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  • 21 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 21 octobre 1798 – La révolte du Caire dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-revolte-du-caire-150x150

    La révolte du Caire

    D’après « Histoire de France pendant la République, le Consulat, l’Empire et la Restauration » – Jacques Marquet Norvins – 1839

     

    Depuis l’incendie de la flotte à Aboukir, Bonaparte avait dû renoncer aux vastes projets dont l’Égypte ne devait être probablement que le premier théâtre. Déchu par ce grand désastre du dessein d’une autre domination, il était de la prudence, si remarquable dans son caractère, de ne négliger aucun moyen de s’assurer la possession tranquille d’une colonie, dont la conquête présentait une gloire toute nouvelle en Europe, depuis la découverte des deux Indes.

    En conséquence, il s’occupa du recrutement de l’armée, qui fut réduite à admettre dans ses rangs les esclaves de l’âge de seize à vingt-quatre ans de toutes les races asiatiques et africaines établies en Égypte. Les enfants des mamelucks y furent compris, captifs du drapeau qui avait vu fuir leurs pères, otages politiques de la gloire qui venait de leur arracher l’empire.

    Trois mille marins, échappés au désastre d’Aboukir, furent également enrégimentés, et formèrent la légion nautique. Toutes les rues du Caire étaient fermées la nuit par des portes pour défendre les habitants des attaques des Arabes. Bonaparte fit abattre ces clôtures, parce qu’elles pouvaient devenir des remparts en cas de sédition. Cette mesure justifia sa prévoyance.

     

    Le 21 octobre, pendant que le général en chef était au vieux Caire, des rassemblements tumultueux et armés se forment dans la ville et surtout à la grande mosquée. Le général Dupuy, commandant de la place, qui, après la victoire des Pyramides était entré le premier au Caire, est tué le premier. Le jeune Salkousky, Polonais, aide-de-camp du général en chef est également massacré.

    Tous les pays fanatisés ont leurs vêpres sanglantes. Les Français de tout ordre, de toute condition, sont impitoyablement égorgés dans les rues du Caire et dans leurs maisons. Les mosquées, devenues les forteresses de la révolte, donnent partout, du haut de leurs minarets, le signal de la destruction des infidèles.

    Soulevée par les cheicks, par les imams, l’immense population du Caire a juré par Mahomet d’exterminer les Français. Elle s’élance avec audace aux portes de la ville dont elle veut fermer l’entrée à Bonaparte. En effet, le général en chef repoussé à la porte du Caire est obligé d’entrer par celle de Boulak.

    Jamais moment plus critique n’avait frappé la vie d’un conquérant. Les Anglais attaquaient les villes maritimes. Mourad-Bey tenait toujours la campagne dans la Haute-Egypte contre l’infatigable Desaix. Les généraux Menou et Dugua contenaient à peine l’Égypte inférieure. Tout le désert était en armes. Les Arabes s’étaient réunis aux fellahs et aux séditieux du Caire.

    Le Directoire, qui s’était engagé à ouvrir des négociations avec la Porte, au sujet de l’expédition, avait gardé le silence et manqué à la parole donnée au général Bonaparte, qui n’était parti que sur la foi de cette importante communication.

    Un manifeste du Grand-Seigneur répandu avec profusion dans toute l’Égypte par les Anglais, et les émissaires des beys dépossedés lui apprit tout son danger, ainsi que la criminelle insouciance du Directoire.

    C’en était fait non seulement de la possession de l’Égypte, mais de tous les Français, si Bonaparte ne s’était pas trouvé plus grand que ce danger, qui s’élevait comme un ouragan du sein de la sécurité la plus profonde. Il se souvient sans doute des pâques vénitiennes. Il entre au Caire avec ses braves, donne des ordres, repousse les Arabes dans le désert, dirige ses colonnes dans les rues, entoure la ville de son artillerie, poursuit les rebelles qui s’entassent dans la grande mosquée, leur offre le pardon : ils refusent et combattent.

    Mais la nature est aussi pour Bonaparte. Par un phénomène très rare en Egypte, le ciel se couvre de nuages et le tonnerre gronde. Les musulmans effrayés demandent grâce.

    « L’heure de la clémence est passée, répond Bonaparte, vous avez commencé, c’est à moi de finir ». Au signal qu’il donne, les batteries foudroyent la grande mosquée. La hache en brise les portes, et les rebelles sont abandonnés à la fureur des Français. Ils ont à venger leurs camarades lâchement assassinés. Chacun d’eux sait d’ailleurs qu’il n’y a plus de vaisseaux, et la vengeance est aussi à leurs yeux un châtiment politique.

     

    Cependant après cette terrible exécution, le général en chef fit rechercher les principaux instigateurs de la révolte. Quelques cheicks, plusieurs Turcs et Égyptiens furent jugés et exécutés, et afin de punir toute la ville, Bonaparte abolit le Divan, le remplaça par un gouvernement militaire, et imposa une contribution extraordinaire.

    Une proclamation, qui réfutait le firman du Grand-Seigneur, comme calomnieux, et supposé, fut affichée dans toutes les villes de l’Égypte.

     

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