• 2 décembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 3 décembre 1835 – Le combat de l'Habrah dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-de-lhabrah-150x150

     

    Le combat de l’Habrah

    D’après « Histoire des armées françaises de terre et de mer » – Abel Hugo – 1838

     

    L’expédition dirigée contre Abd-el-Kader se préparait avec un appareil formidable. Le duc d’Orléans, prince royal, devait y prendre part. Tandis que les troupes se rassemblaient à Oran, le prince débarqua le 10 novembre à Alger, où il fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Avant de commencer les opérations militaires, le maréchal Clausel avait ordonné la prise de possession de la petite île de Rachgoun, siluée près du rivage, à l’embouchure de la Tafna. Cette occupation, qui menaçait la côte, empêcha, comme on l’espérait, quelques tribus du littoral d’aller se joindre à l’émir. Un camp nombreux d’Arabes vint s’établir en observation en face de l’Ile.

    La ville de Mascara, but de l’expédition, est située à douze lieues de la mer, en ligne directe, et à dix-huit lieues est-sud-est d’Oran. Cette ville, d’une assez grande importance commerciale, renfermait de nombreuses maisons, mais sa population était tellement incertaine, que le chiffre, d’après les différentes évaluations, en variait de 4000 à 15000.

    Mascara est assise sur une chaîne de collines dépendantes du petit Atlas. Des hauteurs boisées, des gorges profondes, des rivières torrentueuses et des plaines arides, rendent difficile et périlleuse la route qui mène d’Oran à cette ville C’était néanmoins à travers ces obstacles, déjà signalés par le revers du général Trézel, que les Français devaient arriver à la capitale de l’émir.

    L’armée expéditionnaire, forte d’environ 10000 hommes de toutes armes, et d’un corps auxiliaire assez nombreux de Turcs et d’Arabes, commandé par le bey français d’Oran, Ibrahim, était réunie au camp du Figuier, à quelques lieues d’Oran.

    Le duc d’Orléans, qui n’exerçait aucun commandement actif, accompagnait le maréchal Clausel. La brigade d’avant-garde était placée sous le commandement du maréchal de camp Oudinot, qui avait repris du service pour venger la mort de son frère. Les autres brigades avaient pour chefs les généraux Perregaux et d’Arlanges, et le colonel Combes.

    Le 26 novembre, le duc d’Orléans et le maréchal partirent d’Oran pour le camp du Figuier. La route, parcourue depuis la veille par des forces considérables, était parfaitement sûre, même pour des voyageurs isolés. Le camp du Figuier était également à l’abri d’un coup de main, et l’établissement eût paru excellent, si l’on n’y fût souffert du manque d’eau. Le 27, le général Oudinot partit pour le camp du Tiélat avec sa brigade, et fut rejoint par le bey Ibrahim, qui, resté sur les derrières, s’y transporta cependant en une seule marche, et avec une ardeur qui parut de bon augure.

    Le 28, toute l’armée était sur le Tiélat. L’état-major général, les quatre brigades et les convois étaient campés sur la rive gauche, tandis que le commandant Lamoricière avec ses zouaves, et le bey Ibrahim avec ses Turcs, prenaient position eu avant sur la rive droite. On ne reçut pas un coup de fusil cette nuit-là, mais on manqua d’eau, et il fallut qu’un gros de troupe remontât la rivière pour s’en procurer et faire boire les chameaux.

    Le 29, à sept heures et demie du matin, toute l’armée se mit en marche. L’ennemi commença à voltiger sur nos flancs et à tirer quelques coups de fusil. L’armée cependant avançait sur trois colonnes, dans l’ordre suivant : la première brigade, les convois entre la seconde et la troisième, la réserve denière les convois, la quatrième brigade fermait la marche. Cet ordre était quelquefois contrarié par les difficultés du terrain, mais on y revenait bientôt.

    L’armée traversa sans coup férir la forêt de Muley-Ismaël, témoin du combat livré avec tant d’audace et si peu de bonheur par le général Trézel. Elle franchit ensuite l’Onyasse, torrent desséché, et reçut sur son flanc droit quelques coups de feu tirés par les Béni-Hammer, et qui ne lui firent aucun mal. Epuisée du fatigue et de soif, la colonne arriva sur le Sig, vers quatre heures de l’après-midi, sans avoir pu trouver une goutte d’eau de toute la journée, et quoiqu’elle eût marché sous un soleil brûlant.

