• 18 février 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 18 février 1889 – La prise de Koudian dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-commandant-marchand-150x150

     

    La prise de Koudian (Soudan)

    D’après « Les Hauts faits de l’armée coloniale » – F. Bertout de Solières – 1912

     

    En 1888, Samory et Ahmadou qui n’avaient auparavant accepté la paix que dans l’intention de se refaire, s’entendirent à nouveau pour attaquer nos postes.

    Le village de Koudian, commandé par un lieutenant d’Ahmadou, Boukary, était le centre de toutes les intrigues, le refuge de tous les pillards de la région. Prévenu de ce qui se tramait contre nous, le commandant supérieur Archinard, chef d’escadron d’artillerie de marine résolut de tenter un coup de force et d’écraser les rebelles dans leur repaire. Il organisa, dans le silence, une expédition.

    Parti le 15 février 1889 avec une colonne forte de 400 hommes, il paraît devant Koudian le 18 au matin, après avoir parcouru plus de 400 kilomètres.

    Une avant-garde, sous les ordres du capitaine Quiquandon, de l’infanterie de marine, était arrivée depuis deux jours dans les environs, dans le but d’étudier la place et surtout de gêner les préparatifs de défense : ce double but fut atteint.

    En effet, les gens de Koudian crurent que l’avant-garde allait les attaquer. Ils se renfermèrent alors dans la citadelle, se contentant simplement de se garder étroitement et d’envoyer des défis aux Français. Toutes les nuits, les cris de « Allorou » (gens des créneaux, veillez !) se faisaient entendre presque continuellement, montrant avec quelle terreur les sofas attendaient l’attaque.

    Lorsque la colonne arriva tout entière, alors ce fut de la consternation. Un premier obus de 80 fut envoyé au centre de la ville, puis on attendit. Rien ne bougeant, aucun parlementaire ne se présentant, le tir fut repris et dirigé également sur les murs du fortin. Malheureusement, les projectiles un peu petits ne produisaient presque aucun effet sur ces murs en pisé et en terre, on dut redoubler le feu.

    Le bombardement et le tir en brèche commencés à 6 heures du matin continuèrent jusqu’à deux heures du soir. A ce moment, la brèche paraissant praticable, l’assaut fut ordonné. Les murailles se couvrirent aussitôt de nombreux défenseurs qui jusqu’alors étaient restés tapis dans la ville.

    La colonne d’assaut composée d’une compagnie de tirailleurs fut brillamment enlevée par ses chefs, le capitaine de Fromental et le sous-lieutenant Marchand, le futur héros de Fachoda. Mais la prise de la brèche fut rude. Malgré l’élan, la vigueur des troupes, les sofas tiennent quand même, se faisant tuer sur place plutôt que de reculer. Quelques tirailleurs ayant par bonheur pu réussir à couronner les créneaux voisins et à tirer dans l’intérieur de la ville, la débandade de l’ennemi commença et s’effectua rapidement.

    Le sous-lieutenant Marchand eut son casque traversé par une balle et fut blessé à la tête en pénétrant le premier dans Koudian. Son audace et son courage furent très remarqués et lui valurent, d’ailleurs, une citation à l’ordre du jour.

    Dans le village, le combat continua encore quelques heures, les noirs se retirant de case en case, offrant une résistance désespérée.Vers quatre heures cependant le palais du gouverneur tombait entre nos mains, et tous les sofas étaient tués ou faits prisonniers. On compta chez eux plus de 300 morts.

    De notre côté, nous avions un tirailleur tué et trois autres blessés, quelques auxiliaires tués.

    Marchand reçut pour sa belle conduite, la croix de la Légion d’Honneur le 18 septembre suivant et passa lieutenant quelques mois après.

     

  • One Response à “Le 18 février 1889 – La prise de Koudian”

    • Jean Ladjadj on 31 janvier 2014

      Bonjour,
      J’ai conservé en archive un document magnifique ayant un lien avec cette journée du 18 février 1889.
      La case du Marabout a été » pillée » et une magnifique pochette en cuir entourée d’une seconde enveloppe de cuir, elle même ceinturée dans une belle lanière de cuir incisée.
      Ma surprise est d’y avoir découvert des centaines d’écrits en arabe ancien.
      De magnifiques pages de coran rédigées à la plume d’une façon splendide..
      Les étiquettes collées par Edmond Hue étant intactes on peut lire sur les deux: Coran pris au pillage de Koudian le 18 février 1889 dans la case du marabout, avec la superbe signature de Edmond Hue.
      Document spectaculaire.
      Les étiquettes, à elles seules, sont une belle description de la prise de la case du Marabout.
      Bonne lecture.

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