• 27 janvier 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     Napoléon Bonaparte au siège de Toulon en 1793 dans NAPOLEON BONAPARTE - CAMPAGNES ET ANECDOTES napoleon-bonaparte-150x150

    D’après « France militaire : histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837 » – Abel Hugo – 1838

     

    Un point sur lequel toutes les relations contemporaines sont d’accord, c’est l’importance des services que rendit, pendant le siège, le chef de bataillon commandant l’artillerie. Napoléon était à tout et partout, faisant le général et le soldat, tour à tour fantassin et cavalier, mineur et artilleur.

    Quand l’ennemi tentait une sortie, ou, par une attaque inattendue, forçait les assaillants à quelque manœuvre rapide et non encore ordonnée, les chefs de colonne, les commandants de postes et de détachements, dans leur hésitation, n’avaient tous qu’une même parole : « Courez au commandant de l’artillerie ; demandez-lui ce qu’il faut faire, il le sait mieux que personne ».

    Napoléon donnait ses instructions. On lui obéissait, non pas seulement avec le respect que commande le grade, mais encore avec cette confiance qu’inspire le génie. Du reste, il ne se ménageait point. Toujours au feu, toujours attentif aux mouvements des assiégés, il déployait en toute circonstance cette remarquable activité qu’aucun homme n’a eue au même degré que lui.

    Aussi courut-il des dangers pendant le siège. Il eut trois chevaux tués sous lui, et, lors d’une sortie qu’il repoussa, où son courage sauva les batteries françaises, il reçut d’un grenadier anglais, à la cuisse gauche, un coup de baïonnette qui lui fit une blessure tellement grave, que pendant quelques instants il fut menacé de l’amputation.

    Une maladie de peau, gagnée à cette époque, altéra longtemps son excellente constitution. Un jour qu’il était dans une batterie exposée au feu le plus violent de la place, un des chargeurs fut tué. Il importait beaucoup que le feu de l’artillerie française ne se ralentit pas. Napoléon prit le refouloir et chargea lui-même dix ou douze coups. L’artilleur mort était infecté d’une gale très maligne. Napoléon en fut atteint. L’ardeur de la jeunesse, les impérieux devoirs du service l’empêchèrent de se traiter convenablement. Le mal disparut, mais le poison n’était que rentré. Sa santé en fut gravement affectée. De là cette maigreur maladive, cet aspect chétif qu’il eut pendant longtemps.

    La connaissance de Napoléon avec un des hommes auxquels il a porté le plus d’affection, date du siège de Toulon. C’est Muiron, tué près de lui à Arcole, et dont à Sainte-Hélène, il conservait encore un souvenir affectueux. Muiron, déjà capitaine d’artillerie, lui servit d’adjudant pendant le siège de Toulon.

    Un sous-officier d’artillerie a dû sa haute fortune au siège de Toulon. Napoléon faisait établir sous le feu de l’ennemi une des premières batteries de siège ayant un ordre à donner, il demanda autour de lui un sergent ou un caporal qui sût écrire. Un jeune homme sortit des rangs, et sur l’épaulement même de la batterie écrivit sous sa dictée. La lettre était à peine finie qu’un boulet couvrit de terre le papier et l’écrivain. « Tant mieux, dit gaiement celui-ci, je n’aurai pas besoin de sable ». La plaisanterie, le calme avec lequel elle fut faite, fixèrent l’attention de Napoléon. Ce sergent, qui par la suite se montra toujours digne de sa bienveillance, était Junot, mort depuis duc d’Abrantès, gouverneur-général de l’Illyrie et colonel général des hussards.

    L’intrépide général Dugommier, militaire instruit et qui comptait cinquante ans de bons services, n’eut pas plutôt pris le commandement de l’armée qu’il reconnut ce que valait Napoléon. Sa vieille expérience ne dédaigna pas les conseils du jeune chef de bataillon d’artillerie. Il témoigna hautement l’estime qu’il faisait de ses conceptions. Après la prise de la ville, il le recommanda au comité de salut public, comme celui à qui le succès était principalement dû. On prétend même que, demandant pour lui un grade supérieur, il ajouta : « Avancez-le, car si vous étiez ingrats envers lui, il s’avancerait tout seul ». C’était une espèce de prédiction que Napoléon devait accomplir.

    Napoléon, de simple chef de bataillon d’artillerie, aurait pu devenir, avant la fin du siège, général en chef de l’armée de Toulon. Les représentants du peuple, mécontents de la lenteur des opérations, voulaient destituer Dugommier. Ils offrirent le commandement à Bonaparte. Celui-ci refusa. Il rendait plus de justice à Dugommier, et il l’estimait trop pour vouloir s’élever par sa ruine.

     

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