• 5 novembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le combat d’Amstetten

    D’après « France militaire 1792-1837 » – Abel Hugo

     

    Le général Kutusow, désespérant de pouvoir défendre avec succès la ligne de l’Ems, qui était cependant la seule qui lui restât pour couvrir la capitale de l’Autriche, s’était empressé de l’évacuer à l’arrivée des premières colonnes françaises. Il s’était retiré par la grande route de Lintz à Vienne, et avait fait prendre position à une partie de son armée sur les hauteurs d’Amstetten. Mais après s’être emparé de la ville d’Ems, Murat avait suivi la même direction avec sa cavalerie légère et la division de grenadiers du général Oudinot, détachée du corps du maréchal Lannes.

    Murat commença par reconnaître la position de l’ennemi, et après quelques engagements assez sérieux entre sa cavalerie et la cavalerie russe, il poussa en avant la division de grenadiers formée en plusieurs colonnes d’attaque. L’ennemi fit d’abord une assez belle défense, mais Oudinot ayant ordonné une charge générale à la baïonnette, les Austro-Russes furent culbutés sur tous les points, et laissèrent 400 morts sur le champ de bataille. Les Français firent, en outre, 300 prisonniers. Poursuivi par le 9e et le 10e de hussards, l’ennemi laissa encore 1500 prisonniers entre les mains de cette cavalerie.

    Cette défaite hâta la retraite de l’armée alliée. On répara promptement les ponts qu’elle avait coupés sur la rivière d’Ips, et Murat, continuant sa poursuite, arriva, le 7 novembre, jusque sous les murs de l’abbaye de Molk, que l’empereur d’Autriche venait de quitter.

    Le lendemain, il établit son quartier général dans cette abbaye, et poussa ses avant-postes sur San-Polten.

    La destruction d’une grande partie de l’armée autrichienne sur le Danube, et les progrès rapides de l’armée française, effrayèrent l’empereur d’Autriche, qui retourna à Vienne et s’empressa d’envoyer le général comte Giulay à l’empereur Napoléon, pour lui proposer un armistice. Ensuite François II se rendit à Presbourg, dans l’intention de se retirer jusqu’à Olmutz, en Moravie, où il avait déjà envoyé l’impératrice, une partie de la famille impériale, les effets les plus précieux de la cour et les différentes chancelleries.

    Le plénipotentiaire autrichien arriva à Lintz dans la nuit du 9 novembre, et fut sur-le-champ introduit près de l’Empereur. Napoléon lui dit qu’une armée victorieuse, forte de 200000 hommes, ne traitait pas d’un armistice avec une armée en fuite. Cependant il lui remit une lettre pour son souverain, dans laquelle il annonçait l’intention d’entrer dans des arrangements plus solides qu’une simple suspension d’armes.

     

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