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    Le combat de Claye

    D’après « Histoire des campagnes de 1814-1815 en France » – Guillaume Vandoncourt – 1826

    Le 27 mars, à deux heures du matin, les maréchaux, ayant perdu tout espoir de gagner Meaux avant les coalisés, se mirent en marche pour Provins. Leur projet était d’y joindre la grande route de Troyes et de gagner Paris, par Nangis et Brie. Ils firent prendre position à leurs troupes devant la ville, vers dix heures du matin, et vers une heure, ils les firent passer sur le plateau de Montrouge conservant toujours Provins où ils s’établirent pour la nuit.

    Ils commirent encore ici une double faute. La première fut celle de faire aussi peu de chemin et de n’avoir pas gagné Nangis le même jour. La seconde fut, puisqu’enfin ils voulaient s’arrêter à Provins, de n’avoir pas attiré à eux la division Souham, retirée d’après les ordres de Napoléon des bords de l’Yonne, et arrivée à Nogent le 26. Par cet oubli, ils se privèrent d’un renfort de quatre mille cinq cents combattants, qui restèrent inutiles sur les bords de la Seine.

    Le général Compans se retira sur Meaux, où il trouva le général Ledru des Essarts, avec environ seize cents hommes d’infanterie et six cents chevaux. Ce renfort éleva son petit corps à trois mille huit cents hommes d’infanterie et huit cent cinquante chevaux. Le général Compans donna le commandement de sa cavalerie au général Vincent, et lui ordonna de prendre position sur le plateau qui domine le village de St.-Jean-les-deux-Jumeaux. Le général Vincent y fut joint par environ six cents gardes nationaux volontaires des environs. La division Compans défendait le pont et le faubourg de Cornillon. La division Ledru était derrière Trilport.

    Le 27, l’armée coalisée continua son mouvement vers Meaux, point de réunion indiqué pour les différentes colonnes. Le maréchal Blücher dirigea ses trois corps russes par Vieux-Maisons, et les prussiens par Rebais, tous à la Ferté-sous-Jouarre. Dès le matin, la cavalerie d’avant-garde du corps de Langeron, commandée par le général Emmanuel, arriva à St.-Jean-les-deux-Jumeaux et s’engagea avec le général Vincent. Le combat se soutint jusqu’après midi.

    Mais vers quatre heures, arrivèrent les avant-gardes prussiennes du général Katzler et du colonel Blücher, appuyées par la division Horn. Le général Vincent se voyant menacé par une force aussi supérieure, qui déjà le débordait par sa droite, se replia sur Trilport, passa la Marne et détruisit le pont, mais il n’eut pas le temps de faire revenir à la rive droite tous les bateaux.

    L’ennemi ayant fait avancer son artillerie, jeta à l’autre bord un bon nombre de tirailleurs, sous la protection de trente bouches à feu. En même temps, il fit commencer la construction de deux ponts de bateaux. Ils furent achevés vers huit heures du soir et de suite, les avant-gardes prussiennes et la division Horn passèrent la Marne. La division Ledru, vivement attaquée, se replia en combattant, sur Meaux. L’ennemi poussa des troupes à gauche vers le faubourg de Cornillon, mais il fut contenu.

    Le soir, les corps d’York et de Kleist prirent position à Trilport, celui de Langeron à St.-Jean-les-deux-Jumeaux, celui de Sacken à la Ferté-sous-Jouarre, ceux de Woronzow et Strogonoff à Bussières.

    L’armée du prince de Schwarzenberg fit peu de chemin. Le prince royal de Wurtemberg, ayant réuni sa cavalerie et celle du général Pahlen à St.Mars, les poussa jusqu’à Courtacon, pour suivre les maréchaux. Bientôt après, le général Pahlen fut rappelé et dirigé vers Crecy. Les cosaques d’Ilowaiski restèrent seuls vers Provins, jusqu’à l’arrivée du général Seslawin. Le soir, le général Pahlen était à Pommeuse et Guerard sur le Morin ; les corps de Wurtemberg et Rajewski à Mourons ; celui de Giulay à St.-Pierre-en-Veuve ; les gardes et réserves à Aulnay. Le corps de Wrede resta à Chailly et sa cavalerie à la Ferté-Gaucher, pour observer les mouvements possibles de l’empereur Napoléon, dont on craignait le retour.

    Le 28, le général Compans, hors d’état même de disputer la possession de Meaux avec quelque succès, se replia sur la route de Paris ; le général Vincent, chargé de l’arrière-garde, suivit après avoir fait sauter le pont et le magasin à poudre. Cette dernière explosion causa quelque alarme parmi les Prussiens, qui coururent aux armes de tous côtés.

