• 1 décembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 28 novembre 1870 – Le combat de Beaune-la-Rolande dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-baune-la-rolande-150x150

    Le combat de Beaune-la-Rolande

    D’après « La Guerre de 1870-71 : histoire politique et militaire » – Alfred Wachter – 1873

     

    Le 22 novembre dans la soirée, le grand-duc de Mecklembourg, dont l’armée était concentrée autour de Nogent-le-Rotrou, sur la ligne du Mans à Paris, reçut directement du quartier général de Versailles une dépêche télégraphique qui lui prescrivait de ne plus poursuivre les Français dans la direction du Mans et de se rabattre immédiatement sur la Loire, vers Beaugency. Le 25, il était à Authon quand il fut informé que, jusqu’à nouvel ordre, il serait sous la direction immédiate du prince Frédéric-Charles. Le 17e corps de l’armée de la Loire ayant fait ce jour-là un mouvement sur Châteaudun et Brou, le grand-duc se dirigea vers le nord-est. Le 27, il atteignait Châteaudun sans combat, le 17e corps s’étant replié précipitamment parce qu’il se croyait en présence de forces écrasantes.

    Le 30 novembre, l’armée de Mecklembourg occupait les positions suivantes sur l’aile droite de la 2e armée : quartier général à Janville, 22e division d’infanterie à Toury, la 17e à Allaines, le Ier corps bavarois à Orgères, la 4e division de cavalerie à Baigneaux, les 2e et 6e divisions de cavalerie en avant de Toury avec mission d’établir la communication entre les deux armées.

    Les troupes du prince Frédéric-Charles qui, le 20 novembre, étaient disséminées sur la longue ligne d’Angerville à Montargis, resserraient leurs cantonnements dans les journées des 21, 22 et 23.

    Le IXe corps se porta d’Angerville à Toury ; le IIIe occupa Bazoches-les-Gallerandes avec la 6e division et Pithiviers avec la 5e ; le Xe corps continuant son mouvement vers l’ouest quittait Montargis pour se concentrer à Beaune-la-Rolande. Les 1ère et 2e divisions de cavalerie reçurent l’ordre de pousser leurs avant-postes aussi loin que la nature du pays et les dispositions de l’adversaire le permettraient. A vol d’oiseau, la distance de Toury à Beaune-la-Rolande est de 40 kilomètres. Le prince Frédéric-Charles ne méconnaissait pas le danger que couraient ses corps d’armée d’être écrasés par une attaque en masse sur un point d’une ligne si étendue, d’autant plus que les routes transversales y sont rares.

    « Toutefois, dit la relation officielle de l’état-major prussien, la confiance que l’on mettait dans la supériorité des troupes allemandes était telle que ce danger ne lui parut pas à craindre. Bien au contraire, on était certain du succès final dans le cas où l’adversaire oserait sortir de sa position bien couverte et fortifiée, pour venir nous attaquer dans les terrains découverts de la Beauce. Quant à enlever de vive force cette position, cela constituait une tâche bien autrement difficile ».

    Le général d’Aurelle exprime tout à fait le même avis, et comme son histoire de la 1e armée de la Loire a paru avant la relation officielle allemande, on peut en conclure que la raison était de son côté et que le conseil aulique de Tours doit porter la responsabilité des désastres dont le récit va suivre.

    Pendant que les Allemands resserraient leurs lignes, le délégué à la guerre étendait démesurément celles de l’armée française en portant de sa seule autorité le 17e corps à Châteaudun, le 22 novembre. Ce corps était à la même date placé sous les ordres du général de Sonis, jeune et vigoureux colonel de cavalerie d’Afrique, que le général d’Aurelle avait lui-même désigné pour remplacer le général Durrieu qui déplaisait à l’entourage de M. Gambetta.

    Le grand mouvement offensif devant commencer par la droite, M. de Freycinet avait envoyé, le 21 novembre, au général d’Aurelle l’ordre formel de diriger sur Pithiviers la 1e division du 15e corps, soit une trentaine de mille hommes, sous le commandement du général des Paillières en personne. Sur les observations du général d’Aurelle, le mouvement de cette division fut arrêté à Chilleurs-aux-Bois, au débouché de la forêt d’Orléans sur la route Orléans – Pithiviers – Fontainebleau.

