• 20 janvier 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

      Le 19 janvier 1883 – La prise de Daba dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-capitaine-pietri-150x150

    La prise de Daba (Soudan)

    D’après « Annales sénégalaises » – 1885 et « Revue de géographie » – Ludovic Drapeyron – 1888

     

    Le 13 janvier 1883, la colonne forte de 520 combattants, passait le Baoulé. Le 19 au matin, le capitaine Piétri débouchait devant Daba. Un indigène, envoyé la veille au soir en parlementaire pour essayer une fois encore d’éviter une collision, ne revint pas. On apprit plus tard qu’il avait été tué.

    Le capitaine Piétri veut encore entrer en pourparlers, mais la fusillade répond à ses paroles de paix, et son interprète, un brave caporal de tirailleurs, tombe à côté de lui mortellement frappé.

    Le village de Daba était placé dans une plaine. Un très fort tata, dont l’épaisseur atteignait et dépassait souvent 1,20 mètre, faisait le tour de la ville ; ce tata avait la forme d’un grand quadrilatère. Toutes les maisons étaient de vraies casemates défensives, entourées de petits tatas qui se reliaient les uns aux autres avec des flanquements, et qui ne laissaient pour la circulation dans le village que des rues tortueuses et étroites ayant quelquefois 60 centimètres seulement de largeur, et enfilées par des créneaux découpés dans des redans nombreux.

    Deux espingoles et deux perriers pris à la mission Galliéni étaient placés sur les murs du tata, et augmentaient encore le courage des défenseurs par la confiance que leur inspiraient ces canons pris aux blancs.

    Une heure après l’arrivée du capitaine Piétri, la colonne débouchait à son tour devant le front Est de Daba, qu’on avait choisi pour l’attaque.

    L’artillerie était très habilement dirigée par le capitaine de Gasquet qui faisait sa troisième campagne dans le Soudan. Cet officier commençait le feu immédiatement, désorganisait la défense en envoyant des projectiles dans tout le village, puis tirait en brèche, jusqu’à ce que la chute d’un pan de muraille de 10 à 11 mètres de large, permit de donner l’assaut.

    A dix heures un quart, la colonne d’assaut, formée d’une compagnie de tirailleurs et d’une compagnie d’infanterie de marine, s’ébranlait sous les ordres du capitaine Combes, qui pénétrait le premier par la brèche. Les défenseurs, que les feux de l’artillerie avaient un moment écartés, se reportaient en avant et ouvraient sur les assaillants un feu meurtrier qui ralentissait leur marche sans l’arrêter. Après une lutte qui dura jusqu’à midi, Daba était pris.

    La compagnie de tirailleurs, forte de 80 hommes, avait ses quatre officiers blessés (l’un deux, M. Picquart, lieutenant aux tirailleurs, mourait le soir même), 2 hommes tués, 24 blessés. La compagnie d’infanterie, qui ne comptait que 64 hommes, avait un sous-officier tué et 13 hommes blessés.

    On reprit les deux espingoles et les deux perriers, deux mulets, des instruments de chirurgie, un revolver modèle 1858, un fusil modèle 1866 et beaucoup d’autres objets sans valeur, le tout provenant du pillage de la mission Galliéni.

    On rendit aux morts, le soir même, les honneurs suprêmes. Le bois des cases écroulées forma le bûcher où l’on jeta les cadavres, afin de leur épargner une insulte suprême, car on les aurait déterrés après notre départ, les os des blancs passant pour communiquer aux amulettes une vertu toute particulière.

    Le capitaine Piétri fut reçu par des coups de fusil, à Segnerabougou, où il avait reçu l’ordre de transporter les blessés. Le surlendemain, la colonne, dans les mêmes parages, eut encore un petit engagement avec les fuyards de Daba.

    Jusqu’au 25 janvier, de petites colonnes mobiles parcoururent les environs de Kondou et de Daba. Elles ne rencontrèrent aucune résistance.

     

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