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     Le 18 mars 1915 - La fin glorieuse des cuirassés Bouvet, Irrésistible et Océan dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-cuirasse-le-bouvet-150x150

     

    La fin glorieuse des cuirassés Bouvet, Irrésistible et Océan

    D’après « La grande guerre du XXe siècle » – Mars 1916

     

    Communiqué de l’amirauté anglaise

    Londres, 18 mars.

    Dans les Dardanelles, après dix journées de dragages des mines à l’intérieur du détroit, les flottes anglaise et française ont entrepris, hier matin, une attaque générale des forteresses du goulet.

    A 10h45 du matin, le Queen-Elizabeth, l’Agamemnon, l’Inflexible et le Lord-Nelson ont bombardé les forts J, L, T, U et V pendant que le Triumph et le Prince-George canonnaient les batteries F, E et H. Les obusiers et les canons de campagne rispostèrent par un feu violent.

    A midi 22, le Suffren, le Gaulois, le Charlemagne et le Bouvet, remontant les Dardanelles, attaquèrent les forts à portée restreinte. Les forts J, U, F et V répondirent vigoureusement.

    Les 10 cuirassés alliés furent atteints par les projectiles, mais les forts furent réduits au silence. A 1h25 de l’après-midi, tous les forts avaient cessé le feu.

    Le Vengeance, l’Irrésistible, l’Océan, le Swiftsure, et le Majestic s’avancèrent alors à l’intérieur du détroit pour remplacer les six vieux cuirassés.

    Au moment où la flotte française, qui venait d’attaquer les forts de façon si brillante, revenait, une mine fit sauter le Bouvet qui, en moins de trois minutes, coula par 36 brasses de fond, au nord d’Aren-Kioi.

    A 2h36 de l’après-midi, les cuirassés de relève reprirent l’attaque des forts, ceux-ci ripostèrent. L’attaque se poursuivit pendant que le dragage des mines continuait.

    A 4h09, l’Irrésistible, qui donnait fortement de la bande, quitta la ligne et, à 5h50, il coula, ayant probablement heurté une mine flottante. A 6h05, l’Océan coula également, ayant lui aussi heurté une mine.

    Ces deux cuirassés ont coulé en eau profonde, mais la presque totalité de leurs équipages avait pu être transbordée en sûreté sous un feu violent.

    Le Gaulois a été avarié par la canonnade. L’Inflexible, ayant eu son poste de contrôle de tir d’avant frappé par un obus, devra subir des réparations.

    Le bombardement et les dragages cessèrent à la tombée de la nuit. Il est impossible encore d’apprécier les dégâts subis par les forts soumis au feu direct et prolongé de forces très puissantes.

    Les cuirassés ont été coulés sur des points déjà dragués, mais où les courants ont apporté des mines flottantes. C’est un danger contre lequel nous devrons nous prémunir de façon spéciale.

    Etant donné l’étendue des opérations, les pertes britanniques sont relativement légères.

    Le Bouvet a coulé parce qu’une explosion intérieure s’est produite à la suite de l’explosion de la mine.

    Le Queen et l’Implacable, envoyés d’Angleterre pour remplacer les navires éventuellement perdus, ne tarderont pas à arriver, de sorte que la flotte britannique se trouvera ramenée à sa force primitive.

    Les opérations continuent. Les forces navales disponibles encore sur les lieux étant amplement suffisantes.

    Le contre-amiral John Michael de Robeck, faisant fonctions de vice-amiral, a pris le commandement en chef, en remplacement du vice-amiral Carden, actuellement malade.

    L’Irrésistible était un navire de guerre de 15000 tonnes, lancé à Chatham en 1898. Son armement comprenait : 4 canons de 12 pouces et de 12 et 6 pouces ; sa vitesse était de 18 nœuds ; l’équipage comprenait 781 hommes.

    L’Ocean était un navire de guerre de 12950 tonnes, construit à Devonport en 1898. Son armement était identique à celui de l’Irresistible ; il filait 19 nœuds à l’heure. L’équipage ne comprenait que 700 hommes.

     

    Le combat

    L’amiral Carden, malade, était parti pour Malte le 17 mars, à bord du Minerva, abandonnant le commandement supérieur au contre-amiral de Robeck, muni d’une commission de vice-amiral. Bien des légendes ont été mises en circulation sur cet engagement mémorable du 18 mars, qui a coûté aux alliés, trois unités de combat et de nombreuses vies humaines, et il n’est peut-être pas inutile de préciser la marche véritable des évènements avant que la distance ne prête encore aux imaginations.

