• 26 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     Le 1°classe Wladimir de Pelleport, soldat au 29ème régiment d'infanterie dans A NOS ANCIENS wladimir-de-pelleport-150x150

     

    D’après « La grande guerre du XXe siècle » – Février 1916

     

    Wladimir-Louis-William-Mac Kenney de la Fite, marquis de Pelleport, dit le comte Wladimir de Pelleport, naquit le 18 janvier 1856, d’une vieille et très noble famille dont la première mention dans des actes authentiques remonte à 1275.

    Etabli au château de Champlevrier, près de Chiddes, dans la Nièvre, il était un de ces gentilshommes paysans qui aiment passionnément la belle terre de France. Lorsqu’en 1898, il se présenta aux élections législatives dans l’arrondissement de Château-Chinon, le Journal du Morvan écrivait :

    M. de Pelleport n’est pas un nouveau venu parmi nous. Par son mariage avec Mlle de Ruffi de Pontevès, la fille du sympathique ancien colonel du 64e territorial, M. de Pelleport appartient à notre arrondissement, où il a fixé sa résidence en 1892.

    M. de Pelleport a occupé en Egypte, où il a fait toute sa carrière, les plus hauts emplois. Successivement ingénieur et ingénieur en chef des domaines de l’Etat, il s’est fait connaître par l’exécution de remarquables travaux hydrauliques en Haute-Egypte et qui ont été les précurseurs, si on peut s’exprimer ainsi, des travaux colossaux que l’on est en train de faire pour réglementer le cours du Nil.

    Il est également l’auteur d’une carte de la Basse-Egypte qui lui a valu les palmes académiques. Le gouvernement égyptien l’avait déjà nommé commandeur de l’Ordre impérial du Medjidié et lui avait conféré l’étoile égyptienne pour sa conduite pendant l’insurrection d’Arabi Pacha en 1882 et pendant la terrible épidémie de choléra qui a sévi dans la vallée du Nil en 1883.

    M. de Pelleport avait conquis une grande situation personnelle aussi bien dans les colonies européennes que dans la haute société indigène, où sa connaissance de la langue arabe lui avait ouvert toutes les portes.

    Patriote avant tout, il fonda, dès le commencement de l’occupation anglaise et pour la combattre, un journal qui a eu son heure de célébrité : Le Bosphore égyptien.

    C’est grâce à ce journal que pendant longtemps les intérêts supérieurs de la France purent être énergiquement défendus, et nos adversaires durent plus d’une fois reculer devant les attaques audacieuses du Bosphore.

    M. de Pelleport, depuis son retour en France, s’est occupé des questions sociales économiques qui passionnent l’opinion publique depuis quelques années. Il fait valoir lui-même sa propriété. Il estime que l’un des plus grands services que l’on puisse rendre à son pays, c’est de développer la richesse du sol et de promouvoir tous les procédés agricoles dont l’application raisonnée et judicieuse permettra à la France de lutter contre la concurrence étrangère.

    Son désir d’être utile à son pays ne se réalisa pas. Au scrutin du 8 mai 1898, il obtint 3500 suffrages, mais ne fut pas élu. Voici la profession de foi qu’il avait adressée aux électeurs de Château-Chinon :

    Mes chers concitoyens,
    Vous êtes des agriculteurs, et vous n’êtes représentés que par des avocats et des politiciens.
    Vous êtes fiers de votre armée. Vous l’aimez, car elle est votre chair et votre sang, et vos représentants la laissent insulter et traîner dans la boue.
    Vous épargnez chaque jour pour augmenter la fortune de la France, et vos mandataires gaspillent le patrimoine national.
    C’est parce que j’aime l’armée comme vous ;
    C’est parce que je souffre de la mauvaise gestion de nos finances comme vous ;
    C’est enfin parce que je suis agriculteur comme vous que je vous demande vos suffrages.

    Pour Dieu et la Patrie.
    Cte De Pelleport, agriculteur à Chiddes.

     

    Cette devise « Pour Dieu et la Patrie » qu’il aurait voulu défendre au parlement, la grande guerre allait lui donner l’occasion de l’illustrer magnifiquement en versant son sang pour ces deux causes sacrées.

     

    Le 1er août 1914, vers 6 heures du soir, les cloches du village de Chiddes sonnèrent avec une telle persistance, que le comte de Pelleport s’en inquiéta et partit pour le village. Toute sa famille le suivit de loin dans la plus grande anxiété. Etait-ce un incendie ou la mobilisation ? Les bruits de guerre commençaient à circuler dans la campagne.

