• 6 novembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 6 novembre 1792 – La bataille de Jemmapes dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-jemmapes-150x150

     

    La bataille de Jemmapes

    D’après « France militaire » – Abel Hugo – 1838

     

    Avant de décrire la bataille qui livra la Belgique à Dumouriez, il convient de faire connaître au moins brièvement la position que l’ennemi avait choisie et fortifiée.

    A une demi-lieue en avant de Mons, s’étend une colline boisée, dont la droite s’appuie sur le village de Jemmapes et dont la gauche s’étend en avant de Cuesmes, village qui touche aux faubourgs de cette place forte. De ce côté, Mons est couvert par les hauteurs de Berthaimont, de Pallizel et de Nimy, qu’enveloppe le cours sinueux de l’Haisne, rivière qui, après avoir baigné les fortifications et rempli les fossés, s’écoule au milieu de plaines marécageuses derrière le coteau de Jemmapes.

    C’est sur ce coteau que le duc Albert avait établi ses troupes et attendait l’armée française. Il comptait sous ses ordres 25000 soldats réunis et dont 20000 au moins garnissaient la hauteur. La ligne autrichienne formait deux crochets. L’un en arrière à droite avait son flanc couvert par Jemmapes, l’autre en avant à gauche était en l’air et sans appui. L’art avait d’ailleurs ajouté aux difficultés naturelles de la position, déjà défendue de front par un escarpement couvert de taillis épais, en établissant diverses lignes de retranchements et de redoutes dont les batteries présentaient un triple étage de feux croisés. Les avant-postes ennemis occupaient, dans la plaine, en face des retranchements, les villages de Quareignon, de Pâturage, de Wames, de Frameries et le mamelon où s’élève le moulin de Boussu, dominant le bourg de ce nom, qui avait été aussi retranché.

    L’armée française comptait dans ses rangs quelques bataillons de volontaires belges réfugiés. Le 3 novembre, cette infanterie, attachée l’avant-garde, commandée par Beurnonville, attaqua sans canons les avant-postes autrichiens qu’elle chassa du village de Thulin. Mais emportée par son succès, elle eut l’imprudence de poursuivre l’ennemi dans la plaine en avant de Boussu. Alors les hussards impériaux fondirent sur elle, l’enveloppèrent et en sabrèrent quatre compagnies. Le régiment de Chamborand s’avança intrépidement, et, quoique bien inférieur en nombre, parvint à dégager les Belges, mais non sans avoir lui-même beaucoup souffert.

    Beurnonville, inquiet de cet échec, allait donner à ses postes avancés l’ordre de se replier, quand Dumouriez en fut informé. Il sentit toute l’importance d’un pareil début qui pouvait compromettre l’issue de la campagne, et résolut de le réparer aussitôt. Renforçant Beurnonville de trois brigades sous les ordres du duc de Chartres, il ordonna d’attaquer le lendemain les villages de Montreuil et de Thulin.

    Les Autrichiens ne les défendirent point et se retirèrent sur le moulin de Boussu. Dumouriez, qui accompagnait l’avant-garde, s’aperçut que cette position était faiblement gardée ; il y marcha tout droit et s’en empara. L’attaque fut si brusque que l’ennemi ne la soutint pas. Un de ses bataillons, qui essaya de faire résistance, eut cinq cents hommes sabrés par nos chasseurs.

    La prise du moulin de Boussu fut suivie de l’occupation de Frameries, de Wames et de Pâturage, et l’armée française arriva ainsi en vue de la position deJemmapes.

    Le 5, le village de Quareignon fut attaqué sans être emporté, et Dumouriez passa sa journée à rallier les troupes et à faire ses dispositions pour l’attaque générale qu’il projetait pour le lendemain.

    L’armée française passa la nuit sous les armes. Le 6 novembre au point du jour, Dumouriez compléta ses instructions. Il ordonna à d’Harville de suivre les mouvements de l’aile droite, de se tenir toujours à la même hauteur, de déborder la gauche des Autrichiens par Berthaimont, et de la couper. Ce général eut ainsi pour tache particulière d’intercepter la retraite de l’ennemi, en se portant sur les coteaux de Pallizel qui dominent Mons.

