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  • 30 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    D’après « Les Archives de la Grande Guerre » – 1922

     

    Les deux croiseurs allemands, formant la division navale allemande de la Méditerranée (amiral Souchon) se trouvaient le 3 août à 18 heures entre la Sardaigne et la Sicile, quand ils apprirent par télégraphie sans fil l’état de guerre entre l’Allemagne et la France.

    Ils recevaient en même temps l’ordre de se rendre à Constantinople où la division allemande avait déjà fait escale en 1913 et 1914.

    L’amiral Souchon décida de faire au préalable une diversion sur les côtes de l’Algérie. Le 4 août à 4 heures du matin, le « Goeben » bombardait Philippeville et le « Breslau » bombardait Bône, sans grande efficacité. La division se dirigea ensuite sur Messine pour y faire du charbon auprès du navire de commerce allemand « Général ». L’armée navale française était alors absorbée par la protection du transport de troupes d’Algérie en France.

    Le « Goeben », le « Breslau » et le « Général » quittèrent Messine le 5 mai à 17 heures. L’Angleterre était en état de guerre avec l’Allemagne depuis le 4 août à 23 heures. Mais la Méditerranéan Fleet attendait les navires de l’amiral Souchon à l’entrée du canal d’Otrante et la sortie de Messine n’était surveillée que par le petit croiseur « Gloucester ».

    L’amiral Souchon put donc se diriger sur la Mer Egée à grande vitesse, en brouillant les signaux de TSF du « Gloucester » par ses propres émissions. Le 8 mai, il se ravitaillait en charbon dans la rade Denusa (Archipel) auprès de navires charbonniers que la Grèce lui envoya. Il stationna dans l’Archipel pendant 3 jours, en attendant que l’ambassadeur d’Allemagne à Constantinople eût réussi avec Enver à lui faire ouvrir les Dardanelles.

    Le 10 août, la division allemande commençait apercevoir les signaux de TSF de la Méditerranéan Fleet lancée à sa poursuite. Elle appareilla à 3h45 et fit route vers les

    Dardanelles où elle trouva le pilote turc mis par Enver à sa disposition. A 13 heures, elle franchissait les barrages de mines placés dès le 5 août à l’entrée des détroits. L’amiral Troubridge arriva 4 heures plus tard devant Seddul Bahr, mais s’en vit refuser l’entrée et n’essaya pas de la forcer pour différentes raisons : absence d’instructions de son gouvernement vis-à-vis de la Turquie, difficulté de navigation sans pilote turc dans les Dardanelles, défenses sous-marines soupçonnées.

    La Turquie observait alors la neutralité. Pour apaiser les réclamations de l’Entente, elle lui notifia qu’elle achetait les deux navires allemands et les incorporait dans sa flotte sous les noms de « Sultan Yawouz » et « Midilli ». L’Entente demanda alors que les équipages allemands fussent rapatriés et en reçut la promesse. Mais ces équipages étaient indispensables à la Turquie et continuèrent à y servir en se coiffant du fez dans quelques occasions solennelles. Les deux navires arborèrent le pavillon turc et embarquèrent quelques marins turcs provisoirement.

     

    L’agression navale du 29 octobre a fait l’objet de compte-rendus très différents de l’amiral Souchon et de l’amiral Engelhardt commandant l’escadre russe de la Mer Noire.

    L’amiral allemand essayait de légitimer son attaque au point de vue droit des gens. L’amiral russe tentait de diminuer le retentissement que la surprise et l’échec de la marine russe devaient soulever. La comparaison de ces deux documents fait en outre ressortir des erreurs involontaires.

     

    a) Communication officielle du Grand Quartier turc, d’après le compte-rendu de la flotte du 29 octobre à 23h15

    Du 27 au 28, la flotte russe a suivi tous les mouvements de la flotte turque et en a troublé constamment toutes les manoeuvres. La flotte russe a commencé aujourd’hui les hostilités. Le poseur de mines russe (Le Pruth), trois torpilleurs et un navire charbonnier marchaient en direction du Bosphore dans une intention hostile. Le « Goeben » coula le poseur de mines, prit le charbonnier, infligea de graves avaries à un torpilleur, fit prisonniers 3 officiers et 72 hommes, et bombarda Sébastopol avec succès.

