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  • 18 février 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Capitaine Charles N’TCHORÉRÉ dans A NOS ANCIENS capitaine-ntchorere-150x150stele-du-capitaine-ntchorere-150x150 dans A NOS ANCIENS

     

    Charles N’Tchoréré est né le 15 novembre 1896 à Libreville (Gabon). Fils de notable, il fait quelques études avant de se porter volontaire pour servir la France et de s’engager dans les tirailleurs sénégalais en 1916. Il y fera la preuve de sa valeur en y étant nommé sergent.

    Une fois la première guerre mondiale terminée, il reste dans l’armée. Promu adjudant en 1919, il sert au Maroc. A l’issue d’une formation militaire à l’école d’officiers de Fréjus, il devient en 1922 un des rares Africains à recevoir les épaulettes d’officier en raison de sa brillante conduite. Il sert ensuite en Syrie où il est blessé au combat.

    Revenu en Afrique en 1925, il sert au Soudan français. En 1933, N’Tchoréré est promu capitaine et commande l’École des Enfants de Troupe à Saint-Louis du Sénégal. En 1939, lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale, il demande à partir pour le Front.

    En juin 1940, le capitaine N’Tchoréré sert dans la Somme, à la tête de la 5e compagnie du 1er bataillon du 53e Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais (53e RICMS), aux ordres du commandant Seymour.

    Charles N’Tchoréré est estimé des autres officiers et cadres européens placés sous son commandement. Sa compagnie est postée au centre d’un dispositif ayant pour mission de défendre la petite ville d’Airaines, située à 30 kilomètres d’Amiens, contre l’attaque des forces allemandes venues par la Belgique.

    La 5e compagnie a constitué un point d’appui dans un groupe isolé de maisons, au nord du bourg. Le premier assaut allemand qui se produit le 4 juin est repoussé, ainsi qu’un second assaut le lendemain.

    Le 6 juin, la ville est contournée et encerclée par les Allemands, et subit un intense bombardement combiné de l’aviation et de l’artillerie ennemies, qui détruit presque entièrement la bourgade, mais sans briser la résistance des hommes de Charles N’Tchoréré.

    Devant cette résistance inattendue, une délégation allemande se présente pour parlementer et tenter d’obtenir la reddition du bataillon qui défend Airaines, mais essuie un refus du commandant Seymour. Cet intermède est suivi de tentatives d’infiltrations de l’infanterie légère allemande, qui est repoussée dans les bois par une contre-attaque de la compagnie du capitaine N’Tchoréré.

    De nouveaux bombardements plus intenses s’abattent encore sur Airaines dans la nuit du 6 au 7 juin. Une nouvelle vague d’assaut allemande, appuyée par des chars, est pourtant à nouveau repoussée par la 5e compagnie. Celle-ci, toujours vaillante, oppose une résistance farouche, ayant mis huit Panzers hors de combat.

    Suite à une infiltration, les Allemands reviennent à l’assaut et parviennent à faire sauter le dépôt de munitions du bataillon. Privée de celles-ci, la position du bataillon devient intenable, aussi le commandant Seymour décide-t-il de tenter une sortie vers le sud, en brisant le dispositif d’encerclement. Le capitaine N’Tchoréré réclame l’honneur de rester sur place, afin de couvrir la retraite du bataillon, ce que le commandant Seymour accepte.

    Pendant que les restes du bataillon forcent au sud le barrage ennemi, la 5e compagnie, restée seule en arrière-garde, subit l’assaut allemand au nord. C’est au moyen de lance-flammes que les soldats allemands réduisent, une à une, les dernières poches de résistance.

    A dix heures du soir, la 5e compagnie ne compte plus que quinze hommes valides : dix Africains et cinq Européens, dont les munitions sont épuisées. Ils ne peuvent plus que se rendre et hissent le drapeau blanc : le capitaine N’Tchoréré sort en tête des survivants.

    Les S.S. séparent alors les Noirs des Blancs. Le capitaine N’Tchoréré refuse d’être considéré comme un « Untermensch » et fait valoir sa qualité d’officier français. En dépit des vives protestations de ses camarades, et des lois les plus élémentaires de la guerre, les S.S. exécutent sommairement le capitaine N’Tchoréré d’une balle tirée derrière la tête. Son corps est ensuite broyé sous les chenilles d’un char.

    Pour son comportement durant la campagne de France, le capitaine N’Tchoréré est cité, à titre posthume, à l’ordre de la division en octobre 1940 puis à l’ordre du corps d’armée en août 1954 et décoré de la croix de guerre avec étoile de vermeil.

    La promotion 1957-1959 de l’École de formation des officiers ressortissants des territoires d’outre-mer (EFORTOM, Fréjus) prend le nom de Capitaine N’Tchoréré.

    La ville d’Airaines a érigé une stèle en sa mémoire.

     

  • One Response à “Capitaine Charles N’TCHORÉRÉ”

    • Michel on 13 décembre 2013

      Je m’évertue à parler autant que je peux, et chercher à faire connaître ce magnifique héro français partout autour de moi.
      J’invite à lire la magnifique lettre que Charles N’Tchoréré écrira à son fils Jean-Batiste, mort pour la France lui aussi.
      Que leur souvenir demeure et soit entretenu à jamais.

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