à ce qu’il eût reçu les ordres de Napoléon.

    D’après ces ordres, le duc d’Angoulême s’embarqua à Cette le 16 avril. C’est ainsi que se termina cette guerre du Midi qui aurait porté dans cette partie de la France toutes les horreurs et les désastres de la guerre civile, et en aurait fait une seconde Vendée, si les dispositions les plus vives et les mieux combinées ne l’avaient étouffée dans sa naissance.

     

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