    Sur le poseur de mines, se trouvaient 700 mines et 200 hommes. Nos torpilleurs ont sauvé 3 officiers et 72 hommes qui arriveront à Constantinople le 30. Les interrogatoires des prisonniers établissent que les Russes avaient l’intention de poser des mines devant les détroits et de détruire la flotte.

    A Novbrossisk, le « Breslau » a détruit 50 réservoirs de pétrole et plusieurs stocks de céréales, et a coulé 14 transports militaires…

     

    b) Compte-rendu de l’état-major de la flotte russe au sujet de l’attitude de la flotte turque

    Le 28 octobre au soir, la flotte, après une croisière, rentra en rade de Sébastopol sans trouver nulle part trace de navires turcs.

    Le 29 octobre à 5 heures du matin, le commandant de la flotte reçut un rapport d’Odessa, disant qu’à 3 heures du matin, 2 torpilleurs ottomans ayant des feux rouges et verts et battant pavillon russe étaient entrés dans le port d’Odessa.

    Quoique le commandement des torpilleurs turcs fût effectué en langue russe, la canonnière « Koubanetz » qui était en vigie, n’ayant reçu aucune réponse au signal conventionnel, ouvrit immédiatement le feu. Une autre canonnière, la « Donetz », qui se trouvait en rade, n’eut pas le temps de tirer, car elle fet coulée par une première torpille turque.

    Canonnés par le « Koubanetz », les torpilleurs turcs prirent rapidement le large tout en tirant, mais en ne causant que des dommages insignifiants au « Koubanetz », à plusieurs navires marchands voisins et à une citerne de naphte. Un des torpilleurs turcs avait perdu une cheminée.

    Ayant reçu ce rapport d’Odessa, le commandant de la flotte informa les batteries côtières de Sébastopol de la présence de navires ottomans dans la Mer Noire et ordonna l’envoi de dragueurs pour prendre des mesures de précaution contre les mines ennemies éventuelles.

    Vers 1 heures du matin, dans le brouillard, le croiseur « Goeben » s’approcha de Sébastopol et en commença le bombardement. Les batteries côtières et les bâtiments russes répondirent énergiquement au « Goeben », dont le tir ne causa aucun dégât dans la rade. Plusieurs engins tombèrent dans la ville, sans faire ni dégâts ni victimes. Un projectile tomba sur les dépôts de houille, un autre sur la voie ferrée, un troisième enfin sur l’hôpital naval, tuant deux malades et en blessant huit.

    Au même moment, une flottille de torpilleurs-vigies, commandée par le capitaine-commandant Prince Troubetzkoï attaqua le « Goeben », mais le feu intense de l’ennemi l’empêcha de prolonger son attaque, au cours de laquelle le torpilleur « Lieutenant-Poutchine » eut une large voie d’eau et fut incendié.

    Le tir du « Goeben » dura une vingtaine de minutes, après quoi le croiseur prit le large.

    En naviguant dans les environs de Sébastopol, le « Goeben » découvrit le transport « Pruth » qui y revenait et le somma de se rendre. Ce transport n’ayant pas d’artillerie hissa les couleurs militaires et se dirigea vers la côte. Son commandant fit ouvrir les « kingstons », fit sauter les fonds et coula le transport. Le lieutenant Rogowski périt héroïquement en préparant une 2e cartouche de dynamite.

    Une partie de l’équipage du « Pruth » put se sauver au moyen des embarcations et des bouées de sauvetage ; l’autre partie fut recueillie à bord des torpilleurs turcs qui accompagnaient le « Goeben ».

    Les dragueurs, qui avaient suspendu leur travail pendant le bombardement reprirent leur besogne. Après quoi, la flotte de la Mer Noire prit la mer dans le but de poursuivre les bâtiments ennemis, qui, évitant le combat, se réfugiant dans leur base du Bosphore. Nos pertes sur le « Pruth » sont de 2 officiers, un aumônier et 26 matelots ; sur le torpilleur « Lieutenant-Poutchine », de 7 matelots tués et de 7 blessés ; sur le « Koubanetz » de 7 matelots blessés ; sur le « Donetz », d’un médecin tué.

    Ainsi qu’il a été constaté, le plan turc prévoyait simultanément, outre les attaques contre Sébastopol et Odessa, le bombardement de plusieurs autres points de notre littoral ; le « Breslau » a bombardé Théodosia et le croiseur « Hamidié » Novorossisk.

     

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