• 8 décembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le siège d’Ehreinbreistein
    8 décembre 1797 au 10 février 1799

    D’après « Dictionnaire historique des batailles, sièges, et combats de terre et de mer » – 1818

     

    Championnet investit Ehreinbreistein aussitôt que l’armée de Sambre-et-Meuse eut passé le Rhin, en 1794. L’activité avec laquelle la division aux ordres du général Marceau continua le siège devait faire espérer de prompts succès. Mais lorsqu’après avoir été repoussé sur la Lahn, Jourdan fut forcé de repasser le Rhin, on abandonna ce siège.

    Les troupes françaises, qui étaient campées à Coblentz, traversèrent le Rhin le 8 décembre 1797, et se portèrent, par le Thal, derrière le fort d’Ehreinbreistein. De là on signifia au commandant de la place, M. de Sechter, que, conformément aux articles secrets du traité de Campo-Formio, les Français devaient occuper et garder cette place jusqu’à la paix.

    Sur le refus des impériaux, le blocus fut commencé par le général Hatry. Les plénipotentiaires de la France et de l’Autriche se firent pendant quelque temps la guerre avec la plume, relativement à cette forteresse. La disposition où étaient les Français de l’occuper, parut peu pacifique aux ministres de l’empire. On n’en continua pas moins le blocus.

    Les habitants de la ville recevaient des vivres. On ne s’en fut pas plutôt aperçu, que l’on coupa les chemins par où les paysans les apportaient. On arrêta des officiers qu’on soupçonna de les avoir favorisés. La place avait été ravitaillée. On accusa le commandant de Coblentz d’y avoir donné la main ; il en perdit la tête, et se jeta dans un puits où il mourut.

    Il devint impossible d’introduire des vivres dans Ehreinbreistein, et cette ville devait périr, sinon par le canon, du moins par la famine. L’Allemagne veut bien détruire cette forteresse, mais elle exige que les Français rasent les fortifications de Kehl et de Cassel. Les Français, qui étaient vainqueurs, y consentent, mais prétendent conserver les deux villes intactes.

    Le 4 février 1799, les Français occupèrent le Thal d’Ehreinbreistein pris par famine. La forteresse demande à capituler. La première demande du colonel Fabert fut de pouvoir sortir en laissant seulement, pour sauvegarde, trente hommes dans la place. La proposition fut acceptée par le général Dallemagne qui commandait le siège, et déclara en même temps que le blocus serait continué avec la plus grande exactitude. Il fut alors convenu que la garnison obtiendrait les honneurs de la guerre, et deux pièces de canon.

    L’occupation d’Ehreinbreistein fut l’objet d’une protestation du colonel Fabert. Il prétendit qu’elle était contraire aux conditions de la suspension d’armes qu’on avait conclue avec l’empire.

    Le siège dura quatorze mois, après lesquels le général Dallemagne prit possession de cette forteresse, le 10 février. On y trouva cent cinquante canons, et quarante milliers de poudre. Cette acquisition était, on ne peut plus importante, quoique les casernes, les mines et tous les autres bâtiments fussent ruinés. Les murailles furent promptement relevées, et les fortifications réparées. Cette ville, en protégeant Coblentz, donnait une entrée sur le territoire de l’Allemagne.

    Pendant le siège, les habitants du Thal furent réduits à un excès de misère à peine croyable : une livre de cheval se payait douze sous ; on vendait un chat au-dessus de trois francs. Un ménage, depuis longtemps, ne recevait, par semaine, que deux livres de viande. Il n’y avait plus du tout de volaille.

     

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