• 29 janvier 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 29 janvier 1814 – Le combat de Brienne dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-de-brienne-le-chateau-150x150

    Le combat de Brienne

    D’après « Campagnes, triomphes, revers et guerres civiles des Français » – F. Ladimir ; E. Moreau – 1856

     

    Le 27 janvier, Napoléon marcha donc sur Saint-Dizier et en déposta la division russe de Laudskov, qui se retira sur Brienne, par Joinville. Le lendemain, laissant le maréchal Marmont et le premier corps de cavalerie à Saint-Dizier, il porta le reste de ses troupes sur Montier-en-der, où il établit son quartier-général, dans la nuit du 28 au 29. De là, il envoya dans toutes les directions des reconnaissances, qui rentrèrent sans avoir rien découvert.

    Les habitants affirmant, de leur côté, qu’une armée ennemie avait passé la veille par Joinville, marchant sur Troyes, Napoléon en conclut qu’elle avait passé l’Aube à Lesmont. Espérant tomber sur son arrière-garde à l’improviste, il quitta la direction de Langres par Chaumont, et le 29, à la pointe du jour, il prit la route de Brienne en une seule colonne, la cavalerie en tête, l’infanterie de la garde en queue.

    Pendant la nuit, ignorant que Mortier avait été obligé de se retirer sur Troyes, il avait envoyé à ce maréchal l’ordre de se rapprocher de l’armée. Malheureusement, l’officier qui portait cet ordre fut pris, et les dépêches éclairèrent Blücher sur les dangers auxquels il était exposé. Il se hâta de rappeler Sacken, qu’il avait dirigé sur Lesmont.

    A sept heures et demie du matin, l’avant-garde, sous les ordres du général Piré, découvrit l’ennemi en position, entre Mézières et Brienne. L’Empereur fit continuer la marche, qui ne fut point arrêtée par la rencontre de deux régiments d’infanterie légère, sous les ordres du prince Sherbatow. Mais celui-ci ayant été rejoint par 6 escadrons et 4 pièces légères, la route fut barrée à la hauteur de Perthes, et une canonnade s’engagea. Sherbatow se replia bientôt sur le chemin de Lassicourt, tandis que Sacken, qui revenait de Lesmont, se plaça en colonne derrière Brienne, sur la route de Vitry à Bar, et que Pahlen, qui avait flanqué Sacken, se forma en première ligne.

    Le cinquième corps de cavalerie, sous les ordres de Grouchy, ne tarda pas à se déployer dans la plaine. Pahlen n’ayant que 2500 chevaux, se replia en colonne sur Brienne, en se plaçant sous la protection de trois carrés d’infanterie qui tirent un feu meurtrier sur la cavalerie française. Il traversa ensuite Brienne pour aller se placer à la droite du corps de Sacken.

    Cependant le mauvais temps avait retardé la marche de l’infanterie française, et l’on ne pouvait rien entreprendre sans elle. Vers trois heures et demie, les colonnes du duc de Bellune parurent à la hauteur du bois d’Ajon. Ce maréchal poussa en avant la division Duhesme : alors s’engagea un feu d’artillerie et de mousqueterie, qui pendant une heure produisit peu de résultats.

    A la chute du jour, l’Empereur ordonna au prince de la Moskowa de marcher sur Brienne, à la tête de 6 bataillons, par le chemin de Mézières, tandis que le général Duhesme renouvelait son attaque, et que le général Château tournerait la ville par la droite pour s’emparer du château. A peine ce mouvement fut-il commencé que Blücher, s’apercevant que toute la cavalerie française se trouvait à la droite, fit charger la colonne de Duhesme par les escadrons de Pahlen et de Wassiltschikow.