    Dès 11 heures du matin, les quatre plus récents bâtiments de la flotte alliée, Queen-Elizabeth, Inflexible, Lord-Nelson, Agamemnon, étaient à leur poste, à 14 000 yards de Chanack, et ouvraient le feu sur les grands forts des « Narrows ». Ces quatre bâtiments, formant la ligne A, étaient soutenus, contre le tir des batteries de campagne de la côte d’Europe, par le Prince-George, et contre celles de la côte d’Asie, par le Swiftsure. Chaque cuirassé entrant dans le détroit est accompagné d’un canot à vapeur ou picket-boat, destiné à couler les mines flottantes.

    Dès midi 15, l’amiral de Robeck signale aux bâtiments composant le groupe B de se porter en avant : ce sont les quatre cuirassés de la division française. L’amiral Guépratte a réclamé instamment pour elle ce poste d’avant-garde et d’honneur.

    Le Suffren et le Bouvet progressent le long de la côte d’Asie, Gaulois et Charlemagne le long de la côte d’Europe, de manière à ne pas gêner le tir des bâtiments de la ligne A. Le Suffren, bâtiment amiral, s’avance le premier jusqu’à 9100 mètres de Yeni-Medjidieh, c’est-à-dire à 200 mètres à peine des premières mines, et ouvre le feu sur Yeni-Medjidieh.

    Suffren et Bouvet se relèvent réciproquement et s’appellent au moyen du pavillon I lorsqu’ils se jugent en mauvaise posture. A midi 55, le Bouvet succède ainsi au Suffren et tire avec une grande précision sur Yeni-Medjidieh et Namazieh. Mais le Bouvet est lui-même encadré par les batteries ; un léger incendie s’allume sur le pont etdans l’appartement du commandant. Le Suffren reprend donc sa place et exécute un excellent tir sur Yeni-Medjidieh, tandis que les bâtiments de la ligne A le soutiennent par leur tir à longue portée.

    De beaux coups de la Queen tombent sur Chanack et Hamidieh ; ils y provoquent d’énormes explosions. Malheureusement, la position stoppée du Suffren en fait un but trop facile pour les batteries turques. Le bâtiment est encadré, et plusieurs projectiles de 24 et de 15 tombent à bord. Tout l’armement d’une casemate, 12 hommes, est tué par l’explosion d’un projectile de 24. Plusieurs incendies s’allument et l’on doit même noyer une soute précipitamment. Le Bouvet remplace une seconde fois le Suffren, cependant que celui-ci se retire de quelques centaines de mètres en arrière.

    Il est 1h25, le tir du Bouvet, repris avec vigueur, paraît avoir éteint le tir de Namazieh. Les grands forts ne tirent presque plus.

    L’amiral de Robeck, estimant que la division française a brillamment rempli sa mission, lui signale de se retirer, cependant qu’un groupe C de bâtiments, comprenant l’Irrésistible et l’Océan, remonte le détroit pour prendre sa place.

    Les quatre cuirassés français s’éloignent vers la sortie du détroit.

    Tout à coup, il est 1h58, sans qu’aucun bruit ne soit entendu, le malheureux Bouvet s’incline de 90° sur tribord et coule, l’arrière en premier, en moins de deux minutes. Le chavirement a duré moins d’une minute, et pourtant les armements des tourelles de bâbord, le personnel du blockhaus, de la tourelle avant et de la sécurité arrière ont eu le temps d’évacuer. Malheureusement un trop grand nombre de ces infortunés tombent à tribord et sont recouverts par le bateau ou renvoyés dans les panneaux par les remous. Seuls, ceux qui ont pu se hisser sur la cuirasse à bâbord, et parmi lesquels les deux officiers canonniers, réussissent à se dégager.

    Les trois bâtiments français accourent et mettent leurs baleinières de sauvetage à la mer, cependant que les picket-boats de la ligne A se portent au secours des naufragés. Aucun bruit d’explosion n’ayant fait prévoir l’accident, on ignore à cet instant la présence des mines dérivantes auxquelles est cependant dû le sinistre, et l’on procède au sauvetage des survivants au prix des plus grands dangers.

