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  • 27 décembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le combat de Geisberg

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – Charles Théodore Beauvais – 1817

     

    Ce fut le lendemain du combat de Freschweiller que Hoche reçut sa nomination de général en chef des deux armées réunies du Rhin et de la Moselle, et deux jours après, il donne l’ordre d’attaquer, sur toute la ligne, l’ennemi, qui se disposait lui-même à une attaque générale.

    Trente-cinq mille hommes furent réunis au centre, vis-à-vis de Weissembourg et de la position de Geisberg, tandis que trois divisions de l’armée de la Moselle menacèrent la droite des alliés par les gorges des Vosges, et que deux divisions se portèrent sur leur gauche vers Lauterbourg.

    Au moment où l’armée française destinée à l’attaque de Weissembourg allait commencer son mouvement, les commissaires conventionnels recevaient la nouvelle de la prise de Toulon. Ils s’empressent de faire connaître cet événement aux troupes.

    « Puisque nos camarades ont été à Toulon, s’écrient les soldats, nous saurons bien parvenir jusqu’à Landau ».

    L’armée se met en marche en poussant des cris de joie et d’espérance. Le château de Geisberg est placé sur une éminence en avant de la plaine de Weissembourg. Trois bataillons autrichiens opcupaient ce poste, auprès duquel était campé le centre de leur armée.

    Hoche fait attaquer le château par quelques bataillons, qui s’en emparent après une assez vive résistance, et après avoir essuyé la charge du régiment des dragons de Toscane. Un bataillon de réquisition de la ville de Chaumont, arrivé la veille à l’armée, se distingua tellement dans cette occasion, que la Convention, par un décret spécial, l’exempta de toute incorporation dans d’autres corps.

    L’attaque devint bientôt générale, et les Autrichiens, retranchés dans le camp de Geisberg, situé sur des hauteurs en arrière du château, se disposèrent à recevoir les Français avec vigueur. Les approches du camp étaient défendues par des abattis d’arbres, des fossés palissadés, au-dessus desquels on avait élevé des batteries formidables.

    Hoche fait marcher ses troupes au pas de charge, à travers le feu le plus meurtrier. Les obstacles sont bientôt surmontés, les retranchements abordés et forcés. Les Autrichiens, étonnés de la marche audacieuse et rapide de leurs ennemis, n’opposent plus qu’une faible résistance. Ils cherchent à prendre une position en arrière, mais le désordre s’est introduit dans leurs rangs, et le combat n’est bientôt plus qu’une déroute. Les bataillons rompus prennent la fuite, les canons et les équipages sont abandonnés.

    Le duc de Brunswick, à la tête d’une division prussienne et d’une réserve de huit bataillons autrichiens, arrêta les progrès des Français assez de temps pour les empêcher d’arriver à Weissembonrg en même temps que les alliés. Le corps de Condé, après une résistance honorable, se replia, sur Lauterbourg. Les Autrichiens se retirèrent dans la même nuit sur Freckenfeld, et les Prussiens sur Bergzabern.

    Après la perte du combat de Geisberg, la mésintelligence éclata entre les généraux autrichiens et prussiens. Les premiers se plaignaient, non sans raison, d’avoir été exposés seuls à tous les efforts des Français, tandis que la réunion des deux armées aurait pu faire disputer la victoire.

    Les Prussiens reprochaient aux Autrichiens de n’avoir pas tenu avec assez de fermeté dans leur formidable position, et d’avoir, pour ainsi dire, lâché pied aux premières attaques. Les Prussiens citaient avec satisfaction leur propre résistance au combat de Kayserslautern, où le général Hoche avait été forcé de quitter la partie, après avoir éprouvé une perte considérable.

    Ces reproches étaient fondés, et il faut convenir que les Autrichiens ne se défendirent point comme ils auraient dû le faire, favorisés d’ailleurs par leurs retranchements.

    Dans ces différens combats, outre une nombreuse artillerie, une immense quantité de munitions de guerre et de bouche, une grande quantité d’équipages, tombèrent au pouvoir des Français. Mais le plus beau trophée de la victoire, et ce qui mérita au général Hoche une gloire incontestable, fut la délivrance de Landau.

    Dès le lendemain, 27 décembre, les troupes républicaines firent leur entrée dans cette dernière place, pendant qu’une partie de l’armée était à la poursuite des vaincus. Les soldats français furent reçus par leurs camarades et par les habitants de la ville avec tout l’enthousiasme qu’inspiraient alors les mots magiques de république et de liberté.

    La reprise des lignes de Weissembourg répandit dans toute la France un enthousiasme aussi grand que l’alarme causé auparavant par les progrès des alliés en Alsace. La Convention décréta des récompenses nationales pour tous ceux qui s’étaient distingués dans cette circonstance, et des indemnités pour tous les habitants de Landau qui avaient éprouvé des pertes pendant le siège.

     

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