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  • 22 novembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 22 novembre 1870 – Le combat de Vernon dans EPHEMERIDE MILITAIRE fantassin-francais-1870-150x150

     

    Le combat de Vernon

    D’après « La guerre dans l’ouest : campagne de 1870-1871 » – Louis-Paul Rolin – 1874

     

    Le général Briand avait été replacé, le 15 novembre, à la tête de la 2e division militaire à Rouen. Le général de Tucé, qui exerçait le commandement de la subdivision de la Seine-Inférieure, reçut celui d’une brigade à l’armée de la Loire. Il eut pour successeur le capitaine de vaisseau Mouchez, chef supérieur des forces de terre et de mer au Havre.

    Par suite de ces changements continuels, aucune tentative sérieuse n’avait été faite pour la formation et l’organisation des troupes de Normandie. Celles qui composaient le corps de l’Andelle, et qui étaient disséminées le long de cette rivière, avaient à peu près le même effectif que précédemment. On doit noter, toutefois, que la 31e batterie de la marine (capitaine Croisier) s’était organisée à Rouen en batterie montée, ce qui, avec la 2e du 10e régiment (capitaine Lenhardt) et celle des mobilisés de Rouen (capitaine Waddington), portait l’artillerie au chiffre de trois batteries.

    Au moment du retour du général Briand, il y avait donc, en fait de troupes de campagne, dans la Seine-Inférieure, deux régiments de cavalerie et deux bataillons de marche de la ligne, une douzaine de bataillons de mobiles, une quinzaine de corps francs et trois batteries, total, environ seize mille hommes et dix-huit canons de tout calibre.

    Le 21 novembre, à la suite de l’évacuation d’Évreux et de la retraite du général de Kersalaun, le général Briand, que ce mouvement découvrait sur sa droite, et qui avait été chargé du commandement provisoire de la subdivision de l’Eure, se rendit à Louviers et fit arrêter au chemin de fer l’embarquement des troupes qui étaient dirigées sur la Rille.

    Les mobiles de l’Eure avaient été envoyés à Conches, où, pour la première fois, leur régiment se trouva réuni dans la matinée du 21. Avant que leur service de grand’garde eût été organisé, un paysan à cheval accourut tout effaré, annonçant qu’une forte colonne de cavalerie allemande arrivait jusqu’au hameau de Valleuil par la route de Damville.

    Les mobiles se portèrent aussitôt à la rencontre des cavaliers ennemis et les repoussèrent après une courte fusillade. En les poursuivant, ils trouvèrent, sur le bord de la route, le cadavre d’un jeune mendiant de treize ans transpercé d’un coup de lance.

    Le lieutenant-colonel d’Arjuzon reçut le commandement des troupes qui se trouvaient à Serquigny et à Conches. Il avait alors sous ses ordres le 5e bataillon de marche de la ligne, venu de la rive droite, le régiment de la mobile de l’Eure, le 6e bataillon de la Loire-Inférieure, le 1er bataillon de la garde nationale de Conches (commandant Barbié du Bocage), les éclaireurs de Normandie, la guérilla rouennaise et les francs-tireurs de l’Eure, d’Evreux et de Breteuil. Appuyé sur la forêt de Conches, il avait pour mission de repousser les incursions de l’ennemi, qui occupait alors Pacy, Saint-André et Nonancourt.

    En arrivant à Louviers, le 21 novembre, le général Briand avait ordonné au lieutenant-colonel Thomas de réunir ceux de ses bataillons qui n’étaient pas encore partis pour Serquigny, et de se porter immédiatement sur Vernon qui était menacé, et qui devait être occupé le lendemain par l’ennemi. Un train spécial fut organisé sur-le-champ, et, dans la nuit suivante, tout le 3e bataillon de la mobile de l’Ardèche, renforcé de la moitié du 2e et d’une compagnie de francs-tireurs, fut transporté dans cette direction.

    Vers trois heures du matin, ce détachement arriva à destination et fut aussitôt dirigé sur les hauteurs de la forêt de Bizy, qui couvrent Vernon du côté de Pacy-sur-Eure, où l’ennemi était signalé depuis la veille. Le commandant de Montgolfier, avec trois compagnies du 3e bataillon, fut chargé de garder la route principale de Vernon à Évreux, et le commandant Bertrand, avec les quatre compagnies du 2e, renforcées des francs-tireurs de Seine-et-Oise (Capitaine Poulet-Langlet), reçut la mission d’observer les hauteurs et les défilés du Petit-Val ainsi que la grande route de Paris. En outre, deux compagnies furent placées à environ un kilomètre de l’entrée et de la sortie de la ville pour arrêter l’en- nemi s’il se présentait sur ces points.

