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  • 27 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Sergent François BERNEZ-CAMBOT dans A NOS ANCIENS sergent-bernes-cambot-150x150monument-sergent-bernes-cambot-150x150 dans A NOS ANCIENSinsigne-164promotion-150x150

     

    Né le 19 juillet 1901 à Pau, François Bernez-Cambot s’engage en 1920 pour cinq ans dans les troupes coloniales.

    Il rejoint alors le 4e Régiment d’Infanterie Coloniale de Toulon, avant d’être désigné pour le Levant, où sa conduite au feu lui vaut d’être nommé caporal. Son séjour achevé, il est affecté au 14e Régiment de Tirailleurs Sénégalais à Mont-de-marsan. Ses remarquables qualités foncières et son aptitude au commandement lui permettent de se placer bien vite parmi les meilleurs gradés du régiment, et il voit ses mérites récompensés le 1er mai 1924, par une nomination au grade de sergent.

    En octobre de la même année, il est désigné pour servir au Maroc où la dissidence des tribus berbères du Rif, dirigées par Abd-el-Krim s’est singulièrement durcie depuis la défaite espagnole d’Anoual, et menace désormais les postes du Maroc français.

    Affecté à la 8e compagnie du 1er Régiment de Tiralleurs Sénégalais, il est désigné pour prendre le commandement d’un poste isolé au sommet du djebet el-Bibane à 60 kilomètres au nord de Fès. Il a sous ses ordres 2 gradés européens et 25 tirailleurs.

    Le 12 avril 1925, à l’approche d’une harka rifaine, les approvisionnements sont completés et les défenses renforcées. Le 16, le poste est encerclé.

    De l’observatoire de Trafant où il est lui-même, son capitaine suit impuissant, la lutte qui chaque jour, opppose les défenseurs aus guerriers rifains déchainés et de plus en plus nombreux.

    Dix-sept jours plus tard, le 3 mai, le sergent rend compte qu’il est blessé et que le moral de ses hommes est excellent. Le lendemain, alors que les tirs et les attaques contre le poste s’intensifie, un groupe mobile aux ordres du général Colombat, tente de ravitailler Bibane. Arrêté par un feu meutrier, il doit se replier.

    Le 13 mai, alors que le siège dure depuis vingt-sept jours, le génral Colombat parvient enfin à forcer le passage. Il trouve une garnison qui se présente impeccablement. Il lui apporte munitions et vivres.

    Le sergent Bernez-Cambot est blessé de deux balles. Le général veut l’évacuer ; il refuse et les tirailleurs sénégalais demandent à rester avec leur chef. La cohésion est d’autant plus forte que depuis plus de huit jours, tous les hommes sont rationnés à un quart de litre d’eau par jour et à une maigre ration de nourriture.

    Le poste voisin de Dar Rémik, ayant été replié sur celui de Bibane, la garnison comprend désormais, outre son chef, 2 sergents, 5 soldats européens et 48 gradés et tirailleurs. Le 25 mai, le groupe mobile se replie. Le soir même, le poste de nouveau isolé, subit une violente attaque.

    Les jours suivants, au prix de lourdes pertes, les Rifains déferlent en masse sur les défenses avancées de Bibane. Leurs assauts se brisent sur l’âpre défense remarquablement animée par le jeune sergent.

    Le 5 juin, au 51e jour de siège, Bibane subit dès l’aube un bombardement intense. A partir de midi, les assauts se succèdent.

    A 14h00, le sergent Bernez-Cambot rend compte par message optique : « Poste fichu – Adieu ». Mais les postes voisins, impuissants, constatent que Bibane résiste toujours. A travers les fumées des explosions, ils voient toujours flotter les trois couleurs. Et c’est seulement à 16 heures que le dernier obus est tiré et qu’une horde de 2000 Rifains submerge le poste et massacre la garnison.

    Lorsqu’en septembre suivant, la première unité de tirailleurs marocains pénètre dans le poste reconquis, un spectacle d’une grandeur tragique s’offre aux yeux des arrivants. Tous les cadavres des héroïques défenseurs gisent à leurs postes de combat, laissés par les Rifains à l’endroit même où ils avaient lutté jusqu’à la mort.

    La croix de la Légion d’Honneur à titre posthume et une citation à l’ordre de l’armée sont venues rendre un dernier hommage à ce jeune sous-officier « qui avait su faire passer dans l’âme de ses hommes l’énergie indomptable qui l’animait ».

     

    Le sergent Bernez-Cambot est titulaire des décorations suivantes :
    - Chevalier de la Légion d’Honneur
    - Croix de guerre des Théâtres d’Opérations Extérieures avec deux citations à l’ordre de l’armée.

    Le sergent Bernez-Cambot est le parrain de la 164e promotion de l’Ecole Nationale des Sous-Officiers d’Active de Saint-Maixent.

     

    A Livron, dans son Béarn natal, un monument inauguré en 1927, perpétue la mémoire de l’héroïque défenseur de Bibane qui repose au cimetière du village, aux côtés de ses deux frères ainés morts pour la France durant la grande guerre.

     

  • 4 commentaires à “Sergent François BERNEZ-CAMBOT”

    • Pierre-Charles Pere on 13 mars 2013

      A Livron, le monument est magnifique.
      Bravo à la commune d’entretenir un beau souvenir d’un vrai héros de la coloniale !
      Des Amis ont découvert le site et ils ont été admiratif.
      Bien cordialement.
      Pierre-Charles PERE
      Ancien Para-Colo. du 6e R.P.I.Ma.

    • Marie-Hélène Daubagna on 5 septembre 2015

      C’était le frère de ma grand-mère Mathilde née Bernez-Cambot.
      Elle m’en parlait avec fierté et chagrin.

    • Loucho on 30 novembre 2015

      Très fier d’avoir été un sous officier de cette promotion.
      Toujours en activité, je rendrai toujours hommage à cet homme d’honneur.
      Respects.

    • Loucho on 30 novembre 2015

      164° promotion.

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