    Le général Compans avait pris position à Claye, où il fut joint par trois bataillons de la jeune garde, sous les ordres du général Guye, par quatre cents cuirassiers et par quatre cents lanciers polonais. La force de son corps se trouva alors être de cinq mille six cents hommes d’infanterie et seize cent cinquante chevaux. Bientôt l’avant-garde du général Katzler (7 bataillons et 10 escadrons) parut devant Claye et attaqua le village. Le général Compans le fit évacuer avec mesure, et un bataillon d’infanterie, qui voulut s’aventurer un peu trop vite, fut rudement malmené.

    Le général Compans prit position à la tête du bois de Montsaigle, occupant Grosbois et les bois voisins. Le défilé de Claye ouvert, l’avant-garde prussienne passa et se déploya à gauche de la grande route, à la hauteur du taillis de Grosbois. La division Pirch, qui passa ensuite, se déploya à cheval de la grande route ; la division Klüx suivit et se plaça à gauche derrière l’arrière-garde ; la cavalerie du général Ziethen fut poussée sur les hauteurs de Lepin, pour tourner la position du général Compans.

    Le combat dura longtemps à la tête du bois de Montsaigle et à Grosbois. Mais l’ennemi ayant successivement fait entrer en action tout le corps de Kleist et la division Hom, de celui d’York, étant venue se mettre en ligne vers Souilly, le général Compans prit une seconde position entre Ville-Parisis et le bois.

    Le débouché de la grande route et les fermes de Morfonde et de Montsaigle furent occupés ainsi que le bois Mulot et le bois Mony. Deux bataillons furent dirigés à gauche pour tourner la ferme par le chemin de Lepin, tandis que deux autres bataillons l’attaquèrent par la trouée du chemin de Grosbois à Ville-Parisis. Les deux bataillons prussiens, chargés de l’attaque de flanc, eurent beaucoup à souffrir du feu d’écharpe des troupes qui défendaient le bois Mulot et les vignes en arrière. Le bataillon qui défendait la ferme de Montsaigle ne céda ce poste qu’après une défense opiniâtre et meurtrière.

    Alors le général Compans songea à la retraite, et la fit en bon ordre. Ville-Parisis fut garni de tirailleurs et la cavalerie du général Vincent, qui était en position derrière, fit un mouvement, la droite en arrière, et se plaça parallèlement en face à la route. La cavalerie prussienne essaya de déboucher, mais, refoulée par le feu des tirailleurs, elle fut obligée de s’arrêter.

    Alors l’infanterie s’avança, et ayant facilement replié nos tirailleurs, sortit du village à leur poursuite. A peine avait-elle débouché, qu’elle fut chargée en flanc parles cuirassiers du colonel Dugeon, qui la ramenèrent en désordre au-delà de Ville-Parisis et lui prirent deux cent cinquante hommes. Le général Compans se replia à Bondy, laissant une arrière-garde près de Vert-Galant.

    Les Prussiens, rendus circonspects par ce petit échec, ne dépassèrent pas Ville-Parisis. L’avant-garde de Katzler resta en arrière du village, ayant derrière elle la division Pirch. La division Klüx et la cavalerie de Ziethen près Montsaigle ; la division Horn à Souilly ; celle du prince Guillaume de Prusse à Claye.

    Le combat de Ville-Parisis nous coûta environ deux cents hommes. L’ennemi en perdit plus de six cents. Les états prussiens portent à deux cent quarante-cinq la perte du corps d’York, dont l’avant-garde seule a donnée.

    Le maréchal Blücher vint prendre position entre Trilport et Meaux, avec les corps de Langeron, Sacken et Woronzow.

    Les ducs de Trévise et de Raguse continuèrent leur retraite ensemble jusqu’à Nangis, où ils se séparèrent. Le premier vint à Guignes, et le second gagna Melun par la traverse. On se demande encore pourquoi cette séparation.

    Le prince de Schwarzenberg continua son mouvement sur deux colonnes. Le corps de Rajewsky et les réserves suivirent la route de Lagny jusqu’à Rouilly et se dirigèrent sur Meaux. Le premier vint à Nanteuil. Les réserves s’avancèrent jusqu’au faubourg de Meaux. Le corps de Wurtemberg suivit la route de Lagny et vint à Couilly. Le corps de Giulay ne s’avança pas au-delà de Mouron ; celui de Wrede resta à Chailly.

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