    Cette colonne fut ramenée en désordre, et perdit 8 pièces de canon. La colonne du centre, qui était prête à pénétrer dans la ville, fut ralentie par cet échec. Elle se replia devant deux régiments de chasseurs russes, et se logea dans les jardins. La colonne de droite, plus heureuse, pénétra dans le château par le parc et s’en empara sans peine. L’ennemi, qui n’avait pas prévu cette attaque audacieuse, n’y avait laissé que très peu de monde. Le général français, après y avoir placé 400 hommes, descendit sur la ville avec le reste de sa colonne, renversant tout sur son passage.

    Blücher, qui revenait de repousser la cavalerie de la garde et de la division Duhesme, réunit aussitôt des forces considérables contre la colonne descendue du château. Sentant toutefois qu’il ne suffisait pas de repousser cette colonne, et qu’il était urgent de la chasser du château, il ordonna une attaque combinée des corps d’Alsufieff et de Sacken. L’un devait attaquer en flanc et sur les derrières ; l’autre, marcher par la grande rue de Brienne.

    Deux fois les colonnes russes escaladèrent le château sur plusieurs points, deux fois elles furent chassées à la baïonnette. Les cours, l’intérieur, et surtout le parc du château étaient jonchés de morts. Enfin Alsufieff fut obligé de se rejeter sur la ville sous le feu de la garnison du château. Mais la brigade Baste, soutenue par la division Meunier, après avoir repoussé le corps de Sacken dans la grande rue, fermait le passage à la retraite d’Alsufieff, dont les soldats se jetèrent dans les maisons voisines.

    Alors commença une épouvantable mêlée. Les maisons furent prises et reprises avec un incroyable acharnement. Tous les corps se trouvèrent pêle-mêle dans cette boucherie qu’éclairait l’incendie de la ville.

    Vers dix heures, Grouchy tenta une charge qui n’eut point de succès. Enfin, vers minuit, les deux armées, épuisées d’efforts et de fatigue, cessèrent le feu. Les Français conservèrent le château, les Russes la plus grande partie de la ville.

    Chaque armée perdit environ 3000 hommes tués ou blessés. On fit de part et d’autre quelques centaines de prisonniers. Le contre-amiral Baste fut tué en combattant glorieusement à la tête d’une brigade de la jeune garde ; les généraux Decourt et Lefèvre-Desnouettes furent mis hors de combat ; le prince de Neufchâtel fut atteint à la tête d’un coup de lance.

    Tandis que cette position nous était ainsi disputée, l’armée française établissait ses bivouacs dans la plaine qui est entre Brienne et les bois de Mézières, et Napoléon, après avoir donné ses derniers ordres, retournait à son quartier-général de Mézières, suivi des généraux de sa maison.

    La nuit était fort obscure, et, dans la confusion de ce campement, on ne pouvait guère se reconnaître que de loin en loin, à la lueur de quelques feux. Dans ce moment, une bande de cosaques, attirée par l’appât du butin, se glisse à travers les ombres du camp et parvient jusqu’à la route.

    Le général Dejean se sent pressé brusquement. Il se retourne et crie : Aux cosaques ! En même temps, il veut plonger son sabre dans la gorge de l’ennemi qu’il croit tenir ; mais celui-ci échappe et s’élance sur le cavalier en redingote grise qui marche en tête. Corbineau se jette à la traverse ; Gourgaud a fait le même mouvement, et, d’un coup de pistolet à bout portant, il abat le cosaque aux pieds de Napoléon. L’escorte accourt. On se presse, on sabre quelques cosaques. Mais le reste de la bande, se voyant reconnu, saute le fossé et disparaît.

    Il est dix heures du soir, quand Napoléon est de retour à Mézières. Le prince de Neufchâtel arrive après tout le monde ; on le ramène couvert de boue, il était tombé dans un fossé. Le curé de Mézières était également méconnaissable sous la boue qui couvrait sa soutane ; il avait eu son cheval tué d’une balle derrière Napoléon.

    Le 30, à la pointe du jour, l’armée française se trouve entièrement maîtresse de la position de Brienne, et les Prussiens sont en pleine retraite sur Bar-sur-Aube.

     

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