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  • 9 février 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 6 février 1908 – La deuxième affaire de Settat dans EPHEMERIDE MILITAIRE campement-des-troupes-oued-oum-erbia-150x150camp-de-la-colonne-du-tir-150x150 dans EPHEMERIDE MILITAIRE

     

    La deuxième affaire de Settat

    D’après « A travers la Chaouïa » – Capitaine Grasset – 1811

     

    Le 4 février, le général d’Almade campa à El-Hadj -Hammou, à 4 kilomètres ouest de Ber Rechid et le 5, la colonne du Littoral, renforcée de celle du Tirs, se dirigea sur Zaouïet el-Mekki, où elle devait bivouaquer pour marcher le lendemain vers le sud.

    Le bivouac était à peine installé (onze heures du matin), que la cavalerie signala l’approche de nombreux groupes ennemis venant de la direction de Settat. Au même moment, le camp des deux colonnes était attaqué par l’artillerie marocaine, ouvrant le feu à 4000 et 4500 mètres environ. Plusieurs obus tombèrent sur le front sud du camp.

    Les troupes prirent vivement les armes et se déployèrent pendant que l’artillerie de campagne réduisait sans peine au silence les quelques canons marocains qui ne nous firent aucun mal. L’ennemi se présenta en masse, venant de l’est et du sud-est et tout son effort porta contre la colonne du Tirs, qui, appuyée par celle du Littoral, prit vigoureusement l’offensive et refoula les Marocains jusqu’à 6 kilomètres du camp, dans la direction de Settat. La nuit arrêta la poursuite.

    Cette attaque des tribus, auxquelles s’était jointe la mehalla de Mouley Rechid, ne fit que confirmer le général d’Amade dans la nécessité de leur infliger une dure leçon le plus rapidement possible.

    Il donna donc, dans la soirée, l’ordre de lever le camp à une heure du matin. Les sacs des hommes, le train régimentaire devaient être enfermés dans la Zaouïa et une section par bataillon devait en assurer la garde. Les hommes emportaient un jour de vivres de réserve dans leur musette. L’opération devait se faire dans le plus grand silence et le plus grand mystère. Du reste, une nuit sombre protégea nos mouvements.

    Cependant les Marocains étaient en éveil et, vers onze heures du soir, une attaque de nuit se dessina contre la colonne du Tirs, campée à l’est de la Zaouïa. Un violent feu d’infanterie ralentit leur ardeur et au bout d’une demi-heure de combat, les Marocains battirent en retraite. Nos pertes s’élevaient à trois blessés pour la journée.

    La levée du camp s’opéra suivant les ordres donnés et le rassemblement des deux colonnes (5000 hommes environ) se fit à trois heures et demie du matin, par une nuit complètement noire, en avant du front sud du camp de la colonne du Tirs.

    A quatre heures et demie du matin, en deux colonnes de route parallèles, séparées par un intervalle de 500 mètres, les troupes se mirent en marche vers le sud. Le sol était humide, glissant.

    Vers six heures du matin, à l’aube naissante, elles se formèrent en un seul carré. Deux bataillons déployés en tirailleurs sur la face de tête, un bataillon sur chaque flanc en colonne de route et deux bataillons sur la face arrière en ligne de section par quatre. A peine le dispositif était-il pris, qu’un obus vint tomber dans le carré.

    Le soleil dissipant la brume, 10000 cavaliers ennemis environ apparurent dans la plaine. Jusqu’à onze heures, le combat fit rage. Au début, les Marocains tentèrent de tourner notre droite, mais ils en furent empêchés par notre cavalerie. Sur la gauche, leurs efforts vinrent se heurter au détachement du lieutenant-colonel Brulard qui, parti le matin de Ber Rechid, vint prendre position à Sidi el-Aïdi et ensuite à Dar el-Kebir ben Hammani, sur la piste Ber Rechid-Settat. Le combat s’étendait alors sur un front de 7 à 8 kilomètres.

    A onze heures, le centre de la ligne reçut l’ordre de marcher sur le défilé de Settat, que l’on apercevait à 4 kilomètres. Devant ce mouvement qui allait menacer Settat, les Marocains se replièrent rapidement vers le sud abandonnant l’attaque.

    Tandis que l’artillerie se mettait en batterie et balayait l’entrée du défilé, l’infanterie de première ligne gravissait les crêtes de Sidi Djebli se dirigeant sur Settat. La région traversée était une des plus peuplées, partout des fermes de bonne apparence blanchies à la chaux, partout de nombreux douars.

    Tout fut détruit, brûlé. Quand la colonne arriva sur les hauteurs, l’ennemi avait disparu. Néanmoins, la marche fut continuée sur Settat, dont la kasbah fut démolie à la mélinite. Il était trois heures du soir.

    Quant à la ville, elle avait été évacuée sauf par les Juifs, qui vinrent demander la protection des troupes françaises. Une centaine d’entre eux suivirent même le soir la colonne pour gagner Casablanca, car ils craignaient d’être égorgés au retour de la mehalla.

    Ne pouvant, d’après ses instructions, ni occuper Settat, ni y bivouaquer, le général donna l’ordre de reprendre la direction de Zaouïet el-Mekki, après avoir fait le café. Cette décision imposée par la situation politique européenne allait malheureusement permettre à la mehalla haffidienne de se reconstituer et de pousser à la résistance les tribus de l’arrière-pays de la Chaouïa.

    A quatre heures et demie, la colonne se mit en marche par les hauteurs et l’interminable marche se poursuivit, à travers les champs glissants et marécageux, par un brouillard intense. Puis la nuit vint. Il fallut réinstaller les camps, monter les tentes et personne ne dormit avant deux heures du matin. Les troupes étaient debout depuis la veille minuit, ayant fourni un effort considérable 70 kilomètres parcourus en vingt et une heures, dont dix sans aucun repos et quatre en combattant.

    Nos pertes dans cette journée furent de trois tués et treize blessés. Ce combat mit en évidence les avantages de l’offensive, de la marche rapide de colonnes combattant sur des fronts très étendus et menaçant directement les camps de l’ennemi.

    Les Marocains furent surtout émus des pertes qu’ils avaient subies et la plupart des contingents rebelles se retirèrent dans les montagnes, tandis que la mehalla de Mouley Rechid se repliait sur l’Oum er-Rbea.

     

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