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    Le combat de Ben Nahr

    D’après « Le général de division Camou » – 1868

     

    Après la pacification des Beni-Djad, le colonel Camou se rapproche du pays de Tittery avec la colonne du général Marcy-Monge, qu’il a rejoint le 11 janvier 1846. Le général Marey-Monge lui confie son commandement.

    Il renforce cette colonne des goums alliés, qu’il appelle à lui, et cherche à lui donner la plus grande mobilité et à la rendre capable de marches rapides en faisant porter à dos de chameau, les sacs des hommes et les besaces des cavaliers.

    Ces dispositions lui permettront d’exécuter les ordres que le maréchal Bugeaud prescrit depuis longtemps à ses généraux, c’est-à-dire de prendre l’offensive et de faire ainsi changer la face des affaires.

    Bientôt, en effet, les Arabes, connaissant le peu de mobilité que nos colonnes ont offert jusqu’à présent, viennent, dans le Djebel-Sahri, planter leurs tentes à douze lieues seulement des troupes françaises, et, confiants dans leur éloignement et le manque de ressources du pays qu’il faut traverser pour les atteindre, ils négligent de se tenir sur leurs gardes.

    Surpris, le 23 février 1846, par le colonel Camou, qu’une marche rapide a tout-à-coup porté sur eux, ils fuient épouvantés en perdant une grande quantité de butin. Après cette heureuse razzia, le colonel Camou se retire à El-Abiod.

    Le 7 mars au matin, étant à ce bivouac, il apprend que l’Emir, qui, le 5 encore, était au pied du Djurjura, s’est porté par une marche de jour, suivie d’une marche de nuit, au Sud-Est de Birin et se trouve seulement à quatre ou cinq lieues de lui, projetant une razzia sur les tribus soumises. A cette nouvelle, il lève de suite son camp et se dirige rapidement sur Birin.

    En route, il apprend qu’Abd-el-Kader vient d’opérer une razzia sur les Douairs, tribu du Maghzen. Bientôt après, il voit lui-même défiler, à environ deux lieues dans la plaine, une longue colonne de chameaux et de butin, qui se dirige vers le Sud, sous la protection de nombreux cavaliers guidés par l’Emir.

    Il laisse aussitôt son convoi derrière lui et se porte en avant avec deux bataillons du 33e, quatre compagnies de zouaves, un bataillon du 22e de ligne, 155 chevaux des spahis et chasseurs et deux pièces de montagne.

    Pendant une heure et demie, il parvient à dérober sa marche à l’Emir qui, l’apercevant enfin, dirige sa razzia vers l’Ouest, du côté de Ben-Nahr. Le colonel Camou accélère sa marche, et, arrivé à 3000 mètres environ de l’ennemi, il lance sa cavalerie qui s’engage bientôt. Le goum, se sentant vivement appuyé, prend part à l’action.

    Les réguliers d’Abd-el-Kader et ses goums défendent leurs prises avec ardeur. Mais bientôt les cavaliers du goum lâchent pied et les réguliers seuls soutiennent le combat avec intrépidité. Ils cèdent enfin devant nos cavaliers et se dispersent après avoir favorisé la fuite de l’Emir.

    A une heure et demie, tout est terminé. L’infanterie, qui a fait onze lieues depuis le matin et a toujours suivi de près la cavalerie, la rallie bientôt et la colonne prend la direction de Birin.

    Les résultats de cette journée, dus au courage de nos troupes et à l’audacieuse initiative du colonel Camou, sont grands au point de vue militaire et au point de vue politique.

    A six heures du matin, Abd-el-Kader avait obtenu le plus éclatant succès : la tribu Maghzen, celle qui avait la mission de représenter notre autorité aux yeux des Arabes, était complètement razziée, presque en vue du camp français. Il conduisait sa proie en triomphe, au milieu des cavaliers de nos goums, qui, du haut des collines voisines, voyaient passer avec effroi la vengeance de l’Emir.

    A deux heures de l’après-midi le même jour, après s’être laissé enlever pièce à pièce son immense butin, après avoir vu tomber bon nombre de ses réguliers, il fuyait presque seul, aux yeux des mêmes populations, qui, le matin encore, tremblaient à son seul nom.

    Ce brillant fait d’armes, qui porte un coup si terrible à la puissance de l’Emir, vaut au colonel Camou une citation dans le rapport du général Marey-Monge, en date du 10 mars 1846.

     

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