• 13 janvier 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le combat de Merxem

    D’après « Histoire des campagnes de 1814 et 1815 » – Général Guillaume de Vaudoncourt – 1826

     

    Le 1er janvier, le général Bülow réunit les divisions Thümen, Borstel, Kraft et Oppen autour de Breda, afin de se préparer à entrer en Belgique, dès que le corps de Winzingerode et le 3e corps d’Allemagne auraient passé le Rhin.

    Le duc de Tarente, de son côté, se voyant menacé de flanc et presque à dos, depuis que les corps de Bülow et de Graham, maîtres de la rive gauche de la Meuse, serraient le général Maisons contre Anvers, fut obligé de retirer sa gauche. Le 4 janvier, il fit évacuer Nimègue, et retira son corps d’armée entre Gueldres et Cologne. Le 11e corps et le 2e de cavalerie se placèrent entre Gueldres et Wenloo, occupant Xanten, le 5e corps (division Albert) et le 3e de cavalerie, à Cologne et à Neuss.

    Le général Bülow reçut, le 9 janvier, l’avis que les glaces avaient endommagé les ponts de la Meuse et du Rhin, au point qu’on avait été obligé de les replier. Il s’en suivait que le corps de Winzingerode ne pouvait pas, pour le moment, venir se joindre à lui. Ce retard le mettait dans une position critique, dans le cas où le duc de Tarente, débouchant par Grave, serait venu l’attaquer en flanc, tandis qu’il avait le général Maisons devant lui.

    Il n’y avait qu’un moyen de sortir de ce danger ; c’était de prendre lui-même l’offensive contre le 1er corps. S’il le battait, le duc de Tarente était forcé de se retirer au moins à la hauteur de Maestrich, et la ligne de jonction avec le corps de Winzingerode était abrégée et assurée. S’il ne réussissait pas, la position des Anglais empêchait le général Maisons de le suivre, et il était probable que ce mouvement offensif tiendrait au moins le duc de Tarente en suspens. Le général Bülow se décida donc à attaquer.

    Le 1er corps était toujours en position en avant d’Anvers. Le général Roguet occupait, avec la brigade Flament, le bourg de Hoogstraeten. Deux bataillons étaient à West-Wesel et Leenhout ; la brigade Aymar à Turnhout ; la division Lefebvre-Desnouettes entre Turnhout et Breecht. Le général Ambert, avec quatre bataillons et deux cents chevaux, à Donk et Braschaet ; la division Castex à Lier ; la division Barrois à Bruxelles.

    Le général Bülow ayant décidé son mouvement, se fit précéder le 9, par des partis de cavalerie, dans la direction de Turnhout, Ruremonde et Venloo. Lui-même mit son corps en mouvement le 10 sur trois colonnes.

    Celle de gauche composée de la division Borstel, s’avança par la route de Hoogstraeten ; celle du centre, composée de la division Thümen, se dirigea, par la grande route, sur West-Wesel ; celle de droite, composée de la division Kraft et d’une partie de la cavalerie de réserve, sous les ordres du général Oppen, devait, de Sundert, appuyer à droite et gagner les derrières de West-Wesel. Cette opération fut combinée avec le général Graham, qui devait déboucher par Rosendael sur Anvers.

    Cependant le général Maisons, trompé par le mouvement de la cavalerie légère ennemie, qui se présentait sur son flanc, et par un faux rapport, crut que Bülow se dirigeait par la Campine sur Diest et Louvain.

    Le 11, il donna l’ordre aux divisions Barrois et Castex de se réunir à Lier. Le même jour, à huit heures du matin, la division Borstel déboucha de Meer en deux colonnes dirigées sur Hoogstraeten et sur Vortel. Le général Roguet, tenu en alerte par le mouvement des troupes légères ennemies sur sa droite, était en mesure. Ses troupes étaient sous les armes, et il avait porté un bataillon du 12e de tirailleurs dans le cimetière de Mynderhout. Ce bataillon soutint longtemps tous les efforts de l’ennemi, qui tenta en vain depénétrer à Hoogstraeten.

    A la gauche, la division Thümen s’avança également en deux colonnes sur West-Wesel et Leenhout. Le général Roguet, attaqué de front par environ quatorze mille hommes, apprit en même temps qu’une troisième colonne prussienne tournait sa gauche, et que le général Graham s’avançait avec quatre mille hommes de Rosendael vers Anvers. Se voyant au moment d’être enveloppé, il ordonna la retraite, qui se fit en bon ordre et en disputant chaque fossé.

    Les troupes de Hoogstraeten prirent position le soir à Ostmalle, et celles de West-Wesel à Westmalle. La brigade Aymar, coupée de Hoogstraeten par la colonne ennemie qui s’était dirigée par Vortel, se replia sur Lier. L’ennemi s’arrêta à la hauteur de Brecht. Sa perte s’éleva à cinq cents hommes, la nôtre à près de trois cents.

    Le 12, le général Roguet se replia sur Anvers. La brigade Flament occupa Deurne, deux bataillons étaient à Wyneghem. La division Ambert occupait Merxem.

    Le général Bülow fit avancer la division Thümen à Braschaet. La division Borstel vint à Saint-Antoine ; la colonne du général Oppen au centre, à Gravenwesel. Le général Graham était à Erkeren. Le général Maisons, toujours trompé par l’apparition de la cavalerie ennemie vers Herenthals, et croyant que le mouvement qui avait lieu sur Anvers n’était qu’une démonstration, avait réuni à Lier les divisions Barrois et Gastex, auxquelles il joignit encore mille hommes tirés d’Anvers. Son intention était de se porter sur Diest, afin de rencontrer la colonne qu’il supposait en marche sur Louvain.

    Le 13, le général Bülow résolut de tenter une nouvelle attaque. La division Thümen et la colonne du général Oppen devaient former la première ligne ; la division Borstel marchait en réserve.

    A huit heures du matin, le général Thümen déboucha de front sur Merxem, que défendait le général Avy avec cinq bataillons. Ce village fut au même instant attaqué en flanc par le général Graham. Le général Oppen dirigea une colonne sur Deurne, que défendait la brigade Flament.

    L’ennemi fit sur ce point les plus grands efforts, afin de couper les troupes qui étaient à Wyneghen. Ce dernier village fut en même temps attaqué par une partie dela colonne du général Oppen, et par la division Borstel. Après une canonnade très vive, les deux bataillons qui le défendaient furent forcés et perdirent une pièce de canon. Mais le général Flament les ayant fait appuyer, l’ennemi fut rechassé de Wyneghem et la pièce reprise.

    A la gauche, la mort du général Avy, tué à la tête du 4e léger, entraîna la perte de Merxem, malgré l’appui d’un bataillon que le duc de Plaisance, gouverneur d’Anvers, y envoya. Nos troupes se rallièrent dans le faubourg de Dame, et l’ennemi, maître de Merxem, jeta des obus dans la place d’Anvers.

    Cependant le général Bülow, voyant l’inutilité de ses efforts contre les postes de Wyneghem et de Deurne, et craignant d’être attaqué à dos par les troupes qui étaient du côté de Lier, cessa le combat vers le soir et se disposa à la retraite.

     

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