• 1 décembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 1er décembre 1870 – Le combat de Villepion dans EPHEMERIDE MILITAIRE le-combat-de-villepion-150x150

     

    Le combat de Villepion

    D’après « Campagne de 1870-1871 - La deuxième armée de la Loire »
    Antoine-Eugène-Alfred Chanzy – 1871

     

    Le 1er décembre, le 16e corps se mit en mouvement à dix heures du matin dans l’ordre prescrit par les instructions, l’infanterie à travers champs, l’artillerie sur les routes et sur les chemins.

    Bien que la neige couvrit encore le sol, le froid, qui était vif, avait durci le terrain. Le temps était favorable. Arrivé à Patay, le commandant du 16e corps, informé que l’ennemi occupait Guillonville et Gommiers, donna l’ordre au contre-amiral Jauréguiberry de se porter avec sa 1e division sur ces positions et de les enlever. La cavalerie du général Michel, qui se trouvait en avant de la ferme de Pérolait, devait, en tournant la droite des Allemands, faciliter cette opération.

    Parvenu entre Muzelles et la ferme Guillard, l’amiral fut accueilli par un feu très vif que les batteries postées à hauteur de Gommiers et de Terminiers dirigeaient sur sa brigade de droite (général Bourdillon), et sur une partie de la cavalerie arrêtée entre Muzelles et Rouvray-Sainte-Croix. En même temps, des groupes de cavalerie ennemie en mouvement sur notre gauche préoccupaient le général Deplanque et l’empêchaient de marcher directement sur les positions indiquées à sa brigade.

    L’amiral Jauréguiberry comprenant qu’il fallait brusquer l’attaque et débuter par un coup vigoureux dans les opérations qui s’ouvraient, établit promptement ses pièces pour contre-battre celles de l’ennemi. Il fit faire face à droite à la brigade Bourdillon, marcher résolument en avant la brigade Deplanque, enlever par un bataillon du 39e de marche (capitaine Sombret) la ferme de Guillard fortement occupée, et fermer la trouée qui s’était produite pendant la marche entre ses deux brigades, par ce même bataillon, le 3e de chasseurs à pied et une batterie de 12 mise à sa disposition par le commandant du 16e corps.

    Cependant le général Michel dessinait son mouvement tournant sur la gauche, et ses batteries, tirant sur celles que l’ennemi avait placées près de Gommier, contribuaient avec l’artillerie de la 1e division, à éteindre momentanément leur feu. Le village de Gommiers, tourné alors par le bataillon du capitaine Sombret, fut vigoureusement attaqué de front par les chasseurs à pied et enlevé.

    Il était environ trois heures et demie. L’ennemi se trouvait concentré à Terminiers, Faverolles, Villepion, Nonneville et Chauvreux. Il était en forces. Ses obus tombaient en quantité considérable sur nos emplacements. Mais sur sa droite, il avait dû évacuer Guillonville.

    Pendant que l’amiral prenait ses dispositions pour l’aborder, le commandant du 16e corps donna l’ordre à la cavalerie de prononcer un mouvement direct sur Loigny. Le général Michel, laissant la brigade de Tucé à gauche de la route de Guillonville, pour observer la direction de Pruneville où l’on signalait des escadrons ennemis, s’avança avec ses deux autres brigades sur Villepion et Faverolles. Accueillie par le feu très vif d’une batterie placée entre ces deux villages, notre cavalerie dut appuyer à droite pour la tourner et déborder les jardins de Faverolles et le flanc gauche des Allemands, soutenue par son artillerie qui se mit plusieurs fois en position.

    Cette démonstration hardie, exécutée sous les obus à une distance de 600 mètres, mais assez rapide pour éviter des pertes sensibles, détermina la retraite de la batterie ennemie de Villepion, et contribua puissamment à faciliter à la brigade Bourdillon sa marche sur Faverolles. Cette brigade depassait bientot la route de Gommiers à Terminiers, s’engageait résolument entre Villepion et Faverolles, tandis que le bataillon du 39e qui avait enlevé Gommiers, secondé par la batterie de 12 et celle de montagne, poursuivait sans hésiter avec le 3e bataillon de chasseurs à pied, son attaque sur Villepion.

    L’amiral faisait en même temps exécuter un mouvement de conversion à la brigade Deplanque pour aborder la droite ennemie. L’action fut bientôt très vive de ce côté, à hauteur de Chauvreux. Le jour baissait, il fallait en finir.

    Le commandant de la 1e division, réunissant les troupes qui lui restaient et se mettant à leur tête, se porta au pas de course sur le parc de Villepion, point central de la résistance, qu’emportèrent d’assaut le bataillon du 39e de marche, le 2e bataillon du 33e mobiles (Sarthe) et les chasseurs à pied.

    On y fit 40 prisonniers, dont 2 officiers de la garde de Bavière. Une batterie faillit rester entre nos mains, et elle ne dut son salut qu’à l’obscurité. L’ennemi abandonna dans le château son ambulance et de nombreux blessés.

    A droite, un autre bataillon du 39e de marche et le 75e mobiles (Loir-et-Cher et Maine-et-Loire) se précipitaient sur Faverolles à la baïonnette, y faisaient des prisonniers et s’y installaient, tandis qu’à la gauche, le général Deplanque, après une lutte opiniâtre, s’emparait de Nonneville.

    La nuit était complétement venue. L’amiral établit sa division sur les positions conquises et son quartier général au château de Villepion. La cavalerie, que l’obscurité empêchait de poursuivre l’ennemi, se replia sur son bivouac du matin, entre les fermes de Muzelles et de Pérolait, ayant toujours la brigade de Tucé à l’ouest de la route de Patay à Guillonville, pour observer les directions de Bazoche-en-Dunois et de la Conie.

    La division Barry, qui avait eu le plus de chemin à parcourir pour se porter en ligne, n’était arrivée qu’à la fin de la journée, et s’était établie, sa 1e brigade à Muzelles, sa 2e à Terminiers. Elle n’avait point été engagée.

    Le combat de Villepion était un brillant succès pour le 16e corps. L’honneur en revenait tout entier à l’amiral et à sa belle division. Ils avaient eu à lutter contre 20000 Bavarois, qu’ils avaient complétement battus, et repoussés successivement de toutes leurs positions solidement fortifiées et vigoureusement défendues.

    Dans la nuit, le général commandant le 16e corps, rentrant à son quartier général de Patay, apprit qu’un poste ennemi était resté dans la ferme de Bourneville. Il la fit cerner par une compagnie des francs-tireurs de Paris et un escadron de chasseurs qui y enlevèrent 40 cavaliers bavarois, dont 3 officiers.

     

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