• 9 décembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    La prise de Brihuega

    D’après « Histoire de France sous le règne de Louis XIV » – Isaac de Larrey – 1722

     

    L’armée de Philippe V fut dès le 8 décembre à Guadalaxara, et ce prince averti que l’arrière-garde des Alliés s’était arrêtée à Brihuega pour protéger leurs bagages et le butin qu’ils emmenaient de Castille, tint conseil avec le duc de Vendôme, et fit partir à minuit six régiments de Dragons et deux de Cavalerie sous les ordres du marquis de Valdecanas, capitaine général , et tous les Grenadiers et les Piquets sous ceux du Marquis de Thoui.

    L’armée suivit de fort près ce détachement, et après quelques volées de canon, on somma la ville de se rendre.

    Stanhope qui y avait deux lieutenants généraux, autant de maréchaux de camp et de brigadiers, huit bataillons anglais et huit escadrons de la même nation, répondit fièrement, qu’il se défendrait jusqu’à l’extrémité, après quoi il verrait quel parti il aurait à prendre. La nuit qui commençait, suspendit l’attaque jusqu’au lendemain.

    Staremberg n’était qu’à cinq lieues da là, il n’y avait point de moments à perdre. Toute la nuit fut employée à élever des batteries, et pendant qu’on les préparait, l’infanterie et la cavalerie arrivèrent devant la place sur laquelle l’artillerie commença de jouer vers les 7 heures du matin. On pressait d’autant plus cette entreprise, que l’on ne doutait point que Staremberg ne vint au secours des assiégés.

    Dom Feliciano Bracamonte, et D. Joseph Vallejo furent chargés de l’observer. Ils avertirent en effet que ce général rassemblait ses troupes pour dégager le détachement anglais, et sur cet avis le Duc de Vendôme alla poster la cavalerie fur les hauteurs par où devait venir l’ennemi qui faisait de vifs mouvements. Cette précaution obligea Staremberg de marcher toujours en bataille, et par conséquent, avec moins de promptitude, il devait arriver à Villa Viciosa le 11 à midi, assez près de Brihuega ; mais il y arriva trop tard.

    Les assiégeants avaient fait jouer une mine et renversé la porte de l’attaque de la gauche. La brèche était assez grande pour tenter un assaut. Des grenadiers choisis soutinrent sur la brèche le feu terrible des Anglais, la résistance des assiégés était si belle et si meurtrière, que le courage des assiégeants commençait à se relâcher dans le premier abord.

    Le Duc de Vendôme qui était déja revenu de poster la cavalerie sur les hauteurs, s’aperçut que ses troupes mollissaient. Il prit un pistolet à l’arçon de la selle de son cheval, et alla lui même sur la brèche. Sire, dit-il au Roi dans ce moment, ils ne tirent pas droit, car s’ils avaient tiré juste, Votre Majesté et moi nous aurions déja été tués.

    Le Marquis de Thoui se distinguait à la tête des Grenadiers. Le Comte Sant Estevan de Gormas, le Comte de Rupremonde et lui, étaient entrés par une porte que l’artillerie avait renversée. Il attaqua le premier retranchement des Anglais, et eut la main percée d’un coup de mousquet. Il n’obéît qu’à regret au Roi qui lui commanda de se retirer pour le faire panser de cette blessure, et d’une autre qu’il avait reçue au pied.

    Le premier retranchement des Anglais étant forcé, le terrain fut disputé de rue en rues. Ils tachèrent inutilement de se jeter dans le château dont un capitaine des Gardes Vallones leur coupa le chemin. Le combat qui fut très sanglant se termina enfin à sept heures et demie du soir. Les Anglais battirent la chamade, et capitulèrent à condition que la porte du château soient incessamment ouverte aux troupes du Roi ; que les Généraux et les Officiers soient prisonniers de guerre avec toutes les troupes de la garnison à discrétion, tant à pied qu’à cheval ; que le lendemain 11 du mois, ils sortent de la ville pour être conduits en tels endroits qu’il plairait à Sa Majesté ; qu’on laisse aux officiers, cavaliers, dragons, et soldats, les hardes et bagages qu’ils avaient lorsqu’ils étaient entrés en Castille, à la réserve de leurs chevaux et de leurs armes ; qu’on prendrait soin des malades et des blessés, autant que la commodité des lieux le permettrait. Les lieutenants généraux qui furent faits prisonniers de guerre avec Stanhope étaient Carpenter et Wils.

    Le Général Staremberg qui ne savait rien de la capitulation, vint la même nuit à deux lieues de l’ermée espagnole, et fit tirer neuf coups de canon pour avertir la garnison du secours qu’il lui amenait. Ce signal tardif et qui pouvait être équivoque à une garnison déja rendue, n’empêcha point que sur les onze heures du matin suivant, on fit sortir tous les prisonniers de Brihuega, pour les répartir dans les villes de Castille.

     

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