    Les batteries de campagne et de 15 ont d’ailleurs repris leur tir et canonnent les embarcations de sauvetage sans pitié. A 2h40, les cuirassés français s’éloignent, cependant que des picket-boats continuent à patrouiller sur les lieux du sinistre. Une affreuse angoisse nous étreint de savoir tant de chers camarades disparus et de payer si lourdement et si tardivement un succès qui s’annonçait acquis. Mais nous ne sommes pas à bout de nos inquiétudes et de nos peines.

    Le Gaulois, qui rallie derrière le Suffren, à 12 nœuds, non sans tirer quelques dernières salves sur les batteries de 15 d’Achilleum, prend tout à coup une gîte inquiétante et pique du nez. Un projectile l’a frappé sous la flottaison à l’avant et lui a occasionné une forte voie d’eau. Les torpilleurs anglais et les picket-boats, appelés par nos signaux d’alarme, commencent l’évacuation méthodique de l’équipage, qui fait preuve du sang-froid le plus parfait. Le commandant Briard, par une habile manœuvre, parvient cependant à sortir du détroit et à conduire son bâtiment jusqu’aux Iles-aux-Lapins, où il échoue légèrement sur un fond de sable, au nord de l’île Drepano.

    [Eclaireur de Nice, cité par l'Eclair du 10 avril 1915]

     

    Récits de combattants et de témoins

    Le Bouvet manœuvrait pour venir se placer derrière le Suffren. Le soleil était superbe, le ciel bleu, la mer calme. On sortait de l’enfer, on respirait, fier de la tâche accomplie, et chacun à bord du Suffren était heureux de l’avoir vu échapper au désastre qui l’avait un instant menacé. Il était alors 13h58.

    Le Bouvet suivait à 500 mètres derrière. Soudain, il s’inclina sur tribord avec une rapidité inouïe. Un peu de fumée sortait de sa tourelle 27 centimètres tribord, mais on ne voyait aucune explosion apparente, aucune gerbe d’eau, rien de dramatique. On ne se rendait pas compte, on regardait un peu ahuri. Après un temps d’arrêt de douze à quinze secondes, pendant lequel le bâtiment paraissait stationnaire, il chavirait tout à coup. On voyait les grosses tourelles tomber à l’eau, puis la carène toute verte, puis la quille… puis, plus rien… l’éperon disparaissait le dernier. Mais tout cela dans un éclair ; la catastrophe était si soudaine que le spectateur, se frottant les yeux, en était encore à se demander s’il ne rêvait pas !

    Aussitôt, le Suffren mettait à l’eau la seule embarcation qui ne fût pas trouée par les obus, une baleinière, dans laquelle sautaient aussitôt quelques hommes. En même temps, les nombreuses vedettes à vapeur anglaises accouraient à toute vitesse pour recueillir les survivants, sous le feu violent des batteries de campagne turques qui bordaient la rive. Hélas ! Le nombre en fut infime (Le capitaine de vaisseau Rageot de la Touche, les capitaines de frégate Aurélie et Cosmao Dumanoir et presque tous les officiers périrent à leur poste de combat. On ne sauva que 66 hommes sur près de 700 que comprenait l’équipage).

    Honneur à tous ! Ils moururent simplement, obscurément, pourrait-on dire, dans une catastrophe d’une soudaineté stupéfiante. Ils ont donné leur vie pour la France immortelle, et le nom du Bouvet deviendra légendaire et vivra à jamais dans la mémoire des marins !

    Y., officier de marine. [Echo de Paris, 16 janv. 1916]

     

    On parle de nos poilus, et on a raison. On a d’autant plus raison qu’à côté de ce qu’on sait, il y a quotidiennement des milliers d’héroïsmes qu’on ignore. Mais nos marins ne le cèdent en rien à leurs frères des tranchées.

    Ecoutez plutôt : C’est le 18 mars dernier, dans les Dardanelles. Le Bouvet vient de toucher une mine. L’explosion est si violente que, durant trente secondes, le cuirassé tremble comme s’il avait la chair de poule.

    Puis une soute saute, et il se couche aussitôt sur bâbord. Tout l’équipage, de ce côté du navire et dans les fonds, est instantanément « coiffé » par l’eau, assommé, noyé. Seules, les équipes des tourelles de tribord, qui montaient en l’air, purent ouvrir les portes blindées, et, comme les cloportes, se glisser sur le pont, puis sur la coque même, le Bouvet continuant à se retourner. Tout cela ne prit pas plus de deux minutes, et un instant après les tourelles sautaient.

