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     Le 13 mars 1814 – Le combat de Reims dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-de-reims-150x150

    Le combat de Reims

    D’après « France militaire : histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837 » – Abel Hugo – 1838

     

    Pendant que l’armée, sous les ordres de l’Empereur, était aux mains avec l’armée de Silésie, le comte de Saint-Priest, commandant un corps russe, s’approchait de Reims à l’improviste.

    Ce général, né français, s’étant procuré des intelligences dans cette ville, fut instruit qu’elle n’avait pour garnison qu’une centaine de chevaux de la garde impériale, 50 gendarmes et les cadres de trois bataillons, sous les ordres du général Corbineau, et que la place n’était fermée que par un mur abattu en partie.

    Le 12 mars, à la pointe du jour, l’ennemi pénétrant dans Reims par trois côtés différents, surprit la petite garnison qui ne put se réunir.

    Le colonel Jacquemart rassembla seul quelques troupes, et tenta de s’opposer aux progrès des Russes. Mais, trop faible, il fut contraint de battre en retraite. Quelques compagnies ennemies lui fermaient le passage, il les culbuta, et sortit de la ville par la porte de Mars. Dix escadrons se mirent à sa poursuite, le chargèrent et le cernèrent. Mais sa bonne contenance les éloigna, et sa poignée de braves se joignit enfin à la division de gardes d’honneur du général Defrance, qui accourait, mais trop tard, pour secourir Reims.

    Le général Corbineau, trouvant toutes les issues occupées par l’ennemi, ne put sortir de la ville, et y resta caché jusqu’au lendemain. La garnison eût été prisonnière sans le généreux dévouement de la garde urbaine, qui facilita son évasion en la soutenant vaillamment dans plusieurs quartiers.

    L’empereur Napoléon, instruit de cet évènement, qui aurait permis à Blücher, au moment où celui-ci venait de faire sa jonction avec Bernadotte, de renouer ses communications avec Schwarzenberg, quitta Soissons, où il s’était retiré après la bataille de Laon, et se porta rapidement sur Reims pour reprendre cette ville.

    La cavalerie du général Bordesoulle fit replier, sans coup férir, la cavalerie ennemie près de Ronay. L’infanterie du duc de Raguse, qui suivait immédiatement, trouva, sur le plateau des Ormes, deux bataillons prussiens, et les obligea à mettre bas les armes.

    Napoléon étant arrivé à son avant-garde à quatre heures, reconnut le corps ennemi, fort de 14000 hommes, en position sur la Vesle, en avant de Reims, et ne pouvant le tourner faute de pont sur la Vesle, il ordonna aussitôt de le forcer de front.

    La division de cavalerie aux ordres du général Merlin engagea l’action à l’extrême droite, cerna trois bataillons et les fit prisonniers. Sur la Chaussée, la division Ricard attaqua vivement, et repoussa l’ennemi jusqu’à l’entrée du faubourg.

    Le comte de Saint-Priest, voyant alors qu’il avait affaire à l’Empereur en personne, jugea qu’il ne pourrait se maintenir, et ordonna à sa seconde ligne de traverser Reims en toute diligence, et de se retirer dans la direction de Laon. Dans ce moment, ce général ayant eu l’épaule fracassée par un éclat d’obus, le désordre se mit dans ses troupes, qui encombrèrent bientôt la porte de Soissons.

    Le général Philippe de Ségur, commandant une brigade de gardes d’honneur de la division Defrance, s’en aperçut et tomba sur les dragons russes, dont il culbuta un grand nombre dans le bras gauche de la Vesle, après leur avoir enlevé huit pièces. Ce général fut grièvement blessé. Cette brillante charge, qui aurait coupé la retraite à tout ce qui était sur la rive gauche de la rivière, si le général Defrance avait pu la soutenir avec son autre brigade, n’obtint qu’un demi-succès : le 1er régiment d’infanterie russe se fit jour à la baïonnette, et sauva son général expirant.

    Le duc de Raguse pénétra aussitôt dans le faubourg de Reims, et pendant que son artillerie tirait pour rompre la grille du canal, il plaça son infanterie dans les maisons, d’où elle tirailla, jusqu’à onze heures, sur les troupes qui tenaient encore derrière des épaulements.

    Dans le temps que l’entrée de Reims était si vivement disputée, Napoléon ayant fait établir un pont sur la Vesle, les chevau-légers polonais de la garde, que commandait le général Kraczinski, suivis de la division Excelmans, passèrent cette rivière, et refoulèrent sur la ville une grande partie des troupes qui se retiraient sur la route de Béry-au-Bac.

    Dès ce moment, la déroute de l’ennemi fut complète, et les troupes, n’écoutant plus les généraux, se sauvèrent à la débandade dans toutes les directions.

    Napoléon entra dans Reims à une heure du matin. La ville fut spontanément illuminée. Le peuple, dans l’ivresse de sa joie, se précipita au devant de l’Empereur, et le conduisit en triomphe à l’hôtel-de-ville.

    Le résultat de ce combat, où les Français n’eurent pas au delà de 7 à 800 hommes hors de combat, fut pour l’ennemi une perte de 800 tués, de 1600 blessés, de 3000 prisonniers. Les vainqueurs s’emparèrent de onze bouches à feu, de cent chariots de munitions, et d’un équipage de pont.

    L’armée obtint trois jours de repos à Reims, après lesquels Napoléon retourna sur l’Aube et la Seine, pour opérer contre l’armée austro-russe du prince de Schwarzenberg, et laissant sur l’Aisne divers corps afin d’observer et contenir Blücher.

     

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