    Beurnonville, avec l’avant-garde, reçut l’ordre d’engager la bataille en attaquant l’aile gauche des Autrichiens, sur les plateaux de Cuesmes. Ces plateaux étaient garnis de cinq grosses redoutes. D’autres retranchements, soutenus par des abatis, des maisons crénelées, des ravins ou des chemins creux, s’étendaient sur le front de la ligne ennemie, de Cuesmes à Jemmapes. Au centre seulement, qui répondait à celui de l’armée française, se trouvait dans le bois de Flenu une ouverture avec un chemin qui conduisait à ce dernier village, et ce chemin était gardé par quelques escadrons de cavalerie autrichienne.

    L’aile gauche française était commandée par les trois généraux Ferrand, Blottesfières et Rozières. Le premier, comme plus ancien, devait diriger l’attaque de Quareignon et tourner la droite de l’ennemi. Enfin le duc de Chartres, avec le centre, devait marcher sur Jemmapes, quand les dcuxailesde l’armée autrichienne auraient été battues.

    A 8 heures du matin, l’attaque commença à la fois par la droite et par la gauche. Dumouriez, qui s’était porté à la gauche pour assister à l’attaque de Quareignon, trouva qu’elle s’effectuait mollement. Le village fut néanmoins emporté en sa présence à l’aide d’un renfort de quatre bataillons qui, sous les ordres du général Rozières, vinrent soutenir et pousser en avant l’infanterie légère belge et française.

    Dumouriez ordonna ensuite à Rozières de continuer sa marche par le grand chemin, d’y mettre en bataille huit escadrons de cavalerie, et d’attaquer la gauche de Jemmapes avec l’infanterie. Il manda aussi au général Ferrand d’attaquer de front et à droite le village, mais à la baïonnette, et seulement dès qu’il verrait le général Rozières monter sur le flanc gauche.

    Cette attaque devait être faite en colonnes par bataillons. Les troupes devaient passer le village dans le même ordre et ne se déployer que lorsque Ferrand aurait joint sa droite à la gauche de la division du centre. Plusieurs officiers d’état-major furent laissés sur les lieux pour rendre compte successivement des progrès de l’attaque au général en chef, qui rejoignit au centre le corps du duc de Chartres.

    Ici, comme dans l’attaque sur la gauche de l’ennemi, dont nous parlerons tout à l’heure, il existe entre les rapports de Dumouriez et ceux de la plupart des auteurs qui ont rendu compte de la bataille de Jemmapes, des différences graves que nous nous bornerons à signaler sans nous prononcer sur le jugement que l’on doit en porter.

    Dumouriez, à ce qu’il prétend, attendit jusqu’à onze heures, des nouvelles de Beurnonville et de Ferrand. Il envoya alors son ancien aide de camp, le général Thouvenot, vers la gauche, avec ordre de diriger l’attaque et de ne le rejoindre que lorsqu’il serait maître de la partie de Jemmapes à laquelle cette gauche faisait face.

    « Thouvenot trouva en arrivant, dit Dumouriez, que le vieux général Ferrand avait perdu la tête, ne se décidait point, et que Rozières se tenait caché derrière les maisons de Quareignon. Il prit le commandement, ébranla les colonnes, se porta rapidement sur le flanc droit et le front du village, et emporta avec impétuosité les redoutes à la baïonnette ; ce qui décida l’affaire à la gauche ».

    Ferrand, d’après d’autres historiens, fut arrêté en sortant de Quareignon par des prairies marécageuses, coupées de fossés qui retardèrent longtemps sa marche et empêchèrent l’artillerie de le suivre. Cependant, il avait surmonté ces obstacles à l’arrivée de Thouvenot, et, excité encore par les exhortations de ce dernier, il attaqua Jemmapes à la baïonnette et l’emporta. Il s’exposa à tous les dangers avec une vigueur que l’âge n’avait pas ralentie. Son cheval fut tué sous lui, et il se plaça aussitôt à pied à la tête des grenadiers, qu’il conduisit à la charge avec intrépidité.

    Voilà les deux versions.