    En adoptant ces dispositions, le colonel Thomas avait l’intention de laisser les Allemands traverser la forêt et pénétrer dans la ville, afin de pouvoir ensuite les y cerner.

    Ces mesures étaient prises, lorsque, vers sept heures et demie du matin, les premières sonneries prussiennes se firent entendre sur la route de Pacy-sur-Eure. Une patrouille, précédant l’avant-garde à un quart d’heure d’intervalle, puis le gros de la troupe, l’artillerie, les fourgons et enfin l’arrière-garde, passèrent successivement, et sans le savoir, au milieu des rangs des mobiles. C’était un fort détachement de la brigade de Redern, composé d’infanterie du 2e régiment bavarois et de hussards du 10e régiment de Magdebourg.

    Lorsque, vers huit heures, les premiers éclaireurs ennemis se présentèrent dans Vernon, ils remarquèrent chez les habitants une assurance qu’ils n’étaient pas habitués à rencontrer. L’avant-garde seule péné- tra dans la ville et se mit en devoir de faire des perquisitions à la mairie. Mais, ayant essuyé quelques coups de feu, les Allemands partirent précipitamment en enlevant des otages pour se garantir contre les balles de nos soldats, dont la présence leur avait été malheureusement révélée.

    Dès lors, ils ne songèrent plus qu’à la fuite. D’abord ils essayèrent de se sauver par la route de Paris. Mais, la trouvant gardée par les mobiles de l’Ardèche, qui les reçurent à coups de fusil, ils rentrèrent dans la ville tout effarés et furent contraints de chercher une issue à travers les bois.

    Tandis qu’ils faisaient filer par un chemin détourné l’artillerie et les fourgons escortés par la cavalerie, ils lancèrent en avant l’infanterie bavaroise pour couvrir ce mouvement. Les mobiles prirent aussitôt l’offensive, et un combat s’engagea sur la grande route de la forêt où l’ennemi se présentait en masse dans l’intention de forcer le passage.

    Après une vive fusillade, qui dura près d’une heure, les Allemands se dispersèrent et furent poursuivis avec beaucoup d’entrain jusqu’à la lisière des bois, du côté de Pacy. Les trois compagnies du 3e bataillon de l’Ardèche avaient pris à cette affaire la part la plus sérieuse sous les ordres du commandant de Montgolfier, qui, au fort de la mêlée, eut un cheval tué sous lui.

    Leurs pertes furent de deux hommes tués et six blessés, dont deux grièvement. L’ennemi eut une douzaine des siens tués ou blessés. En outre, il laissa entre nos mains quatre prisonniers, dont un officier de hussards, le second lieutenant de Boden-hausen, plusieurs voitures de vivres brisées et abandonnées, et une douzaine de fourgons chargés et attelés chacun de quatre chevaux.

    L’inventaire de cette prise, dressé sur-le-champ, constata dans les bagages prussiens ou bavarois, car il y avait des uns et des autres, l’existence de pendules, montres, bijoux, châles, cachemires, manchons, et d’une foule d’autres objets qui n’ont rien de commun avec l’approvisionnement militaire, et qui faisaient ressembler ce convoi d’une troupe en campagne à celui d’un entrepreneur de déménagements.

    Une lettre, adressée au capitaine de Kleist, fut trouvée dans une valise, puis traduite et publiée. Elle fit supposer que cet officier avait péri dans l’engagement, et la sensibilité française se hâta un peu trop de s’apitoyer sur le sort de cette prétendue victime de la guerre, aujourd’hui capitaine au grand état-major prussien.

    Le seul officier ennemi, mortellement atteint dans cette journée, fut le premier lieutenant baron de Krausss, de l’infanterie bavaroise, qui succomba peu de temps après à ses blessures et fut inhumé à Chaufour.

    Après la retraite de l’ennemi, le colonel Thomas reçut du général Briand l’ordre d’occuper fortement Vernon, où il appela les divers détachements de son régiment restés en arrière, et qui s’y trouvèrent tous réunis le 25 novembre.

     

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