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     Le 25 mars 1799 – La bataille de Stockach dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-stockach-150x150

     

    La bataille de Stockach

    D’après « France militaire : histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1833 » – Abel Hugo – 1836

     

    Jourdan, continuant de rétrograder devant le prince Charles, avait achevé dans la nuit du 21 au 22 mars de faire replier ses divisions sur Stockach, poste important où aboutissent toutes les routes de la vallée du Necker, de la Souabe et de la Suisse. Sa droite était postée au-dessus de Bodmann sur le lac de Constance, sa gauche s’appuyait au Danube près de Friedingen, et son centre à Stockach.

    Ne trouvant pas encore cette position assez forte, il se remit en marche. La division Ferino vint appuyer sa droite à Hohentweil. Le plateau d’Engen fut occupé par celles de Souham, de Lefebvre et de d’Haupoult, et Saint-Cyr campa sur les hauteurs de Tuttlingen. Vandamme avec les flanqueurs resta aux environs de Friedingen.

    L’Archiduc ne marcha que le 26 sur Stockach. Son avant-garde, en trois colonnes, ayant franchi cette ville, se porta contre les Français par la route d’Orsingen, d’Aach et de Liptingen. Le gros des forces autrichiennes se groupa en avant de Stockach. La droite s’établit en face du hameau de Mahlspüren, s’appuyant à la forêt que traversent les routes de Liptingen et de Neuhausen. Le plateau que longe la Stockach entre Wahlwies et Neuzingen fut occupé par l’aile gauche. Le centre s’établit entre Stockach et la montagne de Nellemberg. Toutes ces forces, y compris l’avant-garde, s’élevaient à 38 bataillons et 95 escadrons.

    Quelques affaires d’avant-garde, assez vives, eurent lieu dans cette journée du 24, et faillirent entraîner une action générale.

    Ferino se replia d’abord devant le général Nauendorf. Mais ses postes en retraite, ayant été renforcés par la 10e demi-brigade, repoussèrent à leur tour les avant-postes de Nauendorf, qui se retirèrent en désordre. Souham fut d’abord aussi repoussé par les avant-postes de Schwarzemberg, mais les avant-gardes de cette division ne tardèrent pas à rentrer dans les bois qu’elles occupaient en avant d’Engen, et qu’elles avaient un instant abandonnés. L’ennemi fut même repoussé jusqu’au village d’Aach.

    Une attaque plus sérieuse eut lieu sur la division de gauche, qui défendait le débouché de Stockach sur Liptingen, sans l’occupation duquel l’Archiduc ne pouvait espérer de se porter sur la gauche du Danube. Après une vive résistance, le village de Liptingen défendu par un bataillon et de l’artillerie placée sur ses deux flancs fut enlevé par Meerfeld, qui commandait l’attaque autrichienne. Saint-Cyr se replia sur les hauteurs en avant du village de Tuttlingen, où campait le gros de sa division. L’ennemi tenta inutilement de se rendre maître de ce dernier poste. Le général Compère fût grièvement blessé dans cette action meurtrière qui coûta environ aux Français 400 hommes tués.

    Jourdan, averti par cette reconnaissance générale des desseins de l’Archiduc, qui comptait l’attaquer le lendemain, se décida, d’après l’avis d’un conseil de guerre tenu par les généraux, à prévenir les Autrichiens. Ses communications avec Masséna se seraient d’ailleurs trouvées compromises en continuant la retraite, qui était, même en cas d’échec, toujours assurée par Schaffhausen et les montagnes Noires. Une défaite devait ainsi entraîner peu d’inconvénients, tandis que les avantages d’une victoire pouvaient être immenses.

    Le plan de bataille tracé dans la soirée du 24, par Jourdan, avait l’inconvénient de faire partir les divisions de points trop éloignés pour qu’elles arrivassent simultanément au lieu de concentration. Ferino et Souham devaient se porter devant Stockach, l’un par la route de Steusslingen, l’autre par celle d’Aach. Saint-Cyr, avec sa division renforcée des flanqueurs de Vandamme, devait reprendre Liptingen à l’ennemi pour se porter ensuite sur Stockach. Ce mouvement devait être appuyé par Soult, qui commandait par intérim la division Lefebvre et par la réserve de cavalerie aux ordres de d’Haupoult.