    La contradiction est encore plus grande dans les relations de l’attaque opérée vers la gauche de l’ennemi. Beurnonville, arrivé sur les hauteurs de Cuesmes, n’avait fait aucun progrès. Deux de ses brigades d’infanterie débordaient la gauche des redoutes défendues par les grenadiers hongrois. Dix escadrons de hussards, de dragons et de chasseurs, se trouvaient à cent pas en arrière, exposés, ainsi que l’infanterie, au feu des batteries autrichiennes, qui les prenaient en écharpe. Et, par une inconcevable erreur, l’artillerie du général d’Harville qui, des hauteurs de Sipply, croyait voir en eux des régiments ennemis, les canonnait par derrière. Enfin nos soldats avaient encore en face, outre les redoutes, une nombreuse cavalerie prête à les charger, et sur leur gauche une colonne d’infanterie qui n’attendait que le mouvement de la cavalerie pour achever de les détruire.

    Telle était la situation critique des troupes réunies sur la hauteur de Cuesmes.

    Beurnonville, écrasé par l’artillerie ennemie et sur le point d’être enveloppé, songeait à la retraite, « quand Dumouriez, disent les mémoires de ce général, arrive sur le plateau, prend le commandement de l’attaque, en remplacement de Dampierre, qui se trouvait absent, disperse la cavalerie ennemie répandue sur la hauteur, entonne la Marseillaise, et précède nos soldats, qui vont gaiement et avec un courage qu’on ne peut pas décrire, attaquer les redoutes par la gorge, et y font un grand massacre des grenadiers hongrois, etc… ». Il y eut bien sur ce point, un peu plus tard, comme nous le dirons tout à l’heure, une attaque dirigée par Dumouriez, mais cette attaque nous parait totalement différente de celle qui vient d’être rapportée.

    Voyons maintenant l’autre version : « Beurnonville songeait à la retraite, quand Dampierre prit tout à coup la résolution hardie de le sauver en attaquant la gauche de l’ennemi. A la tête du régiment de Flandre et des bataillons des volontaires de Paris, qu’il précède de cent pas, il se jette sur les bataillons ennemis, les culbute, enlève les deux premières redoutes, où il entre le premier, tourne leurs canons contre les Autrichiens, rend à Beurnonville la liberté d’agir et fait seize cents prisonniers. Frappés de ce dévouement héroïque, les blessés oubliaient leurs blessures pour demander après la bataille : « Dampierre a-t-il survécu ? ». Les soldats le nommèrent le premier dans les acclamations qui suivirent la victoire, etc… ».

    Il est impossible de concilier les détails de ces deux récits. Laissons donc de côté ce qui concerne les généraux et bornons-nous à constater que les redoutes de Cuesmes furent enlevées avec intrépidité par nos soldats du moment que leurs chefs leur donnèrent l’exemple de l’audace et du dévouement.

    Revenons à ce qui se passait au centre.

    Au moment où avait commencé l’attaque de l’aile gauche sur le village de Jemmapes, le centre, rempli d’ardeur comme le reste de la ligne, demanda à charger à la baïonnette, et fut mis en mouvement. Les colonnes d’attaque, formées promptement, s’élancèrent au pas de charge avec une même impétuosité quoique avec des succès d’abord différents.

    La plaine pour arriver au pied du coteau de Jemmapes fut assez rapidement traversée pour qu’on ne perdit que peu de monde. Mais une brigade qui s’avançait sur la trouée ouverte au milieu du bois de Flenu, voyant subitement déboucher quelques escadrons ennemis, éprouva de l’hésitation et s’arrêta derrière une maison. Cette hésitation jeta un commencement de désordre dans nos bataillons. Le jeune Baptiste Renard, valet de chambre de Dumouriez, inspiré par un noble mouvement, s’élança au galop dans les rangs, rappela aux soldats leur devoir envers la patrie, interpella énergiquement leur général Drouin et remena la brigade au combat. Benard, courant ensuite au corps de cavalerie chargé de protéger la marche de l’infanterie, et qu’avait ébranlé ce mouvement indécis, conduisit cette cavalerie au-devant de la cavalerie ennemie.