    Sur cette coque, il y avait une centaine de rescapés. Mais le Bouvet se mit à s’enfoncer. Tous ceux qui, à ce moment, voulurent fuir à la nage furent pris par des remous latéraux et furent aspirés par l’abîme comme des fétus de paille. Ceux qui se sauvèrent, furent ceux qui eurent l’étrange courage de se laisser couler avec le navire.

    Voici donc le rescapé dont je veux vous parler ; il attend que l’eau lui vienne aux genoux, aux épaules, au menton. Il flotte, croche un bout de bois, fait trois pirouettes, remonte trois fois, et à la quatrième, le Bouvet est au fond, il n’y a plus de remous ; on peut nager.

    Le matelot se dirige vers le Sud, suivant le courant, et le Gaulois, arrivant à sa rencontre, lui lance des ficelles pour le faire monter à bord. Mais il se retourne, faisant la planche pour causer plus commodément. Et d’une voix paisible : Vous n’êtes pas fous ? Merci du cadeau ! Il y a d’autres mines et vous toucherez. Moi, je cale moins, je passerai par-dessus : j’aime mieux tirer ma coupe !

    Quelques minutes après, en effet, le Gaulois touchait à son tour, tandis que le mathurin, toujours avec le même sang-froid, se faisait recueillir par un torpilleur léger, qui « calait moins », comme lui !

    Quels hommes, que ceux-là !

    Pierre Mille. [Excelsior]

     

    Un docteur du Gaulois, qui a pu interroger quelques-uns des survivants de l’équipage du Bouvet, écrit :

    18 mars 1915. Je demande au lieutenant de vaisseau T., du Bouvet, s’il sait quelque chose des amis que j’avais sur son navire : l’enseigne A., un ancien du Gaulois, les médecins D. et C., qui, occupant les fonds, ont dû être surpris par la soudaineté de l’explosion. Que d’héroïsmes obscurs que jamais l’histoire n’inscrira !

    Le Dr C. avait été appelé dans la tourelle avant, où quatre hommes étaient tombés asphyxiés. Jusqu’au dernier moment il resta près d’eux, mais put-il alors se sauver, comme le premier maître canonnier qui dirigeait la pièce ? Le commandant R. de T. est demeuré à son poste dans le blockhaus. Le capitaine de frégate A., commandant en second, était dans la cambuse au moment de la secousse.

    Il dit : Je crois que nous venons de recevoir une torpille ; je vais voir ce que c’est.

    Qu’est-il devenu, lui aussi ?

    Beaucoup, certes, ont dû pouvoir se jeter à la mer, mais combien ont pu être recueillis ? Un survivant dit avoir vu, à quelques mètres de lui, pendant qu’il nageait, une manche ornée de trois galons se dresser vers le ciel en signe de ralliement. Un cri de « Vive la France ! » et le bras de l’officier disparut.

    Fait déconcertant, inexplicable – et cependant souvent noté,- en ces moments de grand danger, dont la conscience nous échappe : l’empreinte qu’un insignifiant détail laisse en nous, et qui nous poursuit de son obsession.

    Un officier de notre Bouvet serrait contre son sein, quand on l’a repêché, la mappemonde de navigation, la « tête de veau », dont il ne voulait, à aucun prix, se défaire. Un matelot brandissait la longue-vue de la timonerie, heureux de « sauver quelque chose ».

    Le quartier maître Q. était, lui, dans une tourelle 14 bâbord du Bouvet. Le canon ne tirant pas à ce moment, il perçut très nettement le choc, une secousse de tribord à bâbord, « soulageant le bâtiment comme s’il avait marché sur un rocher ». Une dizaine de secondes, il reste sur sa selle de pointeur, puis, sans que ses camarades se rendent compte de la situation, il se lève, va regarder par le trou d’évacuation, sent que l’on s’incline. Il crie : C’est une mine ! Nous allons couler !

    A trois, ses canonniers essayent d’ouvrir la porte qui donne dans le jardin, mais, à peine entre-baillée, cette porte se bloque. Alors, on essaye d’ouvrir le trou d’homme du plafond de la tourelle ; mais à trois encore, une main chacun sur la poignée, on ne parvient pas à le dégager.

