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    Le combat de Zobbo

    D’après « Les Hauts faits de l’armée coloniale » – F. Bertout de Solières – 1812

     

    A la suite d’un différend entre le Dahomey et l’Angleterre, en 1878, la France voulut s’assurer dans ce pays une influence prépondérante et un traité fut signé entre le capitaine de frégate Serval et le roi Glé-glé, qui confirmait nos anciens droits, datant de 1864, sur Kotonou, comptoir important de la côte.

    Une petite garnison fut envoyée en 1885 dans cette ville, mais deux ans plus tard, le roi Glé-Glé refusa de continuer à reconnaître nos droits et, même, voulut nous forcer à renoncer au protectorat du royaume de Porto-Novo qui nous avait été octroyé en 1863.

    En 1889, Glé-glé envahit les territoires de notre protégé, le roi Toffa, et les razzia. Il incendia même la ville que nos vingt-sept tirailleurs et le capitaine Bertin ne purent défendre (28 mars 1889).

    M. Bayol, lieutenant-gouverneur des Rivières du sud, résolut d’aller demander des explications au roi du Dahomey. Il se rendit à Abomey en novembre 1889, accompagné de son secrétaire.

    Pendant plusieurs semaines, les deux Français furent retenus à la cour de Glé-glé, endurant mille souffrances, assistant à des sacrifices humains, à des hécatombes terrifiantes d’esclaves. Aussi, écœuré, Bayol consentit à signer la renonciation de la France et s’enfuit de cette ville maudite.

    Glé-glé mourut le 28 décembre de la même année et eut pour successeur Behanzin. Ce dernier, bien qu’élevé en France, nous était hostile et ne cachait pas sa haine pour notre patrie.

    Il fit de suite arrêter à Widah plusieurs Français, dont le père Dorgère, et les emmena prisonniers à Abomey.

    Pour venger une telle violation de nos droits, une expédition fut décidée. Le commandant d’infanterie de marine Terrillon débarqua à Kotonou avec quatre cents hommes de troupe du Sénégal. Cinq cents auxiliaires furent mis à sa disposition.

    Le 21 février 1890, un premier engagement heureux nous coûta quatre blessés. le 23, les Dahoméens tentent un retour offensif, mais des feux de salve exécutés avec calme à deux ou quatre cents mètres, et quelques boîtes à mitraille, les mirent en fuite aussitôt. Nous avions cette fois encore trois blessés, mais les ennemis laissaient dix-sept cadavres sur le terrain.

    Le 1er mars, le commandant Terrillon résolut de marcher en avant. Une colonne est dirigée sur Zobbo, au nord de Kotonou, sur les bords du lac Nokoué. Les hommes furent transportés en pirogue jusqu’au lac.

    A peine les premières troupes auxiliaires eurent-elles mis le pied sur la terre ferme, qu’elles furent assaillies par une vive fusillade. Au bruit des coups de feu, les tirailleurs de la 2e compagnie se jettent dans la vase et, gagnant les rives, viennent au secours des premiers.

    Une mêlée indescriptible s’engage sur tous les points ; le combat est acharné.

    Le commandant et son état-major sont entourés. Les officiers mettent le revolver au poing et font à leur tour le coup de feu. A ce moment, la charge sonne. Le capitaine Lemoine enlève les tirailleurs sénégalais avec entrain, emporte le village d’un seul bond et poursuit énergiquement l’ennemi.

    Les pièces de canon, qui ont pu être enfin débarquées, sont mises en batterie sur les bords du lac : un feu terrible de mousqueterie et d’artillerie met en déroute les derniers assaillants.

    A dix heures, tout paraissait donc terminé, et les soldats, harassés, formant les faisceaux, s’installent pour prendre un repas froid. Tout à coup, les Dahoméens surgissent à nouveau à quelques cents mètres.

    Les faisceaux sont rompus et les postes de combat repris en un clin d’œil. Les trois pièces reprennent également leur tir. Une demi-heure après, nos troupes restaient définitivement maîtresses du terrain.

    Avant de se ré-embarquer, la compagnie Septans fut chargée d’aller incendier le village.

    De retour à cinq heures à Kotonou, la colonne ne comptait que deux auxiliaires tués. Les Dahoméens avaient laissé plus de trois cents morts sur le champ de bataille.

     

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