• 15 décembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le 14 décembre 1798 – Le combat naval de la Bayonnaise contre l’Embuscade dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-naval-de-la-bayonnaise-contre-lembuscade-150x150

    Le combat naval de la Bayonnaise contre l’Embuscade

    D’après « La France maritime » – Amédée Gréhan – 1853

     

    Le plus beau fait dont puisse s’enorgueillir notre histoire navale, si riche d’événements, un des exploits les plus glorieux que puissent offrir les fastes maritimes d’un peuple, est le combat de la corvette la Bayonnaise contre la frégate l’Embuscade ; combat dont le dénouement fut la prise de cette dernière.

    La Bayonnaise était une fine embarcation, d’une élégance presque coquette. Une batterie barbette de vingt pièces de 8 formait toute son artillerie.

    Sortie de Cayenne dans les premiers jours d’octobre, des vents constamment favorables l’avaient poussée vers la France. Le 14 décembre, elle n’était plus qu’à trente lieues dans le sud-ouest des côtes de Bretagne, lorsqu’elle fut aperçue par la frégate anglaise l’Embuscade, qui se mit à sa chasse.

    L’Embuscade était un fort et beau navire, armé de quarante-deux canons dont le plus grand nombre était de 24 et de 18.

    La corvette républicaine ne pouvait attendre un pareil ennemi sans imprudence. Son capitaine, le lieutenant de vaisseau Edmond Richer, fit aussitôt remettre le cap au large.

    Mais la supériorité de marche que la frégate anglaise avait sur elle, ne tarda point à rendre le combat inévitable. Il s’engagea bientôt à petite portée, et se prolongea ainsi avec vivacité, sans que la disproportion des forces fit pencher la victoire pour l’un des deux bâtiments.

    L’Embuscade, voulant terminer ce combat en foudroyant son ennemi sous les volées de son écrasante artillerie, força de voile et vint prendre position à une portée de pistolet de la corvette française que, dès cet instant, le fer de chacune des bordées de l’anglais ébranla jusque dans la quille.

    La Bayonnaise, quel que fût le courage de ses défenseurs, ne pouvait supporter longtemps une pareille attaque : il fallait se rendre. Ce malheur semblait la seule péripétie possible d’un tel engagement. La valeur et l’enthousiasme de nos matelots républicains en trouvèrent une autre.

    A l’abordage ! à l’abordage ! s’écria-t-on de tous côtés. Richer, qu’étonne d’abord cette pensée d’audace, semble fort indécis : A l’abordage ! à l’abordage ! reprennent les matelots. Et les soldats, d’un cri unanime, répètent : A l’abordage !

    « Mes amis, dit enfin cet officier, je compte assez sur votre dévouement pour me rendre à vos vœux : soyez dignes de la République et de la France ! ».

    Mille cris d’enthousiasme accueillent ses paroles. On court aux armes que l’on se dispute. Les demi-piques, les pistolets, les haches d’arme, les sabres, passent dans toutes les mains. Richer, portant vivement la corvette sur la frégate anglaise, la heurte avec tant d’énergie que le mât de misaine de la Bayonnaise tombe sur le gaillard d’arrière de l’Embuscade.

    « C’est un pont que nous donne le hasard ! » s’écrie l’enseigne de vaisseau Ledanseur en s’élançant à la tête des combattants.

    En vain, les Anglais redoublent-ils leur feu de mousqueterie, ce pont étroit est franchi sous une grêle de balles. On s’attaque, on se prend au corps, on lutte. Toutes les armes se choquent et se croisent sur l’arrière de l’ennemi, où il ne reste bientôt plus que des cadavres.

    Culbutés de cette position, les Anglais se reploient sur les passe-avants, dont ils barricadent les marges étroites. Les Français les y attaquent avec l’impétuosité d’un premier succès. Ils sont arrêtés un instant devant une haie de piques et sous une lave de plomb. Mais ces retranchements et ces armes sont emportés par un nouveau choc.

    Après une nouvelle mêlée, où les Anglais opposent l’acharnement du désespoir à l’intrépidité d’un dévouement enthousiaste, les Français restent maîtres de tous les points de la frégate. Les Anglais mettent bas les armes, le drapeau rouge tombe, et le pavillon va se frapper à la tête du grand mât, salué par les cris de Vive la République !

    L’Embuscade était à peine au pouvoir de nos marins, que le reste de la mâture de la Bayonnaise, criblée par les boulets ennemis, écroula avec fracas. La corvette victorieuse dut être ainsi remorquée par la prise, et entra sur la rade de Rochefort, comme l’histoire nous représente Sésostris entrant dans les murs de Memphis.

     

    Pour en savoir plus sur ce combat naval

     

     

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