    Bientôt le comte revint sur ses pas et annonça d’une voix grave, légèrement émue, mais ferme : – C’est la guerre ! Retournez tous à la maisonOn lui obéit comme toujours.

    Le lendemain, à la première heure, il se rendait à Autun et demandait à contracter un engagement pour la durée de la guerre.

    Le comte de Pelleport avait près de cinquante-neuf ans. Sa barbe était toute blanche. Le médecin-major ne voulait pas l’accepter, lui trouvant le cœur en mauvais état. Mais il insista, et, grâce à l’intervention du colonel du 29e d’infanterie, son engagement fut accepté.

    C’était le dimanche 2 août. Le soir même, le comte de Pelleport revenait à Champlevrier avec son équipement complet, que ses filles se mirent aussitôt à recoudre et à rajuster.

    Le lundi, il mit ordre à ses affaires les plus urgentes, et le mardi 4 août, à 8 heures du matin, il embrassait sa famille et partait pour Autun.

    Blessé le 15 août, à Sarrebourg, d’un éclat d’obus, et tombé avec d’autres blessés au pouvoir de l’ennemi, il mourut à Heilbronn, en Wurtemberg, le 27 août, pendant qu’on le transportait à l’hôpital de cette ville.

     

    Cette campagne si courte ne fut pas sans gloire. Le comte de Pelleport en a laissé un très beau récit dans les lettres qu’il adressa à sa famille et auxquelles nous allons faire de très larges emprunts :

    Autun, 4 août 1914, mardi midi.
    Je suis arrivé à bon port. Arrivé à la caserne (une tannerie où l’on couche sur la paille), j’ai été reçu par le capitaine Archimbault et on m’a immédiatement remis un fusil superbe, tout neuf. On a complété mon équipement. Je suis à la 8e compagnie.
    Je suis l’homme le plus populaire d’Autun. Les civils me saluent, et les officiers attablés au café se lèvent pour me rendre mon salut !
    Je me sens le cœur gros et serré à cause de toi ; mais, en toute simplicité, je crois avoir bien fait, car je vois que mon exemple fait du bien.
    J’ai vu un jeune soldat me regarder les larmes aux yeux.

    Café français, 13 heures.
    J’ai déjeuné à l’hôtel de la Poste ; à côté de moi, mon colonel et l’état-major du 29e et du 229e ont déjeuné à une table touchant la mienne. On m’a fêté de toutes manières. J’en étais honteux. Je suis venu ici prendre le café, et je viens d’être l’objet d’une véritable manifestation. Le café était plein de jeunes officiers. Je ne m’étais pas plutôt assis, qu’ils venaient les uns après les autres se présenter devant moi la main au front, me saluant, me disant leur nom et me félicitant. J’ai manqué m’émouvoir. Voilà des moments qui valent bien des choses.
    Figure-toi que, parmi les officiers qui sont ainsi venus me saluer, il y avait M. Gautherot, l’historien.
    Tout marche parfaitement, l’esprit est excellent, sans fanfaronnade ni jactance, mais résolu. A l’anglaise, dirait l’immortel Tartarin.
    On cherche à garder tout profondément secret. Quelle différence avec 1870 ! Le critérium, c’est le manque de journaux. Qui aurait cru cela possible en France ! J’en suis renversé. Vraiment, on peut faire de ce peuple tout ce que l’on veut, il s’agit de savoir le prendre.

    Mercredi matin, 6 heures, 5 août 1914.
    Ma première nuit est passée !…
    A 3h30, il a fallu se lever, parce qu’une cérémonie était annoncée à la cathédrale d’Autun pour 4h30. L’édifice était comble, il y avait bien 600 ou 700 soldats et le corps d’officiers, colonel en tête. Le colonel a communié, ainsi que plusieurs officiers et la plus grande partie des soldats. J’ai communié à vos intentions, mes trésors, et aussi pour que Dieu me fasse la grâce de me conduire pour la plus grande gloire de son nom et pour l’honneur de notre maison.
    Nous ignorons toujours notre lieu de destination. Ce doit être Belfort ou Toul. Peu importe, du reste.