    Le 20e corps concentré entre Gien et Briare se porta, le 22, à Ouzouer-sur-Loire et fut remplacé à Gien par la division Pilatrie du 18e. Le 23, le général Crouzat remontait au nord et campait à Chatenoy, près du canal d’Orléans. Le lendemain 24, les trois divisions du 20e corps franchissaient le canal pour prendre position entre Bellegarde et Bois-Commun.

    Deux fortes avant-gardes lancées sur Ladon et Maizières rencontrèrent sur ces points des détachements du Xe corps prussien qui opposèrent une vive résistance. Après un violent combat, les troupes du 20e corps se replièrent sur leurs divisions respectives avec une perte d’une soixantaine d’hommes.

    M. de Freycinet, aussitôt informé par le général Crouzat que le 20e corps se trouvait en face de forces considérables, prescrivit au général Billot, commandant intérimaire du 18e corps, de porter ses trois divisions de Gien, où elles étaient arrivées le 24, sur Montargis, pour appuyer la droite de Crouzat.

    Enfin, le 26 novembre, le délégué adressait aux généraux Crouzat et Billot la dépêche suivante, qui montre à quel point il paralysait l’initiative des chefs militaires en s’immisçant dans les détails des opérations :

    « Tours, 26 novembre, 11 heures 50 du soir. Sans nouvelles de vous, je suppose que vous occupez l’un et l’autre les positions prescrites dans ma dépêche d’hier. Sur cette base, je vous envoie pour demain dimanche 27 courant les instructions suivantes : Vous vous concerterez (Crouzat, Billot) pour agir en commun en vue d’occuper avant la nuit Beaune-la-Rolande, Maizières et Juranville. Crouzat commandera le mouvement.
    Le 20e corps, Crouzat, occupera de bonnes positions dans le voisinage de Beaune, telles que Batilly et Nancray. Le 18e corps pourra occuper de bonnes positions, près Maizières, comme Juranville, Saint-Loup. On coupera la route de Beaumont à Maizières, et on la rendra impraticable sur la plus grande longueur. On se retranchera avec soin dans les positions que l’on occupera et on attendra de nouveaux ordres. Envoyez deux fois par jour des dépêches au général d’Aurelle et au ministre ».

    On ne se douterait jamais que ces minutieuses instructions étaient envoyées à des commandants de corps d’armée par un ingénieur des ponts et chaussées n’ayant jamais vu un soldat et qui combinait tranquillement ses mouvements stratégiques dans un cabinet bien chauffé pendant que ses lieutenants et leurs troupes campaient dans la neige ou dans la boue à 30 ou 40 lieues de là.

    Le 28 novembre, à 6 heures du matin, le 20e et le 18e corps réunis sous le commandement du général Crouzat attaquent les positions occupées par le Xe corps, Voigt-Rethz, autour de Beaune-la-Rolande.

    Le 18e corps venant de Montargis occupe la droite et enlève successivement les villages de Maizières, Lorcy, Juranville et les Cotelles. Le 20e venant de Bois-Commun occupe la gauche et s’empare de Saint-Loup, Nancray, Batilly, mais ne peut emporter Beaune-la-Rolande.

    MM. de Freycinet, Crouzat et Billot ont chacun fait un rapport sur ce combat. Ces trois documents sont tellement contradictoires qu’il n’en ressort qu’un seul fait, c’est que l’objectif de l’attaque, la prise de Beaune, n’a pas été atteint. Dans la journée, le Xe corps avait reçu comme renforts, la 5e division d’infanterie et la 1e division de cavalerie.

    Les pertes officielles des Allemands en tués et blessés s’élevaient à 32 officiers et 930 hommes, plus une pièce de canon que chacun des généraux Crouzat et Billot prétend avoir enlevée.

    Le 18e corps avoue une perte de 1600 tués et blessés ; le 20e, une de 1200. Sans doute les 1500 prisonniers faits par le Xe corps sont compris dans ces chiffres que le désordre de la retraite a empêché de contrôler.

    Le mouvement dessiné par l’aile droite de l’armée de la Loire qui, le 28 novembre, se trouvait à 17 lieues de l’aile gauche, avait porté, le prince Frédéric-Charles à modifier ses projets. Ainsi qu’il a été dit, Mecklembourg, au lieu de marcher sur Beaugency, avait pris position entre Orgères et Toury. Le IXe corps avait appuyé à gauche sur Bazoches-les-Gallerandes, le IIIe sur Pithiviers et Boynes d’où sa 5e division s’était, le 28, portée au secours de Voigt-Rhetz à Beaune-la-Rolande.

