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  • 27 février 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le 3ème combat de Bar-sur-Aube

    D’après « Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu’en 1815 » – Louis-Eugène d’ Albenas – 1820

     

    Au moment où l’armée austro-russe sous les ordres du prince de Schwartzenberg, évacuant Troyes (23 février), se retirait derrière 1′Aube voulant éviter un engagement général avec l’armée française, l’armée dite de Silésie s’en séparait encore une fois pour se porter isolément sur la Marne, et par cette route marcher sur Paris.

    L’empereur Napoléon, désespérant de faire accepter la bataille à l’armée austro-russe, laissa pour l’observer les corps des maréchaux Macdonald, Oudinot et du général Gérard, en position sur les routes de Châtillon et de Bar-sur-Aube, et avec le reste de ses troupes, il se mit à la poursuite du général Blücher.

    Le prince de Schwartzenberg, instruit de ce mouvement de Napoléon, quitta la défensive, et reprenant l’offensive attaqua, le 27 février, les corps français laissés devant lui sur l’Aube.

    Le maréchal Oudinot, prévenu dès la veille des projets de l’ennemi par divers rapports des habitants, n’ayant pas voulu y ajouter foi, ne prit d’avance aucune disposition défensive, négligea de faire rentrer en ligne son parc d’artillerie, que par prudence il avait envoyé sur les derrières à Magny-le-Fouchard, et fut surpris dans ses positions.

    L’action s’engagea vers onze heures du matin sur toute la ligne, et notre gauche, occupant les hauteurs de Vernonfait, fut la plus vigoureusement abordée.

    Les brigades Montfort et Belair repoussèrent d’abord une première attaque en refoulant l’ennemi dans un ravin. Mais bientôt écrasées par la mitraille, elles en étaient ébranlées lorsque la brigade Pinoteau vint les appuyer. Mais ce secours était insuffisant pour que notre infanterie pût se maintenir sous l’effroyable feu des alliés, dont l’artillerie avait fait taire la nôtre.

    Dans ce moment critique, la cavalerie aux ordres du général Kellerman, ayant passé l’Aube au gué du Saint-Esprit, prit sur-le-champ part au combat. La division de cavalerie légère du général Jacquinot, soutenue de la division de dragons qui arrivait d’Espagne, s’élance sur la cavalerie russe, la taille en pièces et la ramène le sabre à la gorge.

    Cette brillante charge, poussée à fond, paraissait décider l’action en notre faveur, lorsque le général russe Wittgenstein, faisant avancer toutes ses réserves et une artillerie formidable, foudroie nos colonnes. Le général Ismert, avec les 4e et 16e dragons, charge sur cette artillerie par trois fois, mais sans succès ; et en moins d’un quart d’heure, il perd quatre cents chevaux.

    L’ennemi recevant à chaque instant de nouveaux renforts, et une colonne russe débordant déjà notre gauche malgré la bonne contenance de la brigade Belair, le maréchal Oudinot ordonna la retraite.

    Dans le temps que ceci se passait au corps du maréchal Oudinot, le corps du général Gérard était aussi attaqué dans la ville de Bar même par le général bavarois de Wrede. Mais ses dispositions avaient été si bien prises qu’il repoussa constamment l’ennemi, et il s’y serait longtemps maintenu si, prévenu du mouvement rétrograde du centre et de la gauche, il n’eût pas jugé une plus longue résistance inutile.

    Une partie de l’armée avait déjà passé le pont de Dolencourt lorsque l’ennemi, plaçant douze pièces sur les hauteurs de ce village, à quatre-vingts toises de la route, derrière un large ravin, couvrit de mitraille la cavalerie du général Kellerman.

    Cette canonnade inattendue causa un instant du désordre qui se propageait lorsque le général Montfort, à la tête du 1er bataillon du 105e, de quelques compagnies du 101e et de jeune garde, poussa droit à la batterie et l’obligea à s’éloigner. L’armée effectua alors sa retraite sans être autrement inquiétée, et s’établit à Vandœuvres le lendemain.

    Cette journée, où cinquante mille alliés ne gagnèrent que le champ de bataille sur quinze mille Français, presque sans artillerie, coûta à ceux-ci trois mille hommes, prisonniers, tués ou blessés. Le général Pinoteau fut du nombre de ces derniers. L’ennemi avoua une perte de deux mille quatre cents hommes. Le prince de Schwartzenberg et le général Wittgenstein furent blessés.

    Le même jour, le maréchal Macdonald, qui par la route de Châtillon occupait le pays entre l’Aube et la Seine, avait fait porter sur la Ferté, le général Milhaud avec les divisions de cavalerie Piré et Briche, et la brigade d’infanterie du général Simmer. Notre avant-garde rencontra la cavalerie autrichienne sur les hauteurs en avant de la Ferté. La canonnade s’engagea vivement, et nos escadrons se déployant allaient fournir leurs charges, lorsque l’ennemi repassa l’Aube et rompit le pont de la Ferté.

     

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