    Le 30 novembre et le 1er décembre, l’armée séjourna sur la Sig, campée à peu près dans le même ordre que sur le Tiélat, l’avant-garde sur la rive droite, le reste formant un énorme carré dont un des grands côtés se prolongeait parallèement à la Sig et dans l’intérieur du carré, les réserves et les convois.

    Le 2 décembre, le maréchal, accompagné du duc d’Orléans, ayant avec lui cinq bataillons, 300 chevaux et dix pièces d’artillerie, poussa une reconnaissance vers un camp de Bédouins que l’on apercevait à deux lieux de l’établissement français, en remontant la Sig sur sa rive droite. La reconnaissance suivait la rive gauche. On se battit pendant cinq heures. Le camp ennemi fut enlevé. Le détachement français ne se retira qu’à la nuit, ayant trois morts et quarante-quatre blessés. Les Arabes avaient perdu beaucoup plus de monde. Ce premier engagement ouvrit la campagne : il fut très vif, et les troupes y déployèrent un grand courage.

    L’armée quitta le camp de la Sig le 3 décembre, à sept heures du matin. A neuf heures, toute son arrière-gauche et une partie de ses flancs se trouvèrent engagés par le feu le plus vif. Abd-el-Kader était en avant de la tête de colonne, manœuvrant pour opérer une diversion. A deux heures, le maréchal fit faire un changement de direction à droite aux deux premières brigades.

    Ce mouvement s’exécuta lentement, cependant les Arabes perdirent peu de monde. L’avantage qu’obtint le maréchal par cette manœuvre habile était plus important. Les Arabes se trouvèrent coupés en deux corps, et les Beni-Hamer, qui étaient en arrière, se voyant séparés d’Abdel Kader, et ne recevant plus d’ordres, ayant eu d’ailleurs un très grand nombre de tués et de blessés dans la matinée et le jour précédent, se retirèrent. La fusillade cessa, et la colonne se remiten route.

    Tout à coup, comme elle arrivait vers le Sidi-Embarek, près des marabouts de l’Habrah, une vive canonnade l’arrêta. Plusieurs pièces d’artillerie, étagées sur la montagne, lançaient des obus et des boulets dans les rangs de nos soldats. Quelques-uns furent blessés. Un voltigeur du 2e léger eut les deux jambes emportées.

    Les têtes des colonnes ne paraissaient pourtant pas disposées à rétrograder. Le prince et le maréchal Clausel s’y portèrent au galop, et l’attaque se prépara. Malheureusement, un ravin profond séparait encore l’artillerie française du point où il fallait la placer. Mais, à force de chevaux et de bras, on parvint à faire passer six pièces, qui ouvrirent un feu très nourri. La tête de colonne ayant continué, pendant que cette résistance s’organisait sur sa droite, à se porter en avant, fut accueillie, à quelque distance de là, par une grêle de balles.

    L’infanterie ennemie était embusquée sur notre gauche dans un ravin et dans des bois, et de là faisait bonne contenance. La mitraille de l’artillerie française fut dirigée contre ces troupes. En même temps, l’infanterie se porta, au pas de course, sur le ravin et sur le bois.

    En ce moment, le duc d’Orléans, qui se trouvait sur un des points les plus exposés dans les rangs des fantassins, reçut une balle morte à la cuisse gauche : le coup était parti du bois… Deux compagnies de voltigeurs l’enlevèrent à la baïonnette. L’infanterie ennemie, établie dans le ravin, fut cernée de toutes parts. Elle n’en sortit que pour périr sous le feu des tirailleurs, ou de la mitraille.

    Abd-el-Kader, qui avait eu son porte-étendard et son secrétaire tués à côté de lui, après avoir montré le plus grand courage et s’être promené audacieusement pendant le combat sous la mitraille, se retira avec quelques cavaliers, et disparut rapidement.

    Ceci se passait sur la gauche. La droite de la colonne n’avait pas été moins vigoureuse. Exposée au feu de l’artillerie ennemie, elle avait marché vivement, et bientôt elle se trouva garantie de la canonnade par un contrefort de la montagne. N’ayant plus à faire qu’à la gauche de l’infanterie ennemie, elle la culbuta. Malheureusement, dans cet angagement de l’avant-garde, le général Oudinot fut blessé d’une balle à la cuisse, et forcé, après l’action, de quitter son commandement.

    L’armée continua sa route vers l’Habrah, où elle s’installa à la nuit, après avoir jeté un pont sur les deux rives. Elle avait perdu dans le combat une cinquantaine d’hommes tués ou blessés.

     

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