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    La prise de Vĩnh Long

    D’après « Abrégé de l’histoire d’Annam » – Alfred Schreiner – 1906

     

    Il était devenu impossible de laisser subsister un foyer d’agitations insurrectionnelles comme Vĩnh Long, d’où partaient incessamment des agents ennemis, des partisans, des armes, des munitions et des aides de toutes sortes.

    Sans doute Trưởng vận Huyện, le Tổng đốc du Long Tướng (provinces de Long-Hô, ou Vĩnh Thạnh – plus tard Vĩnh Long – et de Định Tường), n’avait pas la sympathie des populations. Petit vieillard astucieux et dur, il ne s’était fait remarquer que par ses rigueurs et sa cruauté, surtout envers les chrétiens. Cependant, le respect de l’autorité, l’ascendant du titre et la crainte des linh, lui assuraient cette obéissance que la force sait maintenir, mais qui disparaît toujours en même temps qu’elle.

    La lutte promettait donc d’être vive. Par contre, l’éventuel succès apparaissait très solide. Dès la première heure, l’amiral Bonard en avait fait son siège, et, sitôt après la prise de Bà Ria, il réunit les forces nécessaires pour marcher contre la citadelle de l’Ouest, alors si bien défendue par le Mekong lui-même, qui masquait son front Nord d’une île marécageuse, impraticable et la baignait d’un bras de fleuve assez étroit pour faciliter l’établissement de barrages et de batteries. Au Sud, la citadelle était protégée par divers ouvrages pourvus d’artillerie et de très sérieuses défenses accessoires.

    Le 20 mars 1862, l’amiral se présenta devant la place avec une flottille de deux avisos et neuf canonnières, transportant un millier de combattants. Dans la soirée, les troupes, sous le commandement du lieutenant-colonel Reboul, sont débarquées à environ cinq kilomètres au Sud-Est de la citadelle, à Đình Khao, lieu où se trouvaient des tuileries.

    Le 22, la colonne se porte contre Vĩnh Long, franchissant deux arroyos sous le feu de l’ennemi. A 5 heures du soir, elle se trouve en face des batteries à l’Est de Vĩnh Long, engagées dans un violent combat d’artillerie avec les canonnières, comme, du reste, tous les autres ouvrages de la place.

    La division de la flottille qui attaquait les batteries de l’Ouest, cesse alors le feu pour ne pas gêner les troupes. A la nuit, le duel prend fin, l’artillerie des forts est réduite au silence, la citadelle seule tient encore. On s’était battu sept heures durant.

    Le lendemain 23, au jour, les troupes entrent sans coup férir dans la place qui avait été évacuée pendant la nuit. Cette fois, on arrive à temps pour éteindre l’incendie que les fuyards annamites viennent d’allumer. Les prisonniers chrétiens sont délivrés.

    Un matériel militaire important tombait aux mains des Français : soixante-huit pièces de tout calibre, une fonderie de canons, du salpêtre, une grosse quantité de poudre, de projectiles et un immense approvisionnement de paddy.

    Les auteurs, Vial, de Grammont, Bouinais et Paulus, Nicolas, Louvet, pour ne citer que ceux-là, ont bien exposé la marche de l’action et ses résultats, la seule chose qu’ils aient omise, ce sont les pertes humaines. Et pourtant, ce sont ces pertes qui déterminent la valeur de l’effort. Sans leurs chiffres, les expressions « ouvrage formidable », « violent combat d’artillerie », « brillant combat », « franchissement d’arroyos profonds malgré le feu de l’ennemi », etc., etc., laissent penser tout ce qu’on veut. S’il n’y a pas eu de tués, ce sont – qu’on nous passe le mot – d’affreuses blagues. Nous voudrions être renseigné.

     

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