    Que s’est-il passé pendant l’exécution de ces nombreux changements de position ? Rien de bien important, peut-être quelques combats d’avant-postes. Cependant, sur la foi des rapports du 17e corps, le général d’Aurelle raconte que, le 25 novembre, le général de Sonis, alors à Châteaudun, « en faisant une pointe sur Illiers, rencontra l’ennemi en force, l’attaqua avec son impétuosité naturelle, le culbuta, le poursuivit jusqu’à Brou, et rentra à Châteaudun dans la nuit, après une marche pénible qui avait exténué ses troupes ».

    Le lendemain, une espèce de panique se répandit, à travers les lignes de l’armée française, jusqu’à Tours. La délégation se croyant menacée demanda un régiment pour la protéger et prescrivit à de Sonis de battre sur-le-champ en retraite sur Ecoman, à l’ouest de la forêt de Marchenoir derrière laquelle le 17e corps devait s’abriter. Les troupes arrivèrent à Ecoman et à Marchenoir dans un complet état de désorganisation.

     

    D’après « La Guerre franco-allemande de 1870-71 » – O.F. Leconte – 1871

     

    Le 21, les Allemands livrèrent quelques petits combats heureux au sud de La Loupe, et le 22, ils entrèrent à Nogent-le-Rotrou sans rencontrer de résistance. Dans tous ces combats, les Allemands n’avaient pas eu affaire à l’armée de la Loire, comme ils croyaient d’abord, mais à l’armée de l’ouest, formée en Normandie et en Bretagne, sous les ordres de M. de Kératry ; on l’évaluait à environ 61000 hommes. L’armée de la Loire était restée dans ses positions entre Orléans et Châteaudun.

    Le prince Frédéric-Charles accorda à son armée un jour de repos le 19, car elle avait fait depuis trois jours consécutifs des marches très pénibles. Le 20, elle marcha sur Courtenay et le 21, elle arriva dans les environs de Montargis, sans rencontrer l’ennemi en force. Le 23, elle atteignit Beaune-la-Rolande, et le jour suivant elle y fut attaquée, suivant une lettre du général prussien de Voigt-Rhetz, commandant le 10e corps, par trois divisions françaises, parmi lesquelles se trouvèrent les troupes du général Michel qui avaient été conduites d’Autun par chemin de fer jusqu’à Gien sur la Loire, et de là vinrent attaquer ce corps.

    Le 23, la brigade prussienne du général de Wedell prit position à Beaune-la-Rolande, appuyée par six escadrons de cavalerie. Le 24, les brigades Lehmann et Valentini, cette dernière avec l’artillerie du corps, marchèrent par deux routes, de Montargis par Ladon et Corbeilles également sur Beaune-la-Rolande, où le corps devait se réunir.

    Les Français réunissant les trois armes, débouchèrent des forêts, situées au sud, en trois fortes colonnes, prenant ainsi par leur flanc gauche les Allemands en marche. Les troupes françaises comptaient environ 31000 hommes, tandis que les Allemands ne pouvaient disposer pour ce combat que de 12000 hommes tout au plus. Les Français occupèrent en forces Ladon et Maizières, et avancèrent par Bois-Commun et Saint-Longe sur Beaune-la-Rolande.

    Les Allemands firent venir l’artillerie du corps à Beaune, et pendant ce temps, la brigade Valentini marcha par Juranville, vers la route au sud pour appuyer la brigade Lehmann qni avait pris Ladon après un combat acharné ; elle s’empara de Maizières et fit sa jonction avec la brigade Lehmann. Au point de croisement des routes de Bellegarde-Aury et Beaune-Ladon, le combat reprit de nouveau très vivement, mais là aussi les Français furent refoulés dans la direction de Bellegarde, et les deux brigades allemandes atteignirent Beaune-la-Rolande dans la soirée, où se trouvaient réunis le 10e et le 3e corps d’armée.

    Ces combats, commencés dans la matinée, durèrent jusqu’à cinq heures et demie de l’après-midi ; les dernières troupes allemandes passèrent Beaune pendant la nuit. Elles avaient fait une centaine de prisonniers. Quant à l’indication sur les forces des Français, on la trouva dans un ordre de bataille, qu’un officier d’état-major français, tombé sur le champ de bataille, avait parmi ses papiers.