    Autun, 5 août, mercredi soir, 16 h.
    Ma compagnie a été désignée pour aller chercher le drapeau du régiment chez le colonel, qui habite sur la place de la cathédrale.
    Au moment où nous allions partir (j’étais au premier rang de ma compagnie), voilà un grand gaillard de civil qui se précipite sur moi et qui m’embrasse en me serrant avec une telle force que j’en ai encore mal à la joue, en agitant les bras et en me montrant à la foule. Je m’en débarrasse à grand’peine, et nous nous mettons en marche.
    Et voilà qu’au fur et à mesure que je passais, les bravos crépitent comme de la mitraille avec cris, etc., etc. Bref, cela a été comme cela durant tout le trajet, et pendant notre retour au quartier. Je ne savais plus quelle contenance tenir. Mais j’étais tout à fait fier, et je viens, du reste, de m’en confesser, car, en somme, tous ces braves gens m’applaudissaient pour peu de chose.
    La cérémonie de la remise du drapeau a été très émouvante. Notre colonel parle fort bien, très distinctement. Bien entendu, j’ai porté le sac pendant toute la cérémonie. Tous mes camarades me soignent comme la prunelle de leurs yeux. Ils ont presque tous des médailles religieuses, et on n’entend pas de plaisanteries contre les curés ou la religion. Il a fait tellement chaud que deux hommes de ma compagnie ont eu un coup de chaleur et sont tombés. Tu penses si j’étais fier d’avoir résisté aussi bien que mes camarades.

    X., samedi, 8 août 1914.
    Il est défendu de dire où l’on se trouve et nos lettres seront sans doute ouvertes. Je suis en parfaite santé. Tout le monde est aux petits soins pour moi. On m’appelle « le père du régiment », et quand je passe, c’est à qui m’acclamera, aussi bien officiers que soldats.
    Tout est plein de troupes qui sont animées du meilleur esprit. On nous fait faire l’exercice tout près de l’ennemi, et nous marchons au pas cadencé ; cela donne une fière idée du soldat français.
    Nous sommes en pleines marches de concentration.

    Dimanche, 12 heures, 9 août 1914.
    J’ai été à la messe ce matin dans l’église de Portieux qui était remplie de soldats. La messe a été dite par un prêtre à barbe immense, un missionnaire, sans doute.
    La chaleur est très grande, le temps superbe. On nous astreint à des exercices deux fois par jour, sac au dos. Personne ne murmure. Discipline absolument admirable ! J’en suis surpris et charmé.

    10 août 1914, lundi soir 19 heures.
    Je t’écris du presbytère de Fontenoy-la-Joute (Meurthe-et-Moselle). Le curé, M. l’abbé Girard, m’a donné à manger et une bouteille d’exquise eau-de-vie de poires sauvages que j’ai mise dans mon bidon.
    Partis hier soir à l’improviste de la verrerie de Portieux à 22 heures, nous avons marché toute la nuit et nous sommes arrivés près de Domptail, où les Allemands avaient l’air de prononcer une violente attaque, vers 7 heures du matin.
    Les Allemands ne s’étaient pas aventurés si loin. Poursuivis par nos obus, ils s’étaient déjà retirés, mais en incendiant toutes les récoltes et plusieurs gros villages.
    L’entrain de tous est admirable. Je me porte comme un charme, malgré les fatigues que je puis dire écrasantes.

    Fontenoy-la-Joute, mercredi 12 août 1914.
    Je suis de retour ici ce soir. Je viens de dîner au presbytère et, pour la première fois depuis mon départ de Champlevrier, je vais coucher dans un lit que M. le curé m’a fait avoir chez une vieille demoiselle. Nous n’avons plus dormi ni mangé sérieusement depuis trois jours, et nous n’avons pas cessé de marcher par une température africaine. Le général nous a lancés en avant ; il a dû nous ramener derrière la Meurthe.
    Que de soldats tombés de chaleur ! Nous n’avons que très peu pris le contact avec l’ennemi. Mais les fatigues ont été surhumaines et je me demande comment j’ai pu résister ! C’est un miracle que je dois à tes prières et à celles de nos chéries. Ce matin, en rentrant de grand’garde, nous avons passé six heures couchés par terre, le fusil à la main.

