• 4 janvier 2013 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    La prise de Dantzig par les troupes russes

     

    D’après « Défense de Dantzig en 1813 : journal de siège » – Jacques de Campredon – 1888

     

    La garnison de Dantzig avait, depuis le 15 janvier 1813, perdu 19392 hommes. L’abandon des contingents étrangers l’avait réduite à 8400 Français et 1600 Napolitains, dont 1500 malades restèrent à Dantzig.

    A Thorn, les Napolitains furent arrêtés et l’on n’envoya en Russie que les Français.

     

     

    D’après « Campagnes, triomphes, revers et guerres civiles des Français, de 1792 à la paix de 1856 » - F. Ladimir et E. Moreau – 1856

     

    La capitulation de Dantzig fut signée le 29 novembre 1813. Ce même jour, les troupes de la garnison évacuèrent les principaux ouvrages. Cinq jours après, le colonel du génie Richemont, qui, pendant toute la durée du siège, avait été chargé des travaux de défense, partit librement, muni d’un laissez-passer et chargé des dépêches du gouverneur pour Napoléon, auquel Rapp annonçait la capitulation qu’il avait été contraint d’accepter.

    Les troupes des divers Etats de la confédération du Rhin qui faisaient partie de la garnison et nous étaient restés fidèles, malgré les désertions des souverains auxquels elles appartenaient, sortirent de la place le 12 décembre, pour rentrer dans leurs pays.

    Les adieux de ces braves à nos soldats furent des plus touchants : on ne rompt pas facilement des liens que la valeur et l’estime ont formés sous le feu de l’ennemi ; et ce fut un spectacle consolant pour l’humanité que celui donné en ce moment par ces hommes de bronze qui, ayant affronté tant de fois la mort sans broncher sur le champ de bataille, ne pouvaient, sans attendrissement, se séparer de leurs compagnons d’armes.

    Le 23, tous ceux des malades et des blessés français en état de supporter la marche ou d’être transportés sortirent à leur tour de Dantzig.

    Le lendemain, le général Rapp se disposait à remettre le reste des ouvrages de la place, et la place elle-même avec les magasins qui subsistaient encore, au duc de Wurtemberg, lorsqu’il reçut de ce dernier une lettre qui le fit bondir d’indignation et de colère. Le duc lui mandait que, contrairement à son attente, l’empereur de Russie avait refusé de ratifier la capitulation en ce qui concernait le retour en France des troupes françaises de la garnison, et que le czar exigeait que ces troupes fussent conduites en Russie, où elles resteraient jusqu’à parfait échange.

    Là comme à Dresde, la loyauté des Français les faisait victimes de la plus insigne mauvaise foi, et cette fois on ne se donnait pas la peine de dissimuler la trahison sous une apparence de justice en offrant de remettre les choses dans leur état primitif.

    Alexandre ne laissait pas au brave gouverneur de Dantzig l’option entre la captivité ou la reprise des hostilités. Il ordonnait que les Français qui s’étaient rendus à la condition de demeurer libres fussent conduits dans les déserts glacés de son empire ; et il avait attendu, pour donner cet ordre, que les troupes auxiliaires fussent parties, que les Français eussent remis aux assiégeants tous les ouvrages de défense importants.

    Rapp refusa d’abord de se soumettre à cette décision félonne. Il menaça de se défendre jusqu’à la dernière extrémité et de s’ensevelir sous les ruines de la place qu’il avait si vaillamment défendue.

    Le duc de Wurtemberg s’émut de cette menace. Il savait par expérience de quoi était capable l’intrépide gouverneur, et trembla à la pensée des extrémités auxquelles pourrait le porter sa trop juste indignation.

    Afin d’éviter un conflit qu’il redoutait, malgré les forces considérables dont il disposait, il offrit de reprendre les négociations en sous-œuvre, afin d’atténuer autant que possible tout ce qu’avaient de rigoureux, d’injuste et de déloyal les ordres de l’empereur de Russie.

    Un nouveau traité fut conclu le 29 décembre. Il portait que les Westphaliens et les Polonais qui étaient encore dans la ville rentreraient dans leur pays, comme l’avaient fait les Bavarois, les Saxons, les Wurtembergeois, etc.

    Quant aux Français, il fut stipulé que les officiers conserveraient leurs armes ; que les soldats et les sous-officiers décorés de l’ordre de la Légion-d’Honneur garderaient leurs sabres. Mais il fallut se résoudre à la captivité.

    Ce fut le 2 janvier 1814 que les Français sortirent de Dantzig pour se diriger vers les frontières de la Russie.

    Quinze cents malades ou blessés furent laissés dans les hôpitaux de la place, avec un nombre suffisant de chirurgiens pour les soigner, et ce dépôt, rendu sacré par le malheur, fut placé sous le commandement du chef de bataillon Marquessac, sous-chef de l’état-major du général Rapp.

    Affaiblis par les longues souffrances qu’ils avaient endurées, le cœur navré par la pensée de la dure captivité qui allait peser sur eux, nos malheureux soldats semèrent bientôt de leurs cadavres la longue route qu’ils avaient à parcourir.

    Cinq mille environ de nos braves arrivèrent jusqu’aux frontières de la Russie. Deux mois après, ils étaient réduits à moins de quatre mille.

    Rapp eut au moins la consolation d’avoir fait tout ce qu’il était humainement possible de faire pour adoucir le sort des braves compagnons dont le commandement lui avait été confié, ainsi que le reconnut Napoléon lui-même, qui, en 1815, disait à ce brave et fidèle compagnon : « Lors de ton retour d’Egypte, à la mort de Desaix, tu n’étais qu’un soldat ; j’ai fait de toi un homme. Je n’oublierai jamais ta conduite à la retraite de Moscou. Ney et toi, vous êtes du petit nombre de ceux qui ont l’âme fortement trempée. D’ailleurs, à ton siège de Dantzig, tu as fait plus que l’impossible ».

     

  • One Response à “Le 2 janvier 1814 – La prise de Dantzig par les troupes russes”

    • Annie Torres on 10 mars 2013

      Ayant dans mes ascendants un capitaine major DUCHEZ Mathias et sa compagne enceinte faits prisonniers au siège de Dantzig.
      Je cherchais à savoir pourquoi l’enfant était né à ARCHANGEL le 13 Aôut 1814.
      J’ai maintenant la réponse, mais je n’ose pas penser dans quelles conditions ils sont arrivés au bord de la mer blanche, sans compter le retour en France avec un enfant.
      Ils ont finit leurs vies en Charente, et comme descendante, je pense qu’ils étaient de forte constitution pour supporter de telles épreuves.
      Cordialement.

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