    Le 28 novembre, la petite ville de Beaune-la-Rolande vit de nouveaux combats, plus sérieux cette fois. A neuf heures du matin, cette ville fut attaquée par des forces françaises trè supérieures en nombre aux troupes allemandes.

    L’attaque exécutée par des troupes de ligne fut très violente, rapide, et eut lieu de trois côtés à la fois, en front, par la droite, où les Français prirent le village de Batilly, et sur les derrières par La Pierre-Percée. Le but des Français était évidemment de prendre le 10e corps prussien, par le flanc droit et par derrière pour replier toute la position de ce corps de Beaune jusqu’à Loncourt.

    Beaune devint donc l’objet principal de l’attaque. La petite ville occupée par la brigade de Wedell, composée des 16e et 57e régiments d’infanterie, avait été vivement mise en état de défense. A toutes les sorties s’élevèrent des barricades ; chaque maison, chaque ferme entourée d’un mur, fut transformée bientôt en une petite forteresse.

    Les attaques des Français furent continuelles et exécutées avec une violence presque irrésistible. Pourtant elles se brisèrent au feu calme et bien dirigé des Allemands. D’autres colonnes françaises de troupes fraîches arrivaient toujours, on lança des grenades dans la ville, qui commença bientôt à brûler dans divers endroits, mais les Allemands ne cédèrent pas un pouce de terrain.

    Le combat durait déjà depuis dix heures du matin jusqu’à quatre heures de l’après-midi, lorsque la 5e division prussienne put envoyer quatre bataillons au secours de ses camarades. Ces bataillons attaquèrent par Boyne le flanc gauche des Français et leur firent subir des pertes sensibles, surtout à la prise de la forêt de la Lau.

    Pendant que la brigade de Wedell maintenait le combat au centre de la position, les autres troupes du 10e corps étaient également engagées sur toute la ligne établie sur les hauteurs entre Beaune et Loncourt. Le 10e bataillon des chasseurs avait gagné du terrain sur les Français près du village de Corbeilles, de sorte que le général commandant put les détacher pour appuyer la brigade de Wedell. Le combat cessa bientôt.

    Les pertes des Allemands, se trouvant sur la défensive et dans des positions plus ou moins abritées, étaient insignifiantes, environ 600 hommes tués et blessés, en face des pertes de l’armée française qui eut 1100 tués, 5000 blessés et 1600 prisonniers.

    Le résultat de cette journée si chaude, fut le maintien de leurs positions par les troupes allemandes, et la retraite des Français sur Bois-Commun et Bellegarde. Le but de leur attaque était donc manqué.

    Le 29 novembre, le même corps allemand livra un autre combat près de Juranville. A neuf heures du matin, les Français attaquèrent ce village, situé au sud-est de Beaune-la-Rolande, avec des forces supérieures. De onze heures à midi régna une fusillade très vive, et elle continua, moins nourrie pourtant, jusqu’à la nuit, interrompue de temps en temps par la canonnade.

    Du côté des Allemands, il n’y avait que la 39e brigade d’infanterie au feu, composée des régiments 56 et 79. Les Français n’eurent point de succès non plus ce jour-là, car Juranville qu’ils avaient pris au commencement de la journée, leur fut repris dans la soirée, et toute leur ligne refoulée au delà de la position qu’ils occupèrent le 28.

    Le combat eut lieu sur le même terrain que celui du 28, et les Allemands durent de nouveau se charger du triste devoir d’enterrer les morts français avec les leurs et de recueillir leurs blessés abandonnés.

    Du reste, l’intendance et le service sanitaire des armées républicaines furent encore plus mauvais que sous l’empire. Rien n’était prévu sous ce rapport. Les soldats arrivés en masses sur les lieux des actions y trouvèrent rarement de quoi se nourrir ou se loger.

    Comment veut-on qu’un soldat se batte bien le ventre creux, et quand il sait que, s’il est blessé, on l’abandonne généralement à l’ennemi ? Nous croyons trouver dans ces circonstances la raison pour laquelle les Allemands font de si nombreux prisonniers.

