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  • 10 février 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 10 février 1814 – La bataille de Champaubert dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-champaubert-150x150

    La bataille de Champaubert

    D’après « Souvenirs de la campagne de France » – Baron Agathon-Jean-François Fain, premier secrétaire du cabinet de l’Empereur – 1814

     

    La marche de Blücher à travers la Champagne avait jeté l’alarme dans la capitale. D’heure en heure, les estafettes les plus inquiétantes arrivaient de Paris. Blücher était entré dans la Brie champenoise, il s’avançait à marches forcées ; le duc de Tarente se retirait sur la Ferté-sous-Jouarre ; les fuyards arrivaient à Meaux.

    Cette audacieuse incursion de l’ennemi ranime Napoléon ; il veut du moins faire payer cher aux Prussiens leur témérité, et il prend la résolution de tomber sur leurs flancs à l’improviste.

    Napoléon était encore étendu sur ses cartes, les parcourant le compas à la main, lorsque le duc de Bassano se présente avec les dépêches qu’il a passé le reste de la nuit à préparer pour Châtillon (*).

    « Ah ! Vous voilà, lui dit Napoléon. Il s’agit maintenant de bien d’autres choses ! Je suis en ce moment à battre Blücher de l’œil ; il s’avance par la route de Montmirail. Je pars ; je le battrai demain, je le battrai après-demain. Si ce mouvement a le succès qu’il doit avoir, l’état des affaires va entièrement changer, et nous verrons alors ! ».

    Aucune route de poste n’établit de communication entre la grande route de Troyes, où se trouve l’armée française, et celle de Châlons, que les troupes du maréchal Blücher parcourent avec tant d’assurance. Les vastes plaines de la Brie champenoise séparent ces deux avenues de la capitale. Et de Nogent à Montmirail, par Sezanne, on ne compte pas moins de douze grandes lieues de traverse, que les gens du pays s’accordent à regarder comme très difficiles en cette saison.

    Un tel obstacle n’est pas suffisant pour arrêter Napoléon. Il laisse à Nogent le général Bourmont, sous les ordres du duc de Bellune. Il laisse au pont de Bray-sur-Seine le duc de Reggio. Il leur recommande de retenir les Autrichiens le plus longtemps qu’ils pourront au passage de la Seine ; et aussitôt, se dérobant, avec l’élite de l’armée, derrière le rideau que forme notre arrière-garde, il entreprend sa seconde expédition contre l’armée prussienne.

    Dès le 8 au soir, la garde impériale avait fait une marche vers Villenoxe. Le 9, Napoléon part de Nogent, et va coucher, avec le gros de ses troupes, à Sezanne.

    Ce soir même, nos coureurs rencontrent quelques cavaliers prussiens sur les bords de la rivière du Petit-Marin, entre Sezanne et Champaubert.

    Les nouvelles des habitants sont que le duc de Tarente est en retraite sur Meaux ; que les Prussiens couvrent les routes depuis Châlons jusqu’à la Ferté et au-delà ; qu’ils marchent dans une sécurité parfaite.

    Nous n’avons plus que quatre lieues à faire pour les surprendre ! Mais les coups de sabre qu’on vient de se donner aux avant-postes peuvent avoir averti l’ennemi. L’escarpement de la vallée du Petit-Morin, les marais de Saint-Gond, les bois et les défilés qui s’y trouvent, vont peut-être offrir de grands obstacles à une armée embourbée, que l’artillerie ne peut rejoindre.

    La vivacité et la hardiesse de notre mouvement maîtrisent les hasards qui nous auraient été défavorables. Nous ne trouvons devant nous qu’un petit corps de troupes, qui se garde mal, et qui a pris nos sabreurs de la veille pour des maraudeurs égarés.

    Cependant le duc de Raguse, qui commande l’avant-garde, a trouvé les chemins trop mauvais : il revient sur ses pas. Napoléon le force aussitôt à recommencer son mouvement. On requiert des chevaux de tous côtés, on double les attelages, et la volonté du maître s’exécute.

    Le 10 au matin, le duc de Raguse passe les défilés de Saint-Gond sous les yeux de Napoléon, et enlève à l’ennemi le village de Baye. Dans l’après-midi, l’armée parvient au village de Champaubert, débouche sur la grande route de Châlons, et y bat à plate couture les colonnes que le général Alsufief (le même qui défendait Brienne) a ralliées trop tard contre nous.

    La déroute est telle que les forces de l’ennemi se séparent : les uns fuient du côté de Montmirail, et sont poursuivis par la cavalerie du général Nansouty ; les autres fuient sur Étoges et Châlons, et sont poursuivis par le duc de Raguse.

    Maître de Champaubert, Napoléon s’y loge dans une chaumière qui est sur la route, au coin de la grande rue du village. C’est là qu’on lui amène les généraux ennemis qui viennent d’être pris ; il les fait dîner avec lui.

    Depuis l’ouverture de la campagne, nous avions touj ours été malheureux. Avec quelle joie, nous voyons enfin briller sur nos armes cette première lueur de succès ! Napoléon sent renaître bien des espérances. L’armée prussienne, coupée encore une fois dans sa marche, n’oppose plus que deux tronçons dont il compte tirer bon parti ; et déjà il craint que le duc de Vicence, usant de la latitude que lui donnent les pouvoirs qui lui ont été expédiés de Troyes, ne mette trop d’empressement à signer le traité.

    Il lui fait écrire qu’un changement brillant est survenu dans nos affaires, que de nouveaux avantages se préparent, et que le plénipotentiaire de la France peut prendre au congrès une attitude moins humiliée.

    Le maréchal Blücher, de sa personne, n’avait pas encore dépassé Champaubert. Il était avec son arrière-garde aux Vertus, entre nous et Châlons. Le duc de Raguse reste chargé de le contenir, tandis que Napoléon va se mettre sur les traces des généraux York et Sacken qui sont entre nous et la capitale.

    C’était à qui seraient les premiers à Paris, des soldats de Blücher, et de ceux de Schwartzenberg. Les Prussiens s’efforçaient de prendre les devants sur tous ; déjà le général York voyait les clochers de Meaux. Le général russe Sacken, qui le soutenait, était à La Ferté.

    Deux marches encore, et ils bivouaquaient au pied de Montmartre ! Tout à coup, les Prussiens s’arrêtent ; les Russes les rappellent à grands cris.

    La nouvelle du combat de Champaubert leur est arrivée avec la rapidité de la foudre ; et toutes ces colonnes, reployées en grande hâte les unes sur les autres, ne pensent plus qu’à se rouvrir un passage vers leur général en chef.

    Notre armée, qui s’avançait au-devant d’elles, les rencontre le 11 au matin. Notre avant-garde sortait de Montmirail par la route de Paris. Elle les arrête, et le combat s’engage aussitôt : il est sanglant.

     

    (*) Caulaincourt, duc de Vicence, en sa qualité de ministre des relations extérieures, représentait la France au Congrès réuni à Châtillon, pour y discuter des conditions de la paix.

    Les plénipotentiaires des cours alliées siégeant à Châtillon étaient : le comte de Stadion pour l’Autriche ; le comte de Razumowski pour la Russie ; lord Aberden, lord Castlereagh et sir Charles Stewart pour l’Angleterre ; le baron de Humboldt pour la Prusse, etc.

     

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