    Toute l’armée française s’ébranla le 25 mars, à quatre heures du matin. Jourdan, suivi de son état-major, marchait en tête de l’avant-garde que commandait Soult. L’Autrichien Meerfeld s’était déjà emparé d’Emingen-ob-Eck. La vue des colonnes républicaines le décida, pour couvrir sa retraite, à jeter une partie de ses troupes dans le bois qui sépare Liptingen d’Emingen.

    Mais pendant que Soult, l’attaquant de front avec six bataillons et quatre régiments de cavalerie, le refoulait devant lui, le général Mortier, qui venait de reprendre Emingen avec la 25e demi-brigade, se portait à la droite du bois, pour tourner la gauche des ennemis qui l’occupaient. Telle fut l’impétuosité de cette double attaque, que le corps de Meerfeld, abandonnant Liptingen aux Français, s’enfuit en désordre dans les bois qui bordent la route de Stockach. Deux bataillons d’élite, soutenus de quelques escadrons, tentèrent en vain d’arrêter la fuite en se postant à l’entrée de la forêt de Grauholz.

    Cette attaque de l’avant-garde était secondée par les mouvements de Saint-Cyr, dont la division déboucha sur trois colonnes de Tuttlingen, de Mulheim et de Friedingen. Les deux dernières, aux ordres de Vandamme et de Walther, culbutèrent l’ennemi, et allèrent ensuite se former devant Neuhausen, où le général Legrand ne tarda pas de se réunir à eux avec sa brigade.

    Jourdan, témoin du succès de l’avant-garde et de la division Saint-Cyr, supposa que leurs mouvements seraient soutenus par le centre et par la droite, qui avaient dû se réunir devant Stockach et occuper assez l’ennemi pour l’empêcher de dégarnir sa gauche et de rétablir le combat à Liptingen.

    Dans cette supposition trop facilement admise, et quoique sans nouvelles de Ferino et de Souham, il ordonna à Soult de poursuivre l’ennemi dans les bois, et à Saint-Cyr de se porter sur Mœskirch pour tourner l’armée de l’Archiduc et la prévenir à Pfullendorf, dès qu’elle battrait en retraite, comme Jourdan persistait à le croire. Mais Souham et Ferino n’avaient pas été aussi heureux que Soult et Saint-Cyr.

    L’Archiduc avait pensé, avec raison, que tout le succès de cette journée dépendait de l’occupation du bois de Stockach, et il s’était hâté de diriger sur ce point des troupes fraîches, et de s’y porter lui-même, pendant que Meerfeld était aux prises avec Soult. Il s’y fit suivre de six bataillons de grenadiers et de douze escadrons de cuirassiers. Nauendorf, pendant ce temps, avait eu l’ordre d’observer la division Souham qui commençait à se déployer.

    L’Archiduc avait fait aussi placer près de Stockach douze autres escadrons, afin de soutenir la retraite en cas d’échec ; enfin six autres escadrons avaient été portés sur la route de Mœskirch, pour s’opposer au corps de Vandamme.

    Le centre ennemi, en face de Malhspüren, était principalement formé de huit bataillons de grenadiers hongrois, auxquels le comte de Wallis avait ordonné un changement de front à droite, pour soutenir les débris de Meerfeld qui se reformaient derrière cette ligne. Ce secours arriva à la droite autrichienne avant que l’Archiduc eût achevé les dispositions dont nous venons de parler. Mais la 25e demi-brigade ayant chargé les Hongrois avec impétuosité parvint à les faire aussi plier.

    L’arrivée de l’Archiduc avec les renforts changea la face des affaires. La division Soult tout entière ne tarda pas à être engagée contre ces nouvelles forces, bien supérieures à celles que Jourdan croyait rencontrer sur ce point.