    Cependant le désordre s’était néanmoins communiqué aux corps les plus voisins, et la brigade placée à la gauche du général Drouin s’était arrêtée sous le feu meurtrier des redoutes, qui la mitraillaient à demi-portée de fusil. Elle perdait beaucoup de monde. Déjà les soldats commençaient à se mêler et à se pelotonner, indice certain d’une fuite prochaine. Le moment était critique. La cavalerie autrichienne, apercevant ces premiers symptômes, s’était déjà élancée dans la plaine pour déborder nos colonnes et les charger par le flanc, quand le duc de Chartres, se portant précipitamment vers ce point, rallia les troupes ébranlées, ranima leur courage, en forma une masse en colonnes, à laquelle il donna gaiement le nom de bataillon de Jemmapes, et les conduisit aux retranchements ennemis.

    La cavalerie se précipita sur les redoutes avec la même impétuosité que l’infanterie. Un combat opiniâtre s’engagea, mais bientôt les Autrichiens se trouvèrent placés entre deux feux par l’arrivée du général Ferrand, qui venait d’emporter Jemmapes à la baïonnette. La défense obstinée se prolongea pendant quelques moments. Mais enfin la valeur française eut le dessus. Les redoutes furent emportées et la victoire fut gagnée sur ce point, c’est-à-dire au centre et à la droite du village. Plus de quatre cents Autrichiens, en cherchant à fuir, se noyèrent dans l’Haisne.

    Dumouriez, après avoir ordonné l’attaque du centre, s’était porté sur les plateaux de Cuesmes, où l’intrépidité de Dampierre venait de remettre Beurnonville en position de recommencer le combat avec des chances de succès. Trois des cinq redoutes restaient encore à enlever.

    L’ennemi, qui était parvenu, à l’aide de quelques renforts, à se reformer sous la protection de ses formidables batteries, opposait une résistance si meurtrière, que le général en chef, ignorant ce qui se passait devant Jemmapes, délibéra un moment en lui-même s’il n’abandonnerait pas l’attaque et n’ordonnerait pas la retraite. Car le désordre causé par l’hésitation du général Drouin, et dont il avait été informé, lui faisait redouter que les mouvements de gauche et du centre n’eussent manqué complètement.

    Cependant, ayant reconnu parmi les troupes ébranlées, divers bataillons et escadrons qui avaient servi sous lui en Champagne, il s’adressa aux soldats, et parvint si bien à ranimer leur audace et leur enthousiasme, que, excités par la présence de leur ancien général, ils s’arrêtèrent pour recevoir à bout portant une colonne de cavalerie autrichienne qui les chargea. Leur fermeté eut un heureux succès, et leur feu fut dirigé avec tant de présence d’esprit qu’ils se firent en un moment un rempart de cadavres d’hommes et de chevaux.

    La cavalerie française profita de cette circonstance pour charger celle des Autrichiens, qu’elle repoussa sur la route de Mons. Beurnonville eût ordre d’appuyer ce mouvement, et les redoutes, quoiqne défendues avec un grand acharnement par les grenadiers hongrois, devinrent enfin abordables. Les soldats français s’avancèrent pour les emporter, à travers une grêle de boulets, d’obus et de halles.

    Les deux frères Frecheville, les colonels Nordmann et Fourmer, dirigèrent particulièrement cette attaque sur les redoutes, qui furent tournées par la gorge. La Marseillaise, entonnée par les généraux et chantée en chœur par les bataillons qui marchaient à l’ennemi, dominait le fracas de l’artillerie. Cet hymne sublime réveillait dans tous les cœurs l’enthousiasme patriotique qu’il a depuis tant de fois excité dans nos armées, et qui a été pour nous la source de tant de victoires.

    La résistance des Hongrois fut désespérée, mais l’attaque avait un élan irrésistible. Ils se virent enfin forcés de nous abandonner leurs redoutes, couvertes de sang et encombrées de cadavres. La victoire fut alors décidée sur toute la ligne. Le baron de Keim se fit tuer à la tête des Hongrois et les Autrichiens, chassés de toutes leurs positions, se retirèrent en désordre sur Mons.

