• 26 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le combat de Kaiserslautern

    D’après « Dictionnaire historique des batailles, siéges et combats de terre et de mer qui ont eu lieu pendant la révolution française » – 1818

     

    L’aile droite de l’armée de Sambre-et-Meuse opéra un grand mouvement le 26 octobre 1796. Il s’étendait depuis Creuznach jusqu’à Kayserslautern. Dans ce changement de position, les troupes françaises eurent l’occasion de se distinguer, comme à leur ordinaire, par des traits de valeur. Le général de Ligniville les commandait : c’est ce même olficier dont on remarqua les talens, en 1792, dans la défense de Montmédi.

    Le plan de ce mouvement général avait été tracé par le général en chef Beurnonville. Il suffit d’un jour seul pour son exécution, qui fut si honorablement remplie par le général de Ligniville. Ses troupes étaient sous les armes à la pointe du jour, et, après avoir combattu tout le jour, elles occupaient, dès l’entrée de la nuit, toutes les positions qu’elles avaient enlevées à l’ennemi. Chargé de couvrir les communications de Bitche et de Sarre-Louis, le général Poncet marcha de Saint-Wendel à Kayserslautern, dont il se rendit maître.

    Les défilés de Falkenstein et de Kirkenpolen furent forcés par le général Hardi, et l’on vit également le général Lorges s’établir dans ceux de Furfeld et de Dissenthal. Vers le centre, et sous le feu de huit pièces de canon, le général Dauriez passa la Nahe à Lobenhem. C’est à la baïonnette qu’il se fit jour ; il enleva trois villages au pas de charge, sans donner à l’ennemi le temps de respirer. Il protégea de même la marche de l’adjudant-général Gauloy, qui se rendit maître de Bingen et de la formidable montagne de Saint-Roch.

    Toutes ces diverses attaques furent soutenues par la réserve de la cavalerie, commandée par le général Klein, qui multiplia assez ses mouvements pour atteindre sut tous les points où la cavalerie était nécessaire. L’ennemi se vit forcé à la retraite par la réunion de cette réserve qui s’opéra au centre, déjà fort de six mille hommes. Les quatre camps autrichiens furent emportés.

    Dans les divers combats qui y furent livrés, les Français demeurèrent toujours victorieux, mais la perte fut grande de part et d’autre.

    A cette époque, il s’était glissé dans les rangs des braves, quelques hommes immoraux, qui altérèrent la pureté de cette gloire par la passion du pillage. Aussi, toute la sévérité des lois militaires fut déployée contre eux à cette occasion, et le général Beurnonville sut faire sentir aux soldats qu’ils ne portent les armes dans les pays amis, que pour faire respecter les personnes et les propriétés des citoyens paisibles, quoique leur métier consiste à montrer la terreur aux ennemis de la patrie.

    Les officiers de l’état-major de l’armée secondèrent parfaitement le général en chef dans la tâche difficile qu’il s’était imposé, de ramener les soldats pillards aux purs sentiments de l’honneur.

    On admira, dans cette occasion, la fermeté héroïque de l’adjoint Coéhorn : il s’aperçoit que, dans une terre amie qu’il traversait en conduisant une colonne, un corps de chasseurs à cheval se livrait au pillage. Il leur reproche le manque à leur devoir, quant à la subordination, et la bassesse de leurs vols. La menace et l’insulte furent les réponses de ce corps indiscipliné. Alors, réitérant la défense de piller, il menace de brûler la cervelle du premier qui refusera d’obéir. Les vols continuent. Il fait feu sur un des pillards, qui tombe mort ; il en blesse un second. Mais déjà le désordre a cessé.

    L’adjoint Coéhorn se trouvant à la tête du même corps, entend murmurer dans les rangs :
    - C’est lui…. c’est lui….
    - Eh bien! oui, c’est moi. Ne vous en prenez à personne de la mort de votre camarade. C’est moi qui ai fait mon devoir, et qui suis prêt à punir de même quiconque déshonorera le nom français par des crimes. Si quelqu’un de vous veut venger la mort de son camarade, me voilà prêt !

    En même temps, il croise les bras, après avoir jeté son pistolet et baissé son sabre. Dans cette attitude, il regarde noblement la troupe. Plusieurs furieux se jettent sur lui. Les officiers le dégagent de leurs mains forcenées. En un instant, il fut couvert de blessures. On condamna ses meurtriers à être fusillés. Bientot les citoyens trouvèrent des protecteurs dans les militaires qui se soumirent aux lois de la discipline, ramenée dans l’armée par les soins de ses chefs.

     

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