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     Le 8 mars 1916 - Le combat du bois des Corbeaux dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-du-bois-des-corbeaux-150x150

     

    Un épisode des combats du bois des Corbeaux

    D’après “Journal Nouvelliste de Bretagne, n° 96, du mercredi 5 avril 1916”

     

    Paris, 4 avril 1916.

    Le bois des Corbeaux, dans la bataille de Verdun, donnera son nom à l’un de ces épisodes où l’histoire, plus tard, comme à Douaumont, comme à Vaux, recueillera à foison des traits d’héroïsme individuels ou collectifs.

    Pris, repris et reperdu dans les journées des 8, 9, 10 mars, il fut le théâtre de sanglants combats et nos troupes qui y prirent part se montrèrent magnifiques sous le feu.

     

    Voici le récit de ces trois journées héroïques, tel qu’il nous a été fait par un officier blessé qui se trouva placé auprès du lieutenant-colonel Camille-Joseph-Léon Macker, commandant le 92e régiment d’infanterie jusqu’au moment où celui-ci fut tué :

     

    La toilette du colonel avant l’assaut.

    C’est du Mort-Homme que notre attaque partit le 8 mars 1916, sur le bois des Corbeaux. Il fallait, pour y parvenir, descendre par des pentes dénudées sur un espace de 900 mètres.

    L’opération fut confiée au 92e régiment d’infanterie, commandé par le Lieutenant-Colonel Macker, avec un bataillon du …e en soutien. On devait partir à 7 heures. Le Colonel Macker, ayant pris toutes ses dispositions de combat, voulut soigner sa toilette pour cette grande journée. N’ayant pas d’eau pour faire sa barbe, il vida dans son quart le fond d’une bouteille de vin qui lui restait et trempa son blaireau dans le vin pour se savonner.

    Il apparut à ses hommes rasé de frais, souriant et si calme que les plus nerveux à son approche se sentaient rassérénés et sûrs de vaincre. Il disposa en trois vagues les bataillons de son régiment et fixa les intervalles. Lui-même marcherait devant la deuxième vague. Comme il était très croyant, il pria l’aumônier de la division de se placer sur le côté et de bénir chacune des trois lignes, lorsqu’elle défilerait à sa hauteur, puis il regarda sa montre, alluma un cigare, recommanda à la première ligne de ne pas se presser à cause du long espace à parcourir.

    Quand ce fut 7 heures, il leva sa canne pour donner le signal. L’aumônier, à son poste, bénit les partants. La canne à la main, le cigare aux lèvres, le Colonel partit à son tour devant la deuxième vague.

     

    L’assaut.

    On fit au pas, sans se presser, ainsi que l’avait recommandé le Colonel, la plus grande partie du parcours. 200 mètres seulement avant la lisière sud du bois, on prit le pas de charge à cause des mitrailleuses qui tiraient de la corne sud-est du bois de Cumières et battaient le bas des pentes.

    On parvint au bois des Corbeaux, dont on aborda la lisière sans rencontrer personne. L’ennemi avait fui devant l’avalanche, mais s’était fortifié à la lisière nord où nos fantassins furent reçus à coups de grenades, mais d’où ils délogèrent l’ennemi.

    A 7h20, nous étions maîtres de tout le terrain. Un heureux tir de barrage empêcha les renforts allemands de passer et nous pûmes nous installer presque tranquillement.

     

    Un ordre du jour.

    Radieux, le Colonel fit un ordre du jour qui devait être le dernier et qui a toute la beauté d’un testament héroïque :

    « Le régiment, disait-il, et, si ce ne sont pas les termes exacts, j’en garantis du moins la pensée, a, dans un élan magnifique, emporté le bois des Corbeaux. Par vous, grâce à vous, j’ai vécu la plus belle journée de ma vie de soldat ».

     

    Le 9 mars, au soir, vers 6h30, une contre-attaque ennemie, venue de Forges, se déclencha pour nous arracher notre conquête; nous la dispersâmes à coups de mitrailleuses et de fusils et nous fîmes une cinquantaine de prisonniers. Nous avions reçu la veille en renfort deux compagnies du …e et, le matin, deux autres.

     

    Le colonel est tué.

    Le 10, au matin, pour prévenir les attaques allemandes que nous sentions venir, nous réattaquons et nous nous emparons de la lisière nord-est du bois de Cumières.

    C’est en se portant à ce point qu’il veut fortifier que le Colonel Macker est tué par une mitrailleuse qui faucha, en même temps que lui, le commandant Arnoult et le lieutenant Rouchon. Il tomba sans pousser un cri.

    Le régiment a perdu dans son Colonel, un chef et un père. Du moins, nous l’avons vengé et son souvenir continuera de nous conduire à l’ennemi.

     

    Voici du reste la citation relative au Colonel Macker : « Chef de corps de premier ordre : chargeant en tête de deux bataillons de son régiment, a, dans un élan irrésistible, franchi les barrages les plus violents de grosse artillerie et enlevé la position ennemie. Tombé en héros sur le terrain conquis, après avoir rejeté pendant deux jours toutes les contre-attaques de forces très supérieures en nombre ».

     

  • 2 commentaires à “Le 8 mars 1916 – Le combat du bois des Corbeaux”

    • BELIERES Didier on 22 août 2016

      Le 9 mars, le caporal Albert Jean Germain PERSET, du 139e RI a été tué à l’ennemi sur le site de Mort-Homme, il avait 26 ans.
      RIP

    • Pelrat Régis on 2 avril 2017

      Mon grand-père PELRAT Jules a combattu au Bois des Corbeaux. Avant d’étre fait
      prisonnier et de passer une partie de la guerre, dans une mine de sel. Avant le Bois des Corbeaux, il a été blessé par une balle Française. Mauvaise compréhension entre les patrouilles, Jules a été touché à un orteil après s’étre couché.

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