    Il s’engagea dès lors, à la gauche française, un des combats les plus opiniâtres et les plus meurtriers. Les Français s’élancèrent trois fois au pas de charge sur la nouvelle ligne autrichienne, sans pouvoir l’enfoncer. La lutte se soutint indécise pendant plusieurs heures. La fatigue accablait les Républicains, qui n’avaient pas de réserve d’infanterie, et auxquels l’Archiduc opposait sans cesse des troupes fraîches.

    Jourdan, témoin de l’intrépidité inutile de tant de braves, ordonna à Soult de se replier sur la cavalerie de d’Haupoult, dans la plaine de Liptingen. Deux régiments de cavalerie eurent ordre de surveiller les débouchés par où l’ennemi aurait pu tourner sa division.

    Le général français ne désespérait néanmoins pas encore du succès. La victoire aurait été probable s’il eût cherché à rétablir la balance numérique des forces, en rappelant Saint-Cyr en hâte. Mais il se borna, au contraire, à demander à son lieutenant un renfort d’un seul régiment, lui enjoignant d’ailleurs de presser sa marche sur Mœskirch.

    Les six bataillons de grenadiers et les douze escadrons de cuirassiers ennemis débouchèrent de la forêt. Deux de ces bataillons furent dirigés sur les hauteurs de Neuhausen, les autres se formèrent en seconde ligne, les cuirassiers à droite. Du côté des Français, la 8e demi-brigade, demandée à Saint-Cyr, venait d’arriver, et reçut l’ordre de tourner l’ennemi par le ravin d’Edenstetten.

    La 25e légère, les 53e et 67e de ligne devaient, en abordant l’infanterie autrichienne, l’empêcher de déboucher, pendant que d’Haupoult exécuterait une charge avec la réserve de cavalerie. Cette dernière opération se fit tardivement et sans ensemble. La cavalerie ennemie, après avoir soutenu le choc, culbuta la cavalerie française sur Liptingen. Jourdan, ayant voulu rallier les fuyards, fut entraîné par eux. Cet incident détermina la retraite de l’infanterie, qui se fit avec beaucoup d’ordre. La 8e fut presque entièrement écrasée dans le ravin d’Edenstetten.

    L’Archiduc n’osa pas poursuivre un succès si longtemps contesté, et forma sa ligne en face du village de Neuhausen, derrière lequel Jourdan se retira. La canonnade dura jusqu’à la nuit. La présence d’esprit de Saint-Cyr sauva l’aile gauche après l’affaire de Liptingen. Ce général, ne pouvant joindre l’armée vers Tuttlingen, gagna en hâte Sigmaringen, pour y surprendre le passage du Danube et se saisir du pont, que ses troupes franchirent dans la nuit, opérant ensuite leur retraite par la rive gauche. Vandamme, détaché avec 1200 fantassins et 600 chevaux sur les derrières de l’ennemi, rejoignit Soult heureusement.

    Nauendorf et Schwarzemberg avaient été attaqués pendant ce temps par Ferino et Souham, et débusqués d’Aach et de Steusslingen. Les Autrichiens ayant aussi été chassés des bois d’Erlen, Ferino s’empara à trois heures de Neuzingen et des hauteurs qui le dominent, sur lesquelles il comptait se lier avec Souham. Mais ce dernier, au lieu de se porter sur la route de Stockach, s’était arrêté sans motif à Eigeltingen.

    Le but de Jourdan fut donc aussi doublement manqué de ce côté, parce qu’une seule division ne suffisait pas pour forcer le centre et la gauche des Autrichiens, malgré les troupes qui en avaient été ôtées pour être portées sur la droite. Toutes les tentatives de Ferino furent en effet repoussées par Staader. L’Archiduc, menacé sur Stokach par deux divisions, n’aurait pas pu en distraire les forces qui obligèrent Jourdan à battre en retraite.

    L’ennemi retira peu de profit de cette espèce de victoire. Les pertes furent énormes des deux côtés. Le nombre des morts s’éleva à 9000, dont 5000 du côté des Français. Les Autrichiens eurent à regretter les princes de Furstemberg et d’Anhalt-Bernbourg qui succombèrent avec une foule de braves officiers.

     

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