    Q., pourtant, s’aidant de la tête et des mains, soulève, dans un effort désespéré, le couvercle, passe à travers le trou d’homme, donne en sortant la main à un camarade, et se met à courir sur l’avant.

    Les cheminées déjà plongeaient dans l’eau. Q. enlève sa chemise de laine et son pantalon de drap, puis, ayant glissé sur la mousse de la cuirasse, il est projeté à l’eau. Attiré dans un remous, il remonte bientôt à la surface, voit le ciel, se croit perdu, accroche un hamac au passage. Il nage, ainsi soutenu, pendant deux minutes, troque son hamac contre une cage à poules qui lui paraît plus résistante.

    Au bout de cinq minutes, il aperçoit une vedette anglaise, nage dessus et croche dans les fargues. On l’aide à monter, on le ragaillardit d’un peu d’alcool, et on le conduit sur le Gaulois, où il pense alors à changer de linge dans une casemate

    XXX. [Revue de Paris, 1er nov. 1915]

     

    A la mémoire des marins du Bouvet

    Le lundi 29 mars 1915, en l’église Saint-Louis de Brest, un service funèbre, présidé par Mgr Duparc, évêque de Quimper, fut célébré pour les héros morts aux Dardanelles. Dans l’assistance on remarquait MM. les vice-amiraux Berryer, préfet maritime, gouverneur de la place de Brest ; Favereau, commandant en chef de l’escadre du Nord ; les contre-amiraux Le Cannelier, de Bon, Barbin, Adam ; de nombreux officiers de marine et de tous les corps de la garnison, ainsi que des détachements du 2e dépôt et des bâtiments de l’escadre.

     

    Le commandant du Bouvet

    Le valeureux commandant du Bouvet, Rageot de la Touche, né à Toulon en 1858, d’une famille de marins, avait eu une carrière bien remplie, féconde en brillants services et en navigations lointaines.

    Très allant, plein d’entrain, il avait accueilli avec enthousiasme la nouvelle de la déclaration de guerre. Il est mort en héros, comme tous les braves qui se sont engloutis avec lui dans les eaux des Dardanelles.

    Sur les rives du Bosphore, des femmes grecques, témoins de la magnifique bravoure de nos marins, ont pieusement jeté des fleurs dans la mer et brûlé de l’encens pour honorer les morts du Bouvet.

    [Bulletin des Armées, 25-27 mars 1915]

     

    Citation à l’ordre de l’armée

    Du Journal Officiel (6 août 1915)

    « Le cuirassé Bouvet : Après avoir soutenu un combat héroïque contre les forts des Dardanelles, le 18 mars 1915, a heurté une mine et a trouvé une fin glorieuse, sombrant avec son commandant et presque tout son équipage ».

     

     

    Pour plus de renseignements

     

  • 3 commentaires à “Le 18 mars 1915 – La fin glorieuse des cuirassés Bouvet, Irrésistible et Océan”

    • Joseph André Benjamin Quere on 27 décembre 2014

      Dans votre dernier article, le quartier-maître canonnier « Q » sur le Bouvet était mon grand-père.
      Mon père, Joseph Quere étant décédé en 1935, juste avant que je naisse, c’est un oncle: Alexandre Quere qui m’a transmis des documents relatifs à cette tragédie.
      Votre article est un précieux témoignage. je vous en remercie.

    • Association " aux marins" on 6 avril 2015

      Rédactrice benevole à l’association « aux marins »qui gère le cenotaphe de la pointe saint Mathieu, oú sont honorés les marins morts pour la France, je suis à la recherche de familles de marins disparus sur le Bouvet.
      L’association envisage en effet une cérémonie en l’honneur des marins de ce bâtiment en y associant les familles.
      Pour tout contact:
      Assauxmarins. redacteurs@orange.fr

    • Bernard Arnould on 15 avril 2016

      Mon oncle maternel Louis LABORDE était matelot sur le Bouvet.
      A l’occasion du centenaire de ce drame, j’ai rassemblé les quelques courriers écrits par lui sur le Bouvet et j’ai fait un court article en vue de le publier dans le bulletin de la Société d’agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône (SALSA, 1 rue des Ursulines 70000 VESOUL) dont je suis adhérent.
      Espérant que mon article sera accepté par le comité de rédaction de cette société, je vous enverrai une copie dès que disponible.
      Merci pour votre action de mémoire.

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