    Telle fut la seconde attaque des plateaux de Cuesmes, avec laquelle Dumouriez (voyez ses Mémoires) a voulu en quelque sorte englober la première, dirigée par Dampierre. Le rôle qu’il semble avoir joué dans ce deuxième engagement ne s’est guère borné qu’à achever l’attaque commencée par Dampierre, ou plutôt a recueillir le fruit du triomphe qu’avait préparé l’intrépidité de ce général.

    Tout était fini sur la droite, que le général en chef ne connaissait point encore l’issue de l’attaqué du centre et de la gauche. Il se portait au galop sur ces derniers points, suivi de six escadrons de chasseurs, lorsque le frère du duc de Chartres, le duc de Montpensier, accourut lui apprendre la victoire gagnée au centre après un sanglant combat. Thouvenot lui apporta presque au même instant d’aussi heureuses nouvelles de l’attaque de gauche, la prise de Jemmapes et la défaite de Clairfayt. Il n’était que deux heures de l’après midi.

    Dumouriez envoya aussitôt à d’Harville l’ordre de se porter sur le mont Pallizel, pour couper la retraite aux Autrichiens, mais la lenteur que ce général mit à opérer ce mouvement le rendit tout-à-fait inutile.

    Parmi les traits nombreux de bravoure qui signalèrent, cette journée, il en est deux qui ont mérité l’honneur d’être particulièrement mentionnés dans les rapports des généraux. Nous les reproduirons.

    Quelques moments avant que Dampierre ne tirât l’aile droite de la situation où elle s’était d’abord trouvée placée sur les hauteurs de Cuesmes, Beurnonville, commandant cette partie de l’armée, s’aventura au milieu des escadrons ennemis, combattant plutôt en soldat qu’en général, et se trouva complètement enveloppé. Il allait être pris ou tué quand le lieutenant de gendarmerie Labretèche vola à son secours, et parvint seul à dégager et à ramener son général parmi les Français, après avoir tué sept Autrichiens et reçu quarante blessures.

    Un autre acte de courage non moins remarquable avait lieu presque au même instant. Dampierre, qui, pour sauver Beurnonville, venait de déployer ses colonnes sous le feu de la mitraille avec autant de régularité et de calme qu’à une parade, marchait aux retranchements ennemis, précédant ses soldats d’environ une quarantaine de pas. Un grenadier, un vieillard cependant, était seul auprès de lui, donnant les marques du plus intrépide courage et prononçant souvent le nom de son fils. « Faut-il, ô mon fils, s’écriait-il à chaque coup, que le souvenir de ta honte empoisonne un moment aussi glorieux ! ».

    Interrogé par son général, il lui répond que son fils, volontaire au premier bataillon de Paris, a déserté ses drapeaux, et qu’il est parti aussitôt lui-même pour le remplacer. Le brave Dampierre, admirant le patriotisme du vétéran, usa envers lui d’une générosité qui eut du servir de modèle à Dumouriez. Après le combat, il fit connaître le dévouement de Jolibois, c’était le nom du vieux soldat, et il le fit nommer officier sur le champ de bataille.

    Lorsque l’armée, qui bivouaquait et se battait depuis quatre jours, eut reçu une distribution de pain et d’eau-de-vie, et pris deux heures de repos, Dumouriez fit reformer les rangs et marcha en avant, pour occuper les faubourgs de Mons et intercepter la retraite au duc de Saxe-Teschen.

    Mais il était déjà trop tard. Si nos soldats n’avaient pas eu de forces pour poursuivre, les Autrichiens en avaient trouvé pour fuir. Ils se retirèrent sans être inquiétés. Les faubourgs de Mons furent seuls occupés le soir de la bataille, et l’on fut obligé de remettre au lendemain l’occupation de la ville, qui fut évacuée pendant la nuit, au moment même où l’on dressait des batteries pour la réduire.

     

  • One Response à “Le 6 novembre 1792 – La bataille de Jemmapes”

    • Jean Luc Chapel on 9 novembre 2015

      Bonjour,
      Je recherche, concernant la bataille de Jemappes, l’emplacement exact des régiments français de cavalerie légère.

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