     

    D’après « Nos zouaves : historique, organisations, faits d’armes, les régiments » – Paul Laurencin – 1888

     

    Les zouaves furent représentés par le 3e régiment à l’une des plus sanglantes affaires de la guerre d’invasion, la bataille de Beaune-la-Rolande.

    Dès sa formation, ce régiment, désigné pour combattre dans l’est de la France, avait fait partie de l’armée des Vosges que commandait le général Cambriels. Sous les ordres du lieutenant-colonel Boisson, il avait combattu à Auxon, puis le gouvernement de Tours l’avait appelé sur la Loire pour faire partie du 20e corps d’armée que commandait le général Crouzat.

    Le 24 novembre 1870, le 3e régiment de marche de zouaves contribue à repousser les Prussiens de Bellegarde (Loiret). Le 26, il prend part à l’action qui les débusque de Ladon, et, le 28, sous les ordres directs du général Thornton qui voulut combattre au milieu des zouaves des 2e et 3e bataillons, il attaque Beaune-la-Rolande, où s’étaient fortement retranchés les coalisés prussiens.

    Opérée en terrain planté d’arbres fruitiers et de vignes, la marche des zouaves était non seulement difficile et extrêmement pénible, mais aussi des plus dangereuses. L’ennemi, suivant sa tactique habituelle, s’était fortement retranché et abrité, couvrant de feux l’espace qui le séparait des Français.

    Ordre est donné de déloger les Prussiens des maisons qu’ils occupent et, pour précipiter le mouvement, de déposer les sacs à terre. Les jeunes zouaves obéissent et, avec un entrain remarquable, s’élancent, gagnent quelques centaines de mètres sans se laisser arrêter par les pertes cruelles qu’ils subissent. Ils parviennent à pénétrer dans deux maisons, à en repousser l’ennemi, à s’y établir. Ils ne sont plus qu’à trois cents mètres de la ville. En un clin d’oeil, des coups de crosse ont pratiqué des meurtrières dans les murailles des deux maisons et, de ce poste avancé, les tirailleurs ripostent avec avantage au feu de l’ennemi et préparent la voie au reste du régiment.

    Celui-ci, formé en colonne, tente un vigoureux effort. Mais feux de tirailleurs et feux d’ensemble demeurèrent impuissants contre l’ennemi trop bien retranché. Cette fois encore, les zouaves durent céder devant l’irrésistible du nombre et de la position. Ils reculèrent, mais face à l’ennemi, mais sans trouble, sans précipitation, ripostant au feu des batteries dont les projectiles labouraient le sol autour d’eux.

    Cependant, le général Crouzat demande un dernier effort. La bataille est perdue, sans doute, mais il faut assurer le salut de l’armée.

    Des colonnes se reforment. Les zouaves soutiennent les régiments de garde nationale mobile des Deux-Sèvres et du Haut-Rhin, et tous, baïonnette en avant, se ruent sur le faubourg de Beaune-la-Rolande, dont le surnom, ce jour-là, fut à jamais consacré par l’héroïque courage des jeunes troupes françaises.

    Toujours retranchés, les Prussiens avaient vu, de leurs abris, s’avancer l’impétueuse colonne. Quelques-uns de leurs soldats, de leurs officiers peut-être, qui, pendant les années de paix, étaient venus en France chercher leurs moyens d’existence ou édifier leur fortune, qui avaient été reçus en amis dans les familles françaises et avaient appris au milieu d’elles à parler notre langue, crièrent : « En avant les zouaves » et répétèrent les commandements des officiers français.

    D’autant mieux trompés par ces cris, par ces appels, par ces encouragements, qu’ils étaient plus enflammés, que les bruits et les fumées de la bataille ne leur permettaient pas d’en reconnaître l’origine, zouaves et mobiles s’élancent. Tous rivalisent d’entrain et d’ardeur, tous ont au cœur un désir violent d’aborder cet ennemi qui se dérobe toujours et qu’ils voudraient enfin saisir corps à corps.

    A cinquante pas, quand elle croyait toucher au but, la colonne est littéralement fauchée et, à sa tête, tombe le général Boisson, qui, du commandement du 3e régiment de zouaves de marche, venait de passer comme général à celui de la brigade. La retraite sonne, les zouaves se retrouvent diminués de moitié, mais l’ennemi n’ose les poursuivre. Leur dévouement avait assuré la retraite de l’armée.

     

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