    Jeudi matin, 9 heures, 13 août.
    Hier, j’ai rencontré le général de Maud’huy, qui commande la 16e division dont fait partie le 29e. J’allais passer en faisant le salut militaire, lorsqu’il m’a fait signe de m’approcher.
    Il m’a félicité et m’a dit de rester. Il avait fait battre le rappel pour lire publiquement la proclamation du roi des Belges à l’armée belge, proclamation dont tu as dû voir le texte dans les journaux. J’ai assisté à tout cela à côté du général.
    Le général a dit devant moi à mon colonel : – Colonel, aussitôt après le premier combat, vous nommerez Pelleport premier soldat. Et se tournant vers moi : – C’est le premier grade et le plus beau. – Oui, a ajouté le colonel, et c’est le seul qu’il ambitionne.
    J’ai communié ce matin en union avec vous tous. L’église est assez belle ici et très grande, les gens très religieux. Le curé est un homme jeune très prudent, mais bon et dévoué.

    Richeval, 10 heures du matin, le 16 août 1914, arrondissement de Sarrebourg. Ancienne Alsace-Lorraine, France de nouveau à partir d’hier 17 heures.
    Nous avons passé la frontière hier soir, à 17 heures et arraché le poteau-frontière aux couleurs allemandes. Il pleuvait à torrents.
    J’ai cherché à t’envoyer un télégramme. Impossible. Je me porte très bien au moral comme au physique, malgré des fatigues surhumaines, et je t’écris au bruit du canon. La bataille vient de commencer.
    Avant-hier, partis à 2 heures matin de Fontenoy-la-Joute, arrivés sans arrêt vers midi dans les environs de D., nous engageons un violent combat avec des troupes allemandes postées dans un bois, derrière une rivière profonde. Mon voisin de gauche, Bourdeau, premier tireur du régiment, tombe mort d’une balle au cœur.
    Je me lève en criant : – En avant ! au milieu d’une véritable grêle de balles. C’est par miracle que j’ai échappé. Nous avons perdu 80 hommes. Les Allemands ont pris la fuite.
    Nous marchons à travers le champ de bataille du matin. Horrible à voir ! Cadavres d’Allemands, casques, chevaux tués, etc. Nos pertes ont été lourdes.
    Nuit blanche. Nous sommes tous à bout. On nous envoie nous refaire ici. Je dors trois heures tout habillé, je mange des œufs et je me hâte de t’écrire un mot. Mais où le mettre à la poste ? car nous sommes loin de l’état-major. Enfin Dieu te le fera parvenir.
    Tu sauras et les petites aussi que j’ai pensé à elles d’une façon particulière hier, fête de la Très Sainte Vierge. J’ai reçu le baptême du feu, et je crois m’être conduit en vrai Pelleport. Du reste, presque tous mes camarades ont une discipline au feu vraiment admirable.
    On commande « sac au dos ».
    Au revoir.

    Aspach, par Sarrebourg, lundi soir, 17 août 1914.
    Je t’ai écrit hier à Richeval. Nous y avons reçu quelques obus de l’artillerie lourde allemande, qui font des trous énormes et réduisent tout en miettes. Heureusement, nous avons échappé à ces projectiles.
    Je continue à être acclamé par toutes les troupes que nous rencontrons. Je suis honteux de toutes les marques de respect et d’admiration qu’on me prodigue de toutes parts. Par exemple, c’est fini ; on m’appelle : Le vieux père, ce qui me vexe un peu.
    Nous ne sommes qu’à 16 kilomètres de Sarrebourg. Je ne reconnais plus les Allemands. Je m’attendais à voir des uhlans partout. On n’en a vu que quelques-uns, dont nous en avons tué trois. Ils semblent réellement terrifiés, et de fait on les charge à la baïonnette comme des enragés dès qu’on en a l’occasion ; ce qui est plutôt rare.
    Mais que la guerre est donc horrible dès que le feu a cessé ! Je crois que mon seul et vrai mérite, c’est d’avoir accepté la promiscuité avec toutes ces horreurs et aussi les fatigues vraiment terribles du métier militaire en campagne.  Je me sens dans mon élément : la guerre. Si j’étais à cheval, ce serait la perfection.
    Tout est admirable d’ordre, de direction, de prudence, et cependant l’entrain reste français.
    Si seulement nous avions l’artillerie lourde en abondance, ce serait parfait, mais elle nous manque un peu.

    25 août 1914, 10 heures du matin.
    J’ai été blessé à la cuisse droite cassée en deux endroits, le 20, à la bataille de S. J’ai été ramassé par les Allemands, qui me traitent bien. Je vais à Saaraltdorf, d’où l’on se propose de nous transporter à l’hôpital de Landau, peut-être aujourd’hui. Je me suis conduit en Pelleport. Je t’embrasse ainsi que les chéries. Le moral est parfait.

    25 août. Saaraltdorf (je crois), 13 heures.
    Je t’ai écrit deux cartes postales ce matin. Je te disais que j’avais été blessé le jeudi (je crois) à la deuxième journée de la bataille de Sarrebourg, vers midi 1/2. J’ai été ramassé par les Allemands vers 17h. 1/2 et conduit ici, qui est un 
    village de 600 habitants.
    Notre compagnie, la 8e, avait été désignée avec la 7e pour aller remplacer notre 3e bataillon qui avait dû reculer, écrasé par l’artillerie allemande.
    Nous sommes partis vers 23 heures et nous nous sommes glissés en silence, malgré les projecteurs allemands, tout à fait en première ligne, sur les bords de la Sarre. Nous avons assisté là au feu le plus infernal qui se puisse concevoir, de 5 heures du matin à midi.
    Nous n’avons pas perdu un homme. Nous étions trop près des Allemands, et nous aurions pu tenir encore lorsque notre capitaine a commandé : « Baïonnette au canon pour charger ».
    Je suis tombé aussitôt, une balle ayant pénétré avec une force terrible (nous devions être à 800 mètres des Allemands) dans le haut de la cuisse, écorné le bassin et cassé la cuisse.
    Heureusement, elle est sortie, et j’espère qu’elle n’a rien laissé dans la plaie, qui est longue.

     

    Cette lettre resta inachevée et fut envoyée à Mme la comtesse de Pelleport après la mort de son mari.

     

    Notons encore les quelques détails suivants sur ses derniers moments. Soigné d’abord à l’infirmerie de la gare de Heilbronn, on se hâta de le transporter à l’hôpital. Durant le trajet, il demanda avec instance qu’on ne lui donnât pas de chambre particulière, mais insista pour être parmi les simples soldats. Quand on arriva à l’hôpital, le comte de Pelleport avait rendu le dernier soupir.

    Il eut les honneurs militaires à ses funérailles. Son cercueil fut porté en terre par une compagnie de soldats, et le prêtre allemand qui célébrait prononça une courte allocution dans laquelle il rendit hommage au vaillant soldat que fut le comte de Pelleport. « Le défunt combattait contre nous, dit-il, mais il se battait pour sa patrie, bien qu’ayant atteint la vieillesse et n’étant obligé par aucune loi à prendre part à la guerre ».

     

    Citons pour terminer, cette lettre du lieutenant-colonel Perrin, commandant le 29e régiment d’infanterie :
    4 mars 1915.
    Madame la comtesse de Pelleport,
    J’ai l’honneur de vous faire parvenir une citation à l’ordre de l’armée du soldat de Pelleport.
    Le 29e régiment tout entier applaudit de grand cœur à cette distinction si hautement méritée.
    Le comte de Pelleport s’est noblement conduit pour la plus grande gloire de son nom et pour l’honneur de sa maison.
    Perrin.

    Ordre général n° 138.
    Le général commandant l’armée cite à l’ordre de l’armée De Pelleport Wladimir, soldat de 1ère classe au 29e régiment d’infanterie :
    A donné le plus bel exemple de patriotisme en s’engageant à cinquante-neuf ans pour la durée de la guerre. A pris part à toutes les opérations du début de la campagne, faisant l’admiration du régiment par son endurance, son entrain et la beauté de son caractère. Le 20 août, à Sarrebourg, s’est précipité à l’assaut en tête de sa compagnie ; a eu la cuisse et le bassin fracassés par un éclat d’obus. Est mort au champ d’honneur.
    Roques.

     

  • 2 commentaires à “Le 1°classe Wladimir de Pelleport, soldat au 29ème régiment d’infanterie”

    • Marie-Hélène Renoux on 11 novembre 2013

      Je suis l’arrière petite-fille de Wladimir de la Fite de Pelleport, ma grand-mère était sa fille Anne -Marie.
      Je suis touchée que cette page lui soit consacrée et je me demande à qui elle est due.
      En tout cas, merci.

    • Jeanblanc on 31 mars 2016

      Madame,
      Je relève sur le Net votre intervention à propos de Wladimir de La Fite de Pelleport.
      Je m’intéresse moi aussi à cet héroïque ancien élèves des Arts et Métiers d’Angers (promo 1872) auquel j’ai consacré une petite étude dans le cadre du Bicentenaire de cet école (2015).
      J’aimerais vous la soumettre pour corrections, améliorations